Immobilier

« Bail précaire à Matignon » par Jean-Philippe Defawe

« Souplesse pour les uns, précarité pour les autres », au travers le débat sur le CPE, se dessine en réalité un véritable choix de société. Notre système est-il trop rigide au point de créer une société à deux vitesses, les exclus et les autres ? Ou au contraire, la rigidité de ce système n’est-elle pas le dernier rempart permettant de protéger les plus démunis.
Une nouvelle fois, la France est coupée en deux. Même le patronat est divisé. Certes, le Medef, après avoir exprimé quelques réserves, resserre aujourd’hui ses rangs pour soutenir Matignon. Mais chez les artisans, la situation est plus confuse. Ce contrat qui apporte « de la souplesse et de l’efficacité » selon l’Union pour l’artisanat (UPA), serait au contraire « inapproprié » au secteur du bâtiment car « labellisé comme un contrat précaire » estime de son côté, Jean Lardin, président de la Capeb, au nom des artisans du bâtiment.
En tout cas, si une partie des entrepreneurs boudent le nouveau contrat, il semblerait que les propriétaires de logement rêvent d’un bail calqué sur le modèle du CPE. Imaginez un contrat de location « à l’essai! » Un moyen idéal selon Jean Perrin, président de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI), d’avoir des « locataires convenables et des loyers corrects »… et de « résoudre en partie la crise du logement ».
Pas sûr que les 9 millions de personnes vivant en France en logement précaire (selon la Fondation Abbé Pierre) soient du même avis.
Pas sûr non plus que Dominique de Villepin, qui cherche à sortir sans trop de casse de la crise provoquée par le CPE, soutienne cette idée. Surtout qu’à Matignon, avec ou sans CPE, le bail est plutôt précaire.
Jean-Philippe Defawe est rédacteur en chef du Moniteur-expert

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