Logement

Baisse des APL : les bailleurs sociaux continuent de monopoliser la place publique

Mots clés : Financement du logement - Logement social

25 offices publics de l’habitat franciliens ont organisé un cortège motorisé de 120 véhicules entre la périphérie de Saint-Denis (93) et Porte Maillot (75). Ils continuent de manifester pour le retrait de l’article 52 du PLF 2018, qui acte une baisse de 1,7 milliard d’euros de ressources des organismes HLM français.  

« On ne lâche rien ! », ont scandé les organismes HLM Place Vauban, à Paris. Après une première manifestation d’ampleur organisée le 17 octobre dernier, les bailleurs sociaux continuent de marteler leur message. Plus de 25 offices publics de l’habitat (OPH) franciliens, soit environ 300 personnes, se sont réunis ce 15 novembre 2017 lors d’un cortège motorisé de 120 véhicules, qui se déroulait entre Saint-Denis et Porte Maillot à Paris. Les organismes HLM manifestaient contre l’article 52 du projet de loi de finances pour 2018, qui prévoit une baisse des APL compensée par une réduction des loyers dans le parc social. Une perte de ressources qui s’évalue à 1,7 milliard d’euros pour l’ensemble des bailleurs sociaux français.

« Pour mon organisme, cette baisse des APL représentera une perte annuelle a minima de 10 millions d’euros sur 125 millions d’euros chiffre d’affaires, soit une réduction de 8% de nos recettes », assène Yves Nédélec, directeur général de l’OPH de Seine-Saint-Denis. Outre des conséquences sur la réhabilitation de logements sociaux, le DG, qui a mobilisé 20 véhicules pour le cortège, craint un recul de de sa part d’investissement dans le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), aussi appelé Anru 2. « Nous sommes en charge de 11 quartiers prioritaires de la ville. La perte que nous avons calculée avec les mesures du gouvernement représente une année d’investissements dans l’Anru 2. »

 

3 000 emplois menacés dans les OPH franciliens

 

La compensation proposée par le gouvernement, à savoir un échelonnement de la baisse des loyers sur 3 ans compensée par une hausse de la cotisation versée par les bailleurs sociaux à la Caisse de garantie du logement locatif social (CGLLS), ne satisfait pas les OPH franciliens. Ces derniers estiment que l’article 52 menace la production de 20 000 logements sociaux et la réhabilitation de 12 000 habitations en Île-de-France, dès 2018.

« C’est bien simple. Pour la région parisienne, 3 000 emplois dans les OPH sont menacés ! », martèle Sébastien Longin, président de Plaine Commune Habitat. Marie Deketelaere-Hanna, directrice Grand Paris chez Groupe Valophis, OPH du Val-de-Marne, craint quant à elle des répercussions plus larges. « Si les offices publics de l’habitat devaient être touchés, cela aurait des conséquences sur les collectivités territoriales, qui garantissent nos emprunts », s’inquiète-t-elle.

Et les OPH ne comptent pas en rester là. « Nous prévoyons de nous réunir le 23 novembre en début d’après-midi devant le Sénat. On va continuer jusqu’à ce que le gouvernement nous écoute », conclut Anthony Daguet, président de l’OPH d’Aubervilliers. Les organismes HLM ne sont pas prêts de quitter la place publique.  

 

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