Vie de l'entreprise

Baisser les charges pour réduire le coût du travail

Pour réduire le coût du travail et compenser celui de l’harmonisation des Smic, François Fillon mise sur une baisse des charges des entreprises et une clarification des mécanismes d’exonération, dans le but de « relancer la croissance et l’emploi ».
Le sujet, une des promeses de campagne de Jacques Chirac, sera au coeur des discussions que le ministre des Affaires sociales doit entamer mardi avec les partenaires sociaux sur son projet de loi sur l’assouplissement des 35H, l’harmonisation du Smic et la baisse des cotisations patronales. Ce projet prévoit une refonte du système d’allègements de charges, qui comporte actuellement 34 dispositifs différents, principalement sur les bas salaires, les 35 heures (lois Aubry), ainsi que des aides géographiques, sectorielles ou catégorielles.

« Il s’agit de simplifier les règles, en concentrant les baisses de charges sur les tranches de salaire où elles seront le plus efficace pour l’emploi, c’est-à-dire, selon moi, entre 1 et 1,7 fois le Smic », a déclaré M. Fillon, contre 1,3 et 1,8 Smic pour les « ristournes Juppé » et Aubry. D’autre part, « à terme, ces allègements ne devraient plus être liés aux 35H », a-t-il indiqué. L’aide structurelle à l’emploi, qui porte sur 636 euros par mois et par salarié passé aux 35H, quel que soit le niveau de salaire, « a vocation à disparaître », selon le ministre. En revanche, les baisses « doivent permettre de compenser l’harmonisation des Smic. Et même un peu plus, puisque l’objectif est de réduire le coût du travail », a-t-il précisé. Pour M. Fillon, l’harmonisation des Smic doit se faire sans augmenter le prix à payer pour les entreprises.

Dans son esprit, enfin, ces baisses de charges doivent permettre une relance salariale après les années de modération liée aux 35H. « Nous allons demander au patronat de prendre des engagements sur la réouverture des négociations salariales dans les branches », a-t-il ainsi expliqué. L’ensemble de ces allègements représente 15,6 milliards d’euros par an actuellement, et M. Fillon souhaite en augmenter le montant « dès le budget 2003 ». Il pourrait atteindre 19 milliards d’euros d’ici trois ans.

Côté patronat, on se garde de parler de « cadeau ». Evoquant le coût « tellement important » de l’harmonisation des Smic, le président de la Confédération générale des PME (CGPME), Jacques Roubaud, a estimé que cette baisse devait être « effective et bien lisible pour les chefs d’entreprise ». Les syndicats sont plus attentistes et insistent en premier lieu sur les salaires. Le secrétaire général de Force Ouvrière, Marc Blondel, a ainsi estimé que la volonté de « décrispation salariale » du ministre ne sera pas « suffisante » pour éviter les revendications à la rentrée. Seule la CGT s’est élevée contre des allègements sans contrepartie, jugeant que « le ministre du Travail cherche à satisfaire les employeurs sans que ceux-ci s’engagent sur quoi que ce soit ».

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