Commande publique

Baromètre de la commande publique : la reprise se confirme, sauf pour les travaux neufs

Les résultats du troisième trimestre 2017 du baromètre de la commande publique sont positifs. La reprise amorcée au premier semestre semble ainsi se confirmer. Les marchés de services et le « bloc local » sont à l’origine de l’embellie, à l’inverse des travaux neufs et des marchés des bailleurs sociaux toujours en chute.

Même fragile, la reprise est bien là. Le baromètre de la commande publique mis en place par l’Assemblée des communautés de France (ADCF) et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) vient en effet de livrer son verdict pour le troisième trimestre de 2017. Résultat : une progression de 3,9 % du volume d’achats publics, contre une chute de 5,7 % à la même période en 2016.

Tous acteurs confondus (collectivités, Etat, opérateurs publics, bailleurs sociaux, hôpitaux, entreprises publiques locales), cela représente un volume de 57,2 milliards d’euros sur les trois premiers trimestres de 2017. C’est plus que l’année 2016 pour la même période (55 milliards d’euros), mais cela reste encore très loin des 72,7 milliards d’euros de l’année 2012.

« Ces chiffres confirment l’amorce d’une reprise observée dès le second trimestre 2017. Mais elle intervient après quatre années successives de baisse. Entre 2012 et 2016, sur des années pleines, le volume d’achats publics a en effet chuté de 24 milliards d’euros », précise le communiqué de presse.

 

 

Les marchés de services pansent les plaies des travaux

 

Si reprise il y a, c’est en grande partie dû au secteur de l’ingénierie et des services, qui représentent près de la moitié de la commande publique. Ils connaissent en 2017 une forte progression et dépassent même le volume de 2012.

A l’inverse, les marchés de travaux neufs et les travaux d’entretien ou de renouvellement (40% de la commande publique) connaissent des dynamiques différentes, dans un contexte de forte baisse depuis 2012. Les marchés de travaux neufs continuent de chuter, passant de 15,7 à 8,2 milliards d’euros entre 2012 et 2017 (sur les trois premiers trimestres annuels), avec une chute brutale en 2014. Et, dans le même temps, les marchés de renouvellement se sont quant à eux stabilisés, après la chute de 2014, avant de connaître une progression depuis le début d’année. « Il faut y voir un signe de reprise », souligne le rapport, qui note que ces travaux de renouvellement pèsent pour un quart de la commande publique totale.

Cette progression (des marchés de renouvellement) marque la volonté des donneurs d’ordre, notamment ceux des collectivités, de privilégier les travaux d’entretien et de renouvellement sur les travaux neufs. Cela s’explique surtout par les contraintes budgétaires et les évolutions législatives qui les ont bousculés au cours des trois dernières années. Les dépenses d’investissements sont, pour ces raisons, faibles.

 

Le « bloc local » en chef de file

 

La commande publique qui va mieux, c’est aussi grâce aux bons résultats du « bloc local ». Il faut dire qu’il représente 54% de l’ensemble des achats. Et, avec une progression de 3,3% de ses achats sur un an, il reprend des couleurs. Mais pas d’emballement. Ces bons résultats doivent être relativisés, car ils font suite à un seuil historiquement bas, et sont par ailleurs en deçà des tendances observées en général dans l’année n+3 du « cycle électoral ». Néanmoins, la commande publique, au titre de l’année 2017, devrait être supérieure à celle de 2015 pour le « bloc local ».

Au niveau étatique (central comme déconcentré), qui représente 18% de la commande publique, le rapport observe une belle progression au troisième trimestre, tout comme pour le secteur de la santé.

Inquiétude pour les bailleurs sociaux

 

L’effet reprise ne se fait pas sentir pour les bailleurs sociaux. Depuis 2014, la commande publique de ce secteur affiche une baisse constante, passant de 10 milliards d’euros en 2012, à 8,2 milliards d’euros en 2014, pour finir à 7,5 milliards en 2017.

Dans cette chute, les marchés de travaux et de renouvellement sont les plus affectés. Et l’horizon ne semble pas s’éclaircir avec les dernières volontés du gouvernement, affichées au travers l’article 52 du projet de loi de finances pour 2018, et la baisse du montant des APL et des loyers HLM pratiqués par les bailleurs sociaux.

 

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