Energie

Barack Obama lance la transition énergétique à l’américaine

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE

Le Président des Etats-Unis a lancé lundi 3 août son « Plan américain pour une énergie propre » (America’s Clean Power Plan) qui rassemble une série de règles et de réglementations qui imposeront pour la première fois aux centrales électriques de réduire de 32 % d’ici 2030 leurs émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2005 (contre 30 % dans son projet initial).

Barack Obama a décrit lundi 3 août les restrictions imposées dans son « Plan américain pour une énergie propre » (America’s Clean Power Plan) comme « l’étape la plus importance que l’Amérique ait prise dans la lutte » contre le changement climatique.

Ces nouvelles règles – qui imposent aux centrales électriques de réduire de 32 % d’ici 2030 leurs émissions de CO2 par rapport aux niveaux de 2005 – doivent également porter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique à 28 % d’ici 2030 (contre 13 % en 2014) et baisser à 27 % celle du charbon (contre 39 % en 2014). Le gaz naturel et le nucléaire devraient garder le même niveau (autour de 30 % et 20 % respectivement).

Si le plan fixe des objectifs différenciés par État pour l’intensité carbone dans la production électrique, il les laisse libres de décider des moyens pour les atteindre. Ils devront en tout cas soumettre leurs plans d’ici 2018, et s’y conformer d’ici 2022. Le plan encourage aussi la mise en place de systèmes d’échanges de quotas d’émissions (ETS) entre les États.

L’Union européenne a, elle, salué ce plan et ses « efforts sincères » pour réduire les émissions de carbone.

 

COP 21

 

L’administration Obama « continue d’imposer des réglementations coûteuses et non nécessaires », n’a pas tardé à régir le sénateur républicain Lamar Smith, promettant qu’avec ce plan, « des centrales électriques à travers le pays vont fermer, les prix de l’électricité vont monter et des milliers d’Américains vont perdre leur travail ». Un lobby pro-charbon, l’American coalition for clean coal electricity, a indiqué de son côté qu’il pourrait poursuivre l’administration Obama en justice, car elle mène « un plan illégal pour faire grimper les prix de l’électricité ».

Or, « même si le charbon a toujours une place importante dans le mix électrique, a expliqué à Enerpresse Thomas Spencer, la lutte contre le réchauffement climatique est un sujet populaire aux États-Unis, même si ça ne se traduit pas dans le rapport de force au Congrès. » Avec l’essor du gaz de schiste et la compétitivité de nombreuses énergies renouvelables, « l’économie n’a jamais été aussi favorable à la lutte contre le changement climatique », ajoute le directeur de programme Climat à l’IDDRI.

Depuis le début du second mandat de Barack Obama, les États-Unis « veulent jouer un rôle proactif sur le climat » et, par ricochet, à la COP21, en décembre à Paris, explique le chercheur. Et d’ajouter qu’après avoir présenté une « contribution nationale » pour la COP21 « la plus ambitieuse possible » sans recours à une nouvelle législation, rendue impossible à cause du rapport de force favorable aux républicains au Congrès, il s’agit, avec ce nouveau plan, « de promouvoir une transition dans le mix électrique américain ».

 

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