Innovation produits

Béton autoplaçant encore un effort pour conquérir les chantiers

Mots clés : Béton - Produits et matériaux - Technique de construction

Très utilisés dans la préfabrication, les bétons autoplaçants (BAP) sont encore rares sur les chantiers, notamment en réalisation de paroi. Pourtant, pour peu qu’on sache les utiliser, ils apportent trois choses appréciables sur chantier : qualité du parement, rapidité d’exécution et amélioration des conditions de travail.

La maîtrise de la mise en œuvre des bétons autoplaçants (BAP) à l’horizontale comme à la verticale ne va pas de soi. Pour autant, une fois que les techniques de préparation et de coulage sont maîtrisées, les BAP permettent de répondre à des problématiques techniques tels que des coulages grande hauteur et/ou dans des coffrages complexes fortement ferraillés. Ils apportent aussi une meilleure qualité de parement (moins de bullage), notamment en faible épaisseur pour la réalisation de façades matricées. Mais ce sont également des produits qui, sur le plan de la rapidité d’exécution et de l’amélioration des conditions de travail, ont de nombreux atouts. Dans les deux cas, c’est la suppression de la phase de vibration de béton après coulage qui améliore les choses. Compte tenu de leurs caractéristiques, les BAP enrobent parfaitement les armatures. Il n’est donc pas nécessaire de les vibrer. Cette opération est même déconseillée car il y a un risque de perturber l’équilibre entre la fluidité et les caractéristiques rhéologiques qui limitent les phénomènes de ségrégation des bétons. Une étape qui disparaît, d’où gain de temps, économie de matériel et réduction de la pénibilité (bruit, troubles musculo-squelettiques, etc.).

Cela étant, il ne s’agit pas là d’un béton miracle et ce n’est pas parce qu’on les utilise que tous les problèmes sont résolus. En paroi, les contraintes sont identiques voire plus fortes, notamment pour l’organisation du phasage chantier et sur le soin à apporter à la préparation des coffrages. De fait, les gains de temps ne sont possibles que s’il y a mise en place d’une méthodologie propre à l’utilisation de ces bétons. Important pour la rentabilité car ils sont aussi plus chers à l’achat que les bétons classiques.

 

Propreté des coffrages

 

Ainsi, après vérification de la planéité de la dalle (flashes inférieurs à 10 mm), les coffrages sont mis en place comme pour un chantier habituel : traçage et installation des dispositifs d’étanchéité (abouts, mannequins, attente de ferraillage…).  Pour autant, ces dispositifs sont à mettre en oeuvre avec davantage de soins pour garantir la qualité du coulage et du résultat. La propreté des coffrages est aussi primordiale. Ceux-ci doivent être exempts de tout résidu de béton. Lors de la pose des mannequins, un soin particulier est à apporter au niveau des jonctions. Obligatoire, la bande de mousse permet de supprimer les petits défauts de finition. L’armature, les gaines de câbles, ainsi que tous les éléments à noyer dans le béton, doivent être convenablement fixés car ces bétons ont une plus grande poussée. La pulvérisation de l’agent de démoulage exige tout autant de minutie : application de façon uniforme sans excès. Après huilage, passage de la raclette voire du chiffon.

 

Puits de bétonnage

 

Pour le coulage, deux options sont possibles : traditionnels avec tube plongeur ou à la pompe. Des puits de bétonnage sont à prévoir pour assurer la descente jusqu’en fond de coffrage du tube plongeur. L’intervalle entre deux puits est de maxi 7 ml raisonnable 5 m, tout dépend de la géométrie et de la complexité de l’ouvrage. Si fortement ferraillé, installer le tube au moment du ferraillage. Couler en continu pour limiter le bullage. Après le coulage, le cycle normal de mise en œuvre des bétons reprend avec la phase de décoffrage. Néanmoins, encore une fois, un soin particulier doit être apporté au nettoyage des banches après utilisation. Et ce pour anticiper les utilisations ultérieures. Bien sur le choix de la catégorie du BAP à mettre en œuvre doit tenir compte du type d’élément à réaliser. La résistance notamment doit être spécifiée (valeur cible d’étalement, classe de consistance SF1, SF2 ou SF3). En plus du contrôle du bon de livraison, le test de l’étalement permet de vérifier les caractéristiques du béton.  

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