Entreprises de BTP

Bâtiment : en 2017, plus belle sera la reprise

La reprise d’activité dans le bâtiment est enfin là, en 2016, et elle est encore meilleure que prévu (+1,9%), d’après les derniers chiffres communiqués par la Fédération française du bâtiment. En 2017, l’organisation envisage une croissance de l’activité de 3,4%. Seul bémol : le secteur espère que le prochain gouvernement ne touchera pas aux dispositifs fiscaux qui dynamisent l’activité.

« Enfin, en 2016, la reprise de l’activité dans le bâtiment est avérée. » Les premiers mots de Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), ont donné le « la », lors du point de conjoncture que tenait l’organisation ce mercredi 14 décembre. En effet, la croissance du marché cette année devrait ressortir à +1,9%, soit un point de plus que la prévision initiale de la FFB. En 2017, l’amélioration devrait se renforcer nettement, avec +3,4%.

Plusieurs facteurs ont joué pour faire de l’année 2016 celle de la fin de la crise dans le bâtiment, débutée en 2008. Tout d’abord, l’amélioration du contexte économique, la baisse des taux et un « contexte institutionnel très favorable pour le logement (commande HLM, PTZ et dispositif ‘Pinel’) », liste la FFB. Pourquoi une reprise plus forte que prévu cette année ? Pour Jacques Chanut, deux raisons à cela. « Nous avons bénéficié de la croissance du logement neuf (+7,4%) et de la bonne surprise de l’arrêt de l’effondrement du non-résidentiel neuf à -1,7% alors que nous craignions un chiffre de -5,3%. » Sur dix mois glissants, à octobre 2016, la hausse des mises en chantier de logement est de 11,1% et du non-résidentiel de 4,6%.

 

En 2017, objectif 410 000

 

Cette dynamique donne une idée des prévisions de la FFB pour 2017. L’organisation table ainsi sur près de 410 000 mises en chantier de logements l’an prochain, soit 30 000 de plus qu’en 2016. « Nous serions ainsi proches du niveau de 2010 », note Jacques Chanut. En volume, les prévisions sont de +7% dans le neuf (+8,6% dans le résidentiel et +4% dans le non résidentiel) et +0,9% dans l’amélioration-entretien, marché toujours atone. « Ce qui nous donne +3,4% d’activité en 2017, soit un niveau de 133 milliards d’euros, ce qui correspond aux années 2013-2014. Nous sommes peut-être à l’amorce d’une nouvelle phase haussière du cycle des affaires dans le bâtiment. »

Sur le front de l’emploi, alors que la courbe a été étale en 2016, le secteur devrait réembaucher l’an prochain : + 10 000 emplois, dont 4000 à temps partiels. « Pourquoi ce décalage entre la reprise économique et l’emploi ? Entre 2007 et 2015 nous avons perdu presque 21% d’activité, explique Jacques Chanut. En parallèle, l’emploi a fondu de « seulement » 11,3%. Nous sommes un secteur de main-d’oeuvre, nos entreprises ont donc tenu leurs effectifs, tout au long de la crise, autant que faire se peut. Aujourd’hui, elles sont donc encore en situation de sureffectif. » L’emploi ne reviendra que lorsque les carnets de commandes se rempliront assez.

 

Le niveau de prix, toujours trop bas

 

Il reste malgré tout des ombres au tableau. La première, le niveau des prix, toujours extrêmement bas. Les maîtres d’ouvrage, habitués depuis des années à ces conditions de marché, rechignent à payer davantage. Une situation qui ne pourra s’améliorer qu’avec le temps, si la reprise persiste et que les carnets de commandes se remplissent. « En ce moment, ce sont surtout les majors qui raflent les marchés », confie par ailleurs un entrepreneur du secteur. La plupart des PME devront donc attendre encore un peu avant de pouvoir sentir le goût de la reprise.

Autre inquiétude qui représente, pour la FFB, un « danger immédiat » pour l’activité : l’éventuelle suppression de l’exonération systématique de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour les bailleurs sociaux dans les villes où plus de 25% du parc est social. Un amendement allant dans ce sens a été voté par l’Assemblée nationale, dans le cadre du PLF. L’Union sociale pour l’habitat parle en effet d’une « menace directe sur la construction de 50 000 logements sociaux ou en accession à la propriété par an ».

A plus long terme, la FFB espère également réussir à convaincre le prochain gouvernement de maintenir en l’état, en 2018, les outils de défiscalisation en faveur du secteur, notamment le dispositif Pinel et le PTZ. « Leur suppression entraînerait la perte de 100 000 emplois dans le bâtiment », affirme tout net Jacques Chanut. Après avoir invité, dans ses locaux, chaque candidat de la primaire de la droite et du centre à venir présenter son programme en matière de logement, la FFB fera de même avec les principaux prétendants à la primaire de gauche. L’organisation ne se privera pas de leur faire passer ce message.

 

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