Immobilier

Bertrand Delanoë écrit aux propriétaires pour les inciter à louer

Le maire de Paris va adresser à 20.000 propriétaires de logements vacants parisiens une lettre pour les inciter à les remettre en location par le biais d’une société d’économie mixte municipale, dans une ville qui compte plus de 100.000 demandeurs de logement social.

Paris va ainsi devenir la première commune à utiliser les possibilités ouvertes par la loi Borloo de cohésion sociale (janvier 2005), a expliqué à l’AFP Jean-Yves Mano, adjoint (PS) du maire de Paris chargé du logement.
Cette loi (art 118) autorise l’exploitation de fichiers fiscaux pour aider à résorber la vacance de logements.

La Ville de Paris, a précisé M. Mano, s’est vu autoriser par la CNIL (Commission nationale Informatique et Libertés) l’utilisation du fichier des propriétaires assujettis à la taxe sur les logements vacants. Elle peut donc ainsi les contacter directement.
C’est ce que va faire le maire dans les tout prochains jours, par une lettre dans laquelle il exposera les avantages proposés par la SIEMP (Société immobilière d’économie mixte de la Ville de Paris) aux propriétaires qui hésitent à louer leurs biens.

Parmi ces avantages: une palette d’aides à la rénovation des habitations, et des garanties contre les mauvais payeurs ou les dégradations. La SIEMP s’engage aussi à trouver des locataires et à les reloger si le propriétaire veut reprendre son appartement.
La SIEMP – présidée par René Dutrey, président du groupe Verts au Conseil de Paris – avait lancé il y a trois ans ce programme de « mobilisation de logements vacants », mais avec un très relatif succès: depuis 2002, elle n’a réussi à convaincre que quelque 450 propriétaires.
Mais, souligne M. Mano, c’est qu’elle ne pouvait pas les contacter directement. Elle devait se contenter de passer des encarts publicitaires à leur intention dans des journaux. A charge pour les propriétaires intéressés de contacter la SIEMP.
« Nous inversons le processus », a souligné M. Mano. Pour lui, si cette démarche volontariste permet de convaincre de 4 à 500 propriétaires par an, ce sera un succès.
Les logements, a précisé dans un communiqué la SIEMP, « sont destinés à des demandeurs inscrits au fichier de la ville, qui relève d’une catégorie de revenus intermédiaires » (jeunes diplômés, couple d’employés, fonctionnaires de police…).

Focus

Repères


L’initiative s’inscrit dans un contexte de crise aiguë du logement dans la capitale où le fichier des demandeurs d’habitations sociales a dépassé le cap des 100.000 familles.
Ce dossier est l’un des plus brûlants au sein de la majorité du Conseil de Paris. Il a fait notamment l’objet d’affrontements à l’automne entre les socialistes et leurs alliés Verts.

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