Entreprises de BTP

Benoît de Ruffray, le nouveau patron d’Eiffage

Le conseil d’administration d’Eiffage du 9 décembre a décidé à l’unanimité de nommer Benoît de Ruffray président-directeur général du groupe. Directeur général de Solétanche-Freyssinet depuis mars dernier après avoir effectué la totalité de sa carrière chez Bouygues Construction, cet X-Ponts de 49 ans remplacera à partir du 18 janvier Pierre Berger,décédé brutalement fin octobre.

La rumeur enflait depuis plusieurs jours. Elle est confirmée. Un mois et demi après le décès brutal de son P-DG Pierre Berger, Eiffage a donc trouvé son remplaçant en la personne de Benoît de Ruffray, 49 ans, directeur général de Solétanche-Freyssinet (filiale de Vinci Construction) depuis mars dernier. C’est le conseil d’administration d’Eiffage, dans sa séance du 9 décembre, qui a pris « à l’unanimité » sur « proposition du comité des nominations et rémunérations » la décision, a indiqué Jean-François Roverato,  patron historique du groupe Eiffage et président par intérim depuis fin octobre, lors d’une conférence de presse organisée dans la foulée du conseil.

Le profil de Benoît de Ruffray, qui prendra ses fonctions de P-DG le 18 janvier prochain, correspond quasiment trait pour trait –sur le papier du moins- à celui de Pierre Berger : un X-Ponts quadragénaire issu du sérail, en provenance du groupe Vinci, et connaissant parfaitement les marchés du BTP à l’international.

 

Un professionnel de la construction avec du caractère

 

Le scénario qui avait prévalu en 2010, lors la succession de Jean-François Roverato se répète donc. A l’époque, celui-ci avait réussi à imposer Pierre Berger, qui avait pris l’avantage sur l’énarque Pierre Mongin et un autre X-Ponts, Olivier Barbaroux, alors P-DG de Dalkia. «En septembre 2010, j’avais écrit aux 70 000 collaborateurs du groupe pour leur dire que mon successeur devrait être quelqu’un du métier disposant de leadership, se souvient Jean-François Roverato. J’avais alors choisi Pierre Berger. Ces deux critères essentiels ont également guidé ma recherche depuis fin octobre, et mon choix s’est porté sur Benoît de Ruffray, un professionnel de la construction qui a du caractère ».

Pour le patron historique d’Eiffage, Benoit de Ruffray a également le bon âge. « Il faut avoir une génération de différence pour avoir le temps de modeler le groupe, estime-t-il. Nous autres groupes de BTP sommes des paquebots qui mettent du temps à virer de bord. A 49 ans, Benoît de Ruffray dispose d’une espérance de vie élevée, il aura le temps de marquer le groupe de son empreinte ».

 

Bouygues, Vinci puis… Eiffage

 

Recruté par Vinci en mars 2015 pour prendre la direction générale de Solétanche-Freyssinet, sa filiale leader mondial dans les métiers du sol, des structures et du nucléaire, Benoît de Ruffray n’y sera donc pas resté longtemps. Jusque-là, il avait passé la totalité de sa carrière dans plusieurs filiales de Bouygues Construction. Entré en 1990 chez Bouygues Travaux publics, il a exercé différentes fonctions et piloté d’importants projets, dont la réalisation du front de mer à Beyrouth, avant de prendre en 2001 la direction de la zone Amérique latine. De 2003 à 2007, il est directeur général de Dragages Hong Kong et supervise les activités de Bouygues Travaux Publics en Asie-Pacifique et de Bouygues Bâtiment International en Asie du Nord. Nommé directeur général adjoint de Bouygues Bâtiment International en 2007, il en est devenu directeur général délégué en 2008.

 

Une vaste connaissance des métiers de la construction

 

Comme il l’a expliqué lors de la conférence de presse du 9 décembre, Benoît de Ruffray aura jusqu’ici pu toucher à l’ensemble des métiers de la construction, des travaux publics au bâtiment en passant par le génie civil ou les PPP. Côté international,  le futur P-DG explique avoir travaillé « sur quatre continents », celui qu’il connaît le moins bien –l’Afrique- étant le continent de prédilection d’Eiffage.

S’il est encore trop tôt pour que le futur P-DG fasse part des orientations stratégiques qu’il souhaite donner à l’entreprise, il semble néanmoins vouloir se positionner pour l’instant dans la continuité de son prédécesseur. Benoît de Ruffray a ainsi salué le travail de Pierre Berger, « qui a préparé les défis à venir comme les synergies entre les différentes divisions du groupe, le développement à l’international, ou démontré le fait qu’Eiffage puisse être en mesure de réaliser des ouvrages de « haute-couture »».

 

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