Economie

Bâtiment : la croissance dépasse les pronostics

La reprise se confirme dans le secteur du bâtiment où l’activité a progressé de 4% au début de l’année, même sur le segment des travaux d’amélioration-entretien, longtemps resté à la traîne.

Les professionnels du BTP français ont déjoué tous les pronostics. Alors que la Fédération française du bâtiment tablait fin 2016 sur « une croissance de l’activité de 3,4% en volume sur l’ensemble de 2017 », le premier trimestre seul a enregistré une progression de 4% comparé à la même période de 2016, selon des estimations provisoires. Ainsi, « le dynamisme de nombre de nos segments de marchés se confirme », a indiqué le président de la FFB Jacques Chanut lors d’un point conjoncture.

Une nouvelle fois, le logement neuf « porte l’essentiel de la croissance », (+12,8% en volume). Les mises en chantier et les permis de construire sont en hausse et les ventes des promoteurs et des constructeurs de maisons individuelles « s’avèrent toujours bien orientées, même si l’on note un tassement de tendance récent », a commenté Jacques Chanut. En effet, les ventes ont observé une hausse de 14% en 2015, de 19% en 2016, puis de 12% en glissement annuel sur quatre mois à fin avril 2017. Dans le collectif, elles progressent de plus de 8% sur le premier trimestre 2017.

La construction neuve en non résidentiel est quasi stable (+0,4% sur un an), mais elle devrait retrouver de la vigueur, les quatre premiers mois de 2017 ayant vu une hausse des surfaces autorisées et commencées (+2,4% et +3,3%), annonciatrice d’activité dans les prochains mois. Seul le segment des locaux commerciaux, « à rebours des tendances précédentes, décroche depuis la mi-2016 », observe la FFB.

 

 

Climat de confiance chez les chefs d’entreprise

 

Autre point positif, les travaux en amélioration-entretien enregistrent une hausse de 1% en glissement annuel sur le premier trimestre 2017. D’après une enquête de l’Insee, les chefs d’entreprise de plus de 10 salariés affichent une meilleure confiance pour le deuxième trimestre 2017. Le solde d’opinion est pour la première fois positif depuis 2012. « Ces évolutions retracent enfin l’inflexion des dépenses d’aménagement du logement prévues par les ménages », note la FFB.

 

 

Conséquence : la FFB, qui tablait sur des embauches en hausse de 10.000 postes, y compris intérim, constate, au vu des données du ministère du Travail, que « le premier trimestre 2017 se solde sur une vive progression de 16.300 emplois par rapport à la même période il y a un an ». Il s’agit principalement de postes d’intérim (14.400) en équivalent-emplois à temps plein, mais aussi de 1.900 postes permanents, souligne-t-elle. Cette vague d’emploi reste toutefois limitée au regard des 180.000 postes détruits depuis 2008, tempère la FFB.

La situation des entreprises tend également à s’améliorer : les trésoreries sortent du rouge et les défaillances chutent rapidement dans le bâtiment, à -16,8% en glissement annuel sur les trois premiers mois de 2017.

 

 

Taux d’intérêt bas

 

Cette reprise, plus forte que prévu, peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Tout d’abord, un contexte économique favorable. Selon les chiffres de l’Insee, la France afficherait une croissance de 1,5% en 2017. L’institut prévoit même une progression de 1,6% pour l’année, précisant que l’activité « accélérerait franchement en 2017 ». Le secteur de la construction y contribuerait à hauteur de 0,1 point de pourcentage en 2017. Plus globalement, la croissance mondiale s’élève à 3,5%.

Pour maintenir la tête hors de l’eau, la filière du BTP peut également compter sur des taux d’intérêt particulièrement bas (1,5%) qui, selon la FFB, devraient rester à un faible niveau d’ici la fin 2017 et au-delà. A cela s’ajoute un cadre institutionnel positif qui profite à l’ensemble de l’écosystème : le PTZ et le dispositif « Pinel » dans le neuf, la TVA à taux réduit, le CITE, le programme « Habiter mieux », l’éco-PLS en matière d’amélioration-entretien.

 

Net recul des prêts accordés

 

Cependant, la hausse des prix immobilier pèse sur la solvabilité des acteurs. Dans le même temps, le volume des prêts accordés aux ménages a enregistré un net ralentissement : la production de crédits pour le neuf a progressé de 35% en 2015, puis de 9% en 2016. « Il importe avant tout de préserver l’environnement institutionnel actuel », prévient Jacques Chanut. « Le souvenir des coupes claires de la fin 2012 et de l’effondrement du marché de logement qui s’en est suivi devrait constituer un repoussoir suffisant ». Par ailleurs, la FFB considère qu’il faut aller plus loin dans la simplification des procédures de permis de construire afin de réduire les coûts de construction. Enfin, estime la FFB, « il est indispensable de redonner un nouvel élan à la transition énergétique » dont le bilan « s’avère décevant au regard des objectifs assignés par le Plan de rénovation énergétique de l’habitat de 2013 » (rénover énergétiquement 380 000 logements du parc privé et 120 000 logements du parc social par an).

 

 

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