Paysage

Bâtiment végétalisé : le lobby change de tête et maintient le cap

Mots clés : Aménagement paysager - Établissements de culte, funéraire - Stationnement - Toiture

Pierre Georgel a pris la présidence de l’association française des toitures et façades végétales (Adivet), le 31 mars à l’issue de l’Assemblée générale réunie au Centre scientifique et technique du bâtiment. Directeur de l’agence de conception paysagère Comptoir des projets et P-DG de l’entreprise de construction de toitures et parkings végétalisés Ecovégétal, il succède à Raphaël Lamé, gérant de Le Prieuré, détenteur de solutions industrielles brevetées dans cette spécialité.

Des rapporteurs du plan Bâtiment durable à la direction des espaces verts et de l’environnement de Paris en passant par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), le plateau réuni le 31 mars par l’association  française des toitures et façades végétales (Adivet) résume son message : « Nous sommes le trait d’union entre le bâtiment et les espaces verts », proclame son nouveau président Pierre Georgel, membre fondateur de de l’association créée en 2002. Le thème de la rencontre, « Enjeux de la biodiversité urbaine et rôle du bâtiment », a facilement donné le beau rôle à Paris : « Jamais, à sa création, l’Adivet n’avait imaginé que la capitale deviendrait le fer de lance de sa cause. Merci Paris », s’est écrié Pierre Georgel. Le public conquis d’avance ne pouvait que boire les paroles de Carine Bernede, directrice des espaces verts et de l’environnement, pimentées par l’actualité immédiate : le 14 avril, l’appel à projets des Parisculteurs proposera 40 sites à des pionniers de l’agriculture urbaine parisienne que le jury municipal sélectionnera à l’automne.

 

Dupliquer Paris

 

La démonstration d’amitié entre l’association et la capitale prolonge 18 mois de partenariat étroit : « Paris a sollicité notre assistance pour sensibiliser les différents services concernés par son plan de 100 hectares à végétaliser dans la mandature. Nous avons beaucoup appris les uns des autres », explique Raphaël Lamé, président sortant et nouveau vice-président de l’Adivet. La duplication du modèle parisien constitue désormais l’enjeu des prochaines années, avec quelques questions clé, posées au cours de la table ronde : quel équilibre entre obligation réglementaire et incitation ? L’argumentation sur le coût global et les externalités positives suffira-t-elle pour franchir un nouveau cap sur un marché national qui stagne depuis quelques années au seuil d’1 million de m2 par an, au lieu de 15 000 au début des années 2000 ?

 

Encouragement législatif

 

Malgré l’annulation, par les sénateurs, de l’amendement Abeille qui contraignait les promoteurs de locaux commerciaux à végétaliser leur toiture, l’Adivet se réjouit de la dernière mouture du projet de loi biodiversité : « Le texte mentionne et encourage la végétalisation du bâtiment. Le sujet avance aussi grâce à l’évolution du CSTB », note Raphaël Lamé. L’institution scientifique et technique ne le dément pas : « La végétalisation du bâtiment a inspiré de nombreuses demandes d’appréciations techniques d’expérimentation au cours des deux dernières années, notamment autour du thème de la gestion des eaux pluviales », confirme le spécialiste de l’enveloppe du bâtiment Ismaël Barraud, qui représente désormais le CSTB au conseil d’administration de l’Adivet. Mais l’ingénieur reconnaît que l’expertise de l’institution ne lui permet pas encore d’évaluer la qualité d’un bâtiment sous l’angle de la biodiversité.

 

Changement de regard

 

Les travaux pilotés par le plan Bâtiment durable sur la Réglementation des bâtiments responsables (RBR) offrent une autre source d’encouragement : cette nouvelle dénomination de la réglementation thermique 2020 signale la fin d’une approche exclusivement focalisée sur l’énergie et les gaz à effet de serre. Avec des expressions comme « biodiversité grise » ou « empreinte biodiversité », les rapporteurs du groupe de travail Biodiversité et bâtiment du plan bâtiment durable reprennent et élargissent au monde du vivant le vocabulaire des premiers âges de la haute qualité environnementale, espérant eux aussi le franchissement d’un nouveau cap : « Il s’agit de provoquer un changement de regard comparable à ce qui s’est produit pour la performance énergétique du bâtiment », confirme le co-rapporteur Yves Dieulesaint, directeur Responsabilité sociétale et environnementale chez Gecina.

 

Deux règles professionnelles

 

D’ici à la fin de cette année, la consolidation du pont entre bâtiment et espaces verts mobilisera l’énergie de l’Adivet à travers les nouvelles règles professionnelles consacrées aux toitures et aux bardages. « Pour les toitures, nous en sommes aux dernières relectures », témoigne, soulagé, le président sortant, après les difficiles débats qui ont mis en scène l’Union nationale des entreprises de paysage (Unep) et la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE). Pour l’Adivet aussi, l’union est un combat.

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