Performance énergétique

Bâtiments d’enseignement : 50% d’économies d’énergie grâce au remplacement des systèmes de chauffage

Mots clés : Chauffage - froid - Efficacité énergétique

L’association Énergies et Avenir, qui regroupe les professionnels de la filière du chauffage à eau chaude, vient de publier une étude sur la rénovation énergétique des bâtiments d’enseignement. La modernisation des systèmes de chauffage permettrait à elle seule d’atteindre des gains énergétiques de plus de 50% sans avoir recours à la rénovation lourde.

 

Les établissements d’enseignement représentent en France 180 millions de m², soit 20% du parc tertiaire. Celui-ci, comptant plus de 910 millions de m² et à l’origine de 30% des émissions de gaz à effet de serre liées au bâtiment, constitue un important gisement d’économies d’énergie.

« Dans le contexte actuel de mise en œuvre de la transition énergétique, l’obligation de rénovation énergétique sera bientôt une réalité dans le secteur tertiaire » rappelle Hervé Thelinge, le président d’Énergies et Avenir. Ce nouveau guide, qui présente les solutions les plus performantes pour les bâtiments d’enseignement, a été réalisé avec Energies Demain, le BET Adret et le Crigen (Centre de recherche et d’innovation gaz et énergies nouvelles).

 

Gain de une à deux classes de performance

 

Quatre bâtiments types ont été étudiés, représentatifs de la diversité des typologies existantes dans l’enseignement primaire et secondaire. Les simulations réalisées démontrent qu’en termes d’efficacité énergétique, la rénovation du système de chauffage est le premier poste d’économies d’énergie. Elle permet à elle seule de réduire la consommation de 20 à 60%, et ce quelle que soit l’énergie de chauffage utilisée.

Des gains énergétiques qui se retrouvent immédiatement sur la facture et permettent aussi d’améliorer la classe de performance du bâtiment. Ainsi, après modernisation de l’installation de chauffage utilisant le gaz, le fioul ou un réseau de chaleur, le bâtiment passe d’une classe de performance D (environ 250 kWhep/m² SU) à une classe C (environ 170 kWhep/m² SU). Quant au bâtiment utilisant l’électricité, il passe d’une classe E (plus de 400 kWhep/m² SU) à une classe C (autour de 190 kWhep/m² SU).

 

180 kWhep/m², le meilleur compromis

 

D’après Energies et Avenir, ce seul remplacement du système de chauffage, qui fait passer un bâtiment d’une classe de performance D ou E à une consommation de l’ordre de 180 kWhep/m², représente le meilleur compromis entre coûts d’investissement (30 € HT/m²) et gains d’efficacité énergétique (35 %). Aller au-delà, notamment jusqu’au niveau BBC, avec la rénovation de l’isolation thermique de l’enveloppe, des systèmes de ventilation, d’éclairage et des ouvrants, incluant pilotage et régulation, exige de mobiliser six fois plus d’investissement (225 € HT/m²) pour un gain énergétique supplémentaire proportionnellement peu important (30%).

Cela s’explique notamment par le poids de la consommation d’électricité spécifique qui représente un poste important et difficilement compressible. Même en atteignant le niveau BBC, la consommation d’énergie tous usages confondus s’établit à un peu plus de 150 kWhep/m² SU, dont plus de la moitié concerne la consommation d’électricité spécifique. Il est donc impossible d’atteindre les classes de performance A ou B.

 

Gérer l’inoccupation des bâtiments d’enseignement

 

Concernant la rénovation énergétique des bâtiments d’enseignement, une forte contrainte pèse sur la durée des travaux qui doivent se tenir durant les vacances scolaires. Il est pertinent de privilégier un phasage des travaux, qui réduisent le coût des investissements initiaux tout en générant des économies financières et énergétiques dès les premières étapes, et permettent d’engager d’autres travaux.

Pour François Lacour, chef du service Energie du conseil régional d’Ile-de-France en charge de 472 lycées, soit 6 millions de m² Shon, la spécificité des bâtiments d’enseignement est leur occupation intermittente. Sur 5000 heures de saison de chauffe, un lycée n’est occupé que 2000 heures. « Cette inoccupation est très mal gérée. C’est sur la gestion des équipements qu’il faut mettre la priorité afin de respecter les consignes de base : une température de 19°C maximum en chauffage et la mise en route du rafraîchissement au-delà de 26°C. Et réduire la température de chauffage à 16 °C pendant les périodes d’inoccupation inférieures à 48 heures et à 8 °C au-delà de 48 heures. » Par ailleurs, pour ce gestionnaire, le changement de chaudière sans changement du réseau secondaire ne permet pas un rendement optimisé.

Le guide « La rénovation énergétique des bâtiments d’enseignement » est disponible, tout comme l’étude consacrée à la rénovation énergétique des bâtiments de bureaux (2013), sur le site www.energies-avenir.fr

 

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