Energie

Avec le « Building day », la COP 21 mise sur le bâtiment face aux enjeux climatiques

Dans quelques semaines se tiendra, à Paris, la Conférence sur le climat (COP 21). Une place inédite sera accordée au secteur du bâtiment à travers une demi-journée dédiée. Preuve d’une évidence, que le secteur, en se mobilisant, peut contribuer à l’atteinte des objectifs de limitation de la hausse des températures à 2°C.

Dans un peu plus d’un mois, du 30 novembre au 11 décembre, la France accueillera 40 000 personnes venues du monde entier sur le site de Paris-Le Bourget : les délégations de 196 pays, les représentants de 2 000 associations non gouvernementales, des collectivités locales et des entreprises. La COP 21 (Conférence des Nations Unies sur le climat) s’avère être une échéance cruciale, puisqu’elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Un objectif d’autant plus important que, selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) un réchauffement supérieur à 2°C entraînerait des conséquences graves, comme la multiplication des événements climatiques extrêmes.

Si cette réunion internationale a pour but d’aboutir à un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique, elle doit aussi accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone. Il ne s’agit donc plus que de choix gouvernementaux. La COP, cette année, ne se limitera plus uniquement aux décisions politiques, mais impliquera l’ensemble de la société civile. Et c’est une grande nouveauté ! Et une initiative à marquer d’une pierre blanche. Car les Etats n’atteindront leurs objectifs qu’avec l’action des entreprises et professionnels, collectivités, organisations internationales, ONG, populations, soit la société civile au sens large.

Cette dynamique s’inscrit dans « l’Agenda des solutions ». Appelée également Plan d’action Lima-Paris parce que lancé lors de la COP20 organisée en 2014 au Pérou, cette démarche internationale est portée par les présidences péruvienne de la COP20 et française de la COP21, le secrétariat de la Convention cadre des Nations unies pour les changements climatiques (CCNUCC) et le Secrétariat général des Nations unies (SGNU).

 

Le bâtiment : un acteur majeur

 

A l’intérieur de cet « Agenda des solutions », des thématiques prioritaires ont été désignées. Le bâtiment figure parmi celles-ci pour la première fois, notamment par l’action conjointe de la France et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Un gros consommateur d’énergie qui ne va pas se calmer compte tenu de l’urbanisation galopante mondiale. Mais c’est aussi reconnaître à ce secteur le formidable potentiel de réduction des consommations qu’il peut engendrer. Rappelons qu’en France, la loi sur la transition énergétique qui vient d’être promulguée désigne la rénovation des parcs immobiliers résidentiels et tertiaires comme le principal levier d’action. Selon certaines sources, dans les pays de l’OCDE, 80% des bâtiments qui seront occupés en 2050 existent déjà, d’où des plans de rénovation très ambitieux à mettre en place ; alors que dans les pays de Sud, et notamment en Afrique, 80% des bâtiments qui seront habités en 2050 ne sont pas encore construits, d’où la nécessité de standards exigeants. Auparavant délaissé, le bâtiment est enfin reconnu comme un véritable acteur dans la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre.

Comme pour les autres thématiques, une demi-journée, le 3 décembre après-midi, lui sera consacrée et se déroulera au cœur même du centre des conférences (également appelée « zone bleue »), là où se jouera la réussite de la COP 21. Ce « Building day », se veut l’occasion de lancer une « grande alliance » de long terme réunissant l’ensemble des acteurs à chacune des COP. Elle repose sur la volonté d’une prise de conscience de l’importance du bâtiment dans le climat. Et là les prises de conscience ne sont pas toutes au même niveau : plus forte dans les pays du Nord qui doivent se chauffer avec une énergie chère, limitée à certains précurseurs dans les pays du Sud où la priorité est de répondre aux besoins de construction. L’idée est d’amplifier l’action, de tirer l’exigence vers le haut en associant tous les partenaires, de s’engager et de travailler ensemble pour que le secteur du bâtiment au niveau mondial participe résolument à la limitation du réchauffement à 2°C. Les aspects politiques publiques, les synergies à actionner pour une plus grande efficacité ou encore le financement seront au programme.

Mais ce moment consacré au bâtiment a aussi le mérite de montrer que les acteurs économiques et institutionnels sont déjà au travail et qu’ils peuvent parfois devancer les engagements pris par les Etats.

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