Bâtiment

Bâtiment et urbanisme : de l’intérêt des plantes

Mots clés :

Bois

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Démarche environnementale

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Eau

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Stationnement

Végétaliser les toits et parkings, créer des sous-bois, épurer des eaux usées ou dépolluer, les plantes n’ont pas qu’un rôle esthétique dans la ville. Bien utilisées, elles sont une bonne technique pour améliorer les conditions de vie, aider à la baisse des consommations d’énergie et développer la biodiversité.

L’étude d’Environnement Canada (ministère de l’Environnement canadien) sur la ville de Toronto réalisée en 2004 – elle commence à dater mais est toujours d’actualité – a montré qu’une végétalisation de 6,5 km2 de toitures de cette ville permettrait d’abaisser la température ambiante de 1 à 2 °C dans les périodes les plus chaudes. Voilà un exemple de ce que les plantes peuvent apporter à un milieu urbain de plus en plus dense.

En ville, l’absence de végétation, la chaleur accumulée dans les masses thermiques comme le bitume et les bâtiments, ainsi que celle dégagée par les véhicules ou les climatiseurs contribuent à créer des îlots de chaleur. Ces derniers sont en général de 5 à 9 % plus chauds que les espaces ouverts ruraux. Soit, selon les villes, des températures de 4 à 10 °C plus élevées qu’à la campagne environnante. La même étude a révélé que ces six petits kilomètres carrés permettraient d’éliminer chaque année 2,18 tonnes de gaz à effet de serre et trente tonnes de polluants.

 

Biodiversité

 

Mais la contribution à l’environnement d’une toiture végétalisée ne s’arrête pas là. Elle participe également au confort des occupants, tout en abaissant les consommations énergétiques : augmentation du niveau d’isolation thermique en hiver et abaissement des besoins de climatisation en été. Elle renforce aussi l’acoustique et facilite la gestion des eaux de pluie par rétention et évaporation, sans parler de leur contribution à la biodiversité.

Sur ce point, les études sont peu nombreuses. Certaines font ressortir un potentiel intéressant, notamment pour créer un habitat pionnier permettant le développement de certaines espèces. On sait également que la qualité des apports en biodiversité est fonction de la diversification des espèces végétales plantées, de l’augmentation de l’épaisseur du substrat et de la nature de celui-ci.

Les créations de type sous-bois sont aussi très efficaces pour, en été, rafraîchir l’atmosphère. Grâce à leur ombrage, les arbres diminuent la température de l’air, mais en plus, avec l’aide du soleil, les tiges et stomates (pores) des feuilles rafraîchissent l’air en évaporant une partie de l’eau des pluies, favorisant ainsi la rosée du matin et les brouillards. Ils ont également la capacité de purifier l’air en captant les poussières et les produits chimiques, tout en créant une ombre partielle sur les bâtiments – ombre qui sera plus naturelle et agréable que celle générée par les protections solaires.

 

Filtres plantés

 

Autre domaine où les végétaux contribuent à une amélioration de l’environnement : l’assainissement. Cette filière d’épuration s’appuie sur le pouvoir épurateur des végétaux aquatiques : algues, hydrophytes (plantes d’eau libre) et hélophytes (plantes du bord des eaux) dont la plus connue est le roseau. Les eaux usées séjournent simplement dans une série de bassins à ciel ouvert et peuplés de ces végétaux. La spécificité de ces systèmes provient de la plante elle-même.

Celle-ci développe un réseau racinaire (rhizomes) important qui va offrir une surface de colonisation de choix pour les bactéries, tout en favorisant l’oxygénation de la matière organique et son oxydation en profondeur dans le massif filtrant (diffusion de l’ordre de 10g/m2/J). Qui plus est, ce même réseau assure une meilleure répartition des eaux usées dans ledit massif, tandis qu’il constitue une zone tampon entre les conditions climatiques externes et les conditions physiques du milieu épuratoire dans le filtre, via la partie aérienne des roseaux.

L’épuration de l’eau par les plantes n’est pas seulement l’apanage des systèmes d’assainissement. La filtration des piscines, privées ou publiques, peut également être réalisée par un système de bassins filtrants à l’aide de plantes.

 

Végétaux dépolluants

 

Dans le même esprit, il est possible d’utiliser les capacités des végétaux à dégrader ou éliminer les polluants. Ces techniques sont complémentaires aux procédés employés pour la dépollution des sols. La phytoremédiation – du grec phyto, plante, et du latin remedium, remise en état – est un axe de recherche important, mené entre autres par l’Inra. Il consiste à dépolluer des sols contaminés in situ par des plantes capables de contenir, dégrader voire éliminer des produits chimiques toxiques ou des polluants du sol et de l´eau.

Les capacités dépolluantes des plantes sont aussi testées à l’intérieur, notamment par rapport aux formaldéhydes, benzène et monoxyde de carbone. Les dernières conclusions du programme de recherche Phyt’air en 2012, mené sous l’égide du CSTB, ont montré en laboratoire la capacité de certaines plantes à absorber des polluants gazeux mais cette efficacité en conditions réelles d’exposition n’est pas jugée suffisante.  

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