Energie

Avec les «smarts grids», les postes électriques «s’auto-cicatrisent»

Mots clés : Electricité

Le 4 juin à Paris, lors du salon Smart Grids 2013, RTE et ses partenaires ont présenté le projet « Poste électrique intelligent ». Une première mondiale qui préfigurerait le réseau électrique intelligent de demain.

 

Une première mondiale, rien de moins. En tout cas, c’est ainsi que Laurent Schmitt, vice-président stratégie et innovation d’Alstom Grid, a présenté le projet de Postes électriques intelligents, le 4 juin, lors du salon Smart Grids 2013, à Paris. «L’évolution des réseaux de transport d’électricité est indispensable à la réussite de la transition énergétique, car ils doivent accompagner la modification des lieux de production», explique Dominique Maillard, le président de RTE (Réseau de Transport d’Électricité). En effet, si l’objectif de développement massif des énergies renouvelables se concrétise au cours des prochaines années, le réseau électrique français devra s’adapter. «Ce projet de postes électriques intelligents permet, par l’apport de technologies numériques et optiques, d’optimiser les capacités du poste électrique, pièce maîtresse du réseau de transport d’électricité, afin de l’adapter au développement massif des énergies renouvelables, précise-t-on du côté de la filiale d’EDF. L’intelligence embarquée localement dans le poste électrique lui confèrera l’interactivité nécessaire pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables.» Coordonné par RTE donc, le projet a pour partenaires Alstom Grid, Schneider Electric, Alcatel-Lucent, ERDF et Neelogy. D’un montant global de 32 millions d’euros, il est financé à hauteur de 9,7 millions par l’Ademe dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir.  Mais, il ne s’agit pour l’instant que d’un prototype. «Ce projet s’inscrit dans une perspective de long terme, celle de la transition énergétique, a quant à elle déclaré Delphine Batho, ministre de l’Écologie lors de la présentation du projet. C’est en investissant dans l’efficacité énergétique passive – pour le bâtiment — et active – dans les réseaux — que nous réussirons à remporter ce défi. »

 

Auto-adaption aux conditions climatiques

 

En attendant, l’expérimentation s’appliquera à 2 postes électriques situés dans la Somme, premier département français par sa capacité de production éolienne, et consistera à y intégrer des solutions innovantes de numérisation de contrôle-commande afin de les doter de fonctionnalités avancées. Le projet s’étalera sur une durée de 4 ans. Les premiers essais sur site pourront avoir lieu à l’automne 2015 pour une exploitation en situation réelle dans le système électrique fin 2015. «Le déploiement en France sera progressif à partir de 2020», indique Dominique Maillard. Cela devrait concerner les 2 700 postes des réseaux haute tension et très haute tension que compte la France. «Mais cela pourra être transposable aux postes de distribution», ajoute RTE. C’est d’ailleurs pour cela qu’ERDF est partenaire du projet. Dans le détail, ce poste électrique intelligent est équipé d’une station météo, sera auto-adaptatif aux conditions climatiques, mais également capable, en cas de défaut sur une ligne, d’en faire l’analyse et de rétablir automatiquement et très rapidement le courant si tous les indicateurs sont au vert. «C’est la fonction d’«auto-cicatrisation»», s’enthousiasme Dominique Maillard. «Il bénéficiera en outre de technologies de sécurité et cyber-sécurité renforcées, explique Laurent Schmitt, d’Alstom Grid. Si nous ne sommes pas convaincus de la sûreté du dispositif, nous reviendrons en arrière.» A terme, ce projet pourrait, selon ses contempteurs, constituer «le fer de lance du développement d‘une filière française et européenne d’excellence sur le marché international des smart grids». 

 

 

Focus

L’appel d’offres «Linky» sera lancé d’ici fin juin

Delphine Batho a aussi profité du lancement du Poste électrique intelligent pour rappeler que le gouvernement «souhaitait» bien parvenir au lancement de l’appel d’offres sur Linky– « pierre angulaire du développement des smart grids en France» – «d’ici fin juin». Les services du ministère «y travaillent d’arrache-pied», a-t-elle insisté. D’ailleurs, côté gaz, le projet jumeau Gaspar verra une délibération de la CRE (commission de régulation de l’énergie) mi-juin. En outre, dans la future loi de programmation sur l’énergie, à l’issue du débat sur la transition énergétique, il y aura un volet réseau. «J’ai demandé à la DGEC (direction générale de l’énergie et du climat) et à la DGPR (direction générale de la prévention des risques) de faire des propositions en matière de simplification administrative, afin d’améliorer les procédures pour réaliser les infrastructures.» De quoi ravir Dominique Maillard. Un peu moins les ONG environnementales.

 

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