Logement

Baisse du coût de la construction: dans le Nord, y’a Puca

Mots clés : Coûts et prix

A l’initiative de Norpac et de Ginnov, plusieurs bailleurs sociaux du Nord se sont retrouvés avec les représentants du Puca (Plan urbanisme, construction, architecture) sur un chantier à Armentières pour faire le bilan de huit ans de démarche CQFD (coût, qualité, fiabilité, délais) et se projeter sur les bonnes pratiques en matière de BIM.

Les maîtres d’ouvrage nordistes ont la réputation d’aller de l’avant, de ne pas avoir peur d’essayer, d’expérimenter. Le Puca a donc souhaité les rencontrer alors que le programme CQFD disparaît pour faire place à un nouvel appel à propositions autour du BIM. Le chantier de 83 logements (Tank Architectes) que conduit actuellement Norpac à Armentières pour le compte de Partenord Habitat était le cadre tout indiqué pour cet échange. Celui-ci fait en effet partie des toutes dernières opérations labellisées CQFD, une procédure que Norpac a expérimenté une cinquantaine de fois depuis 2005, sur la réalisation de 800 logements en moyenne par an.

«Dans un territoire où la demande de logements sociaux est forte, où il faut construire vite tout en tenant les coûts, la procédure CQFD était particulièrement adaptée, explique Fabien Quennisset, directeur commercial habitat chez Norpac. Depuis, nous avons prêché la bonne parole dans l’ensemble du groupe…» Elaborée en partenariat avec le groupement interindustries Ginnov, la méthodologie Batinovpa, est aujourd’hui un process reconnu. Celle-ci repose sur une co-activité limitée, un séquençage précis de l’ordonnancement des tâches, le recours à des produits finis ou semi-finis et un niveau élevé permanent de propreté et de sécurité grâce notamment à l’approvisionnement par l’extérieur du chantier.

Chacun s’accorde sur l’évolution positive du jeu des acteurs, plus dans leurs rôles et leurs compétences respectifs. L’architecte Lyderic Veauvy a apprécié travailler sur le projet d’Armentières en mode CQFD, «un process en bonne résonance avec nos préoccupations, qui laisse le temps de la conception, quand la procédure de conception-réalisation a parfois trop tendance à réduire le logement à un produit.» Chez Partenord Habitat, on se félicite également de la souplesse de la machine. «Lorsque nous avons découvert le niveau d’exigence du projet, nous nous sommes demandés comment nous allions pouvoir le faire rentrer dans notre enveloppe, sourit aujourd’hui Philippe Collart, directeur maîtrise d’ouvrage habitat. Mais l’association avec le Puca permet cela. Plus on s’y prend tôt dans le travail collaboratif, plus on favorise l’échange par rapport au processus d’industrialisation, plus l’entreprise peut s’exprimer et plus on a de chance de trouver la ligne de flottaison. A l’arrivée, à Armentières, nous allons livrer une opération de plus grande qualité pour un prix inférieur à celui annoncé lors du concours.»

 

Laisser le temps de la conception

 

L’introduction de la maquette numérique constitue incontestablement l’avancée majeure de la démarche CQFD. Elle est aujourd’hui utilisée sur 100% des opérations d’habitat menées par Norpac, qui a naturellement répondu à l’appel à propositions d’expérimentations et de bonnes pratiques sur le BIM lancé par le Puca en décembre dernier et dont la date de remise des dossiers intervient ce 15 avril (désignation des lauréats en novembre). Son objectif est de référencer et d’expérimenter des processus de construction, de requalification et de réhabilitation utilisant la maquette numérique afin d’améliorer significativement le rapport coûts-bénéfices sur l’ensemble de la durée de vie des bâtiments. Cette nouvelle manière d’appréhender les opérations revêt de nombreux enjeux, de la conception à la maintenance des bâtiments: validation amont de la qualité d’usage, intégration des exigences urbanistiques et réglementaires, anticipation des problèmes, dialogue et partage entre les intervenants du projet, maîtrise des délais et des coûts, fiabilisation des dossiers d’ouvrages exécutés (DOE). Une révolution que les acteurs du bâtiment souhaiteraient plus rapide car elle constitue une véritable réponse aux défis d’aujourd’hui et de demain. C’est bel et bien ce à quoi veut contribuer le nouvel appel à propositions du Puca. En tant que maître d’œuvre, Lyderic Veauvy n’est, toutefois, pas pour l’intégration du BIM dès le concours. «La conception va de l’esquisse à l’APD, explique-t-il. C’est à ce moment qu’on s’engage sur un prix. La conception doit être progressive et non influencée par des données numérisées. Il ne faudrait pas que le BIM scelle les choses trop tôt.» 

L’objectif à terme est d’abaisser de 20 % le coût global de construction, exploitation et maintenance comprises. Philippe Collard réclame de ses vœux qu’on ne fasse plus le distinguo. «Alors, on commence quand ?», lance-t-il comme un défi.

 

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