Economie

Aux 24 heures du bâtiment, Emmanuel Macron lâche du lest sur le PTZ et le CITE

Lors des 24 heures du Bâtiment organisées par la FFB, le président de la République, interpellé par les professionnels, inquiets des conséquences des plans Logement et transition énergétique, a annoncé avoir remis son gouvernement au travail pour adoucir les réformes du PTZ et du CITE. Confirmation par Jacques Mézard le jour même : le PTZ est prolongé de deux ans dans le neuf en zone B2 et C.

4 000 entrepreneurs réunis au Palais des Congrès, porte Maillot : le président de la République ne pouvait rêver meilleure audience pour défendre les orientations politiques retenues par son gouvernement, tant en matière de logement que de transition énergétique. D’autant que Jacques Chanut, président de la FFB, organisateur de l’événement, avait prévenu dès l’ouverture : « Cette journée sera ponctuée de réflexions, mais aussi de coups de gueule. »

Après un tour des stands, le président de la République a rejoint celui de la FFB un peu après midi. L’occasion d’un échange informel entre Jacques Chanut, Tristan Barres (le conseiller logement de Macron) et le secrétaire d’Etat Julien Normandie.

 

PTZ en zones B2 et C : le dispositif prolongé de deux ans dans le neuf

 

Et Emmanuel Macron n’est pas venu pour rien. Interpellé par Patrick Vandromme, président de Maisons France Confort et de LCA-FFB sur la suppression annoncée du PTZ en zone C, le président de la République a rassuré son monde : « Je vous ai entendu et j’ai aussi entendu les maires ruraux qui nous ont alertés sur le fait que ça pouvait, chez eux, freiner l’activité, en tout cas donner le sentiment d’une fracture qui pouvait s’installer », a expliqué le président de la République.

Tout en confirmant sa volonté de concentrer le PTZ là où les besoins de logements neufs sont les plus pressants, Emmanuel Macron a donc annoncé qu’il allait demander au Gouvernement qu’en zone B2 et C, « l’on puisse atterrir à un taux à 20% [contre une quotité d’emprunt de 40 % aujourd’hui] ». « Ca ne créerait pas une rupture, et ça donne de la visibilité », a-t-il ajouté. Et tout ça avec l’ouverture « très rapidement, la semaine prochaine, (d’)une concertation », a-t-il promis.

Confirmation par le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard quelques heures plus tard : le PTZ est prolongé de deux ans dans le neuf en zone B2 et C.

 

 

Un CITE rénové « en sifflet »

 

Autre point sur lequel Emmanuel Macron était attendu : la réforme du crédit d’impôt pour la transition énergétique, le fameux CITE. Dans l’esprit du ministère de la Transition écologique (et de Bercy diront les plus aigris), ce crédit d’impôt servant notamment à financer des travaux dont la pertinence en termes d’économies d’énergie n’était pas évidente, il fallait en revoir le périmètre. Le secrétaire d’Etat au Logement, Julien Denormandie l’expliquait ainsi au Moniteur : « Le CITE est un élément d’accompagnement de la rénovation énergétique des logements mais il était parfois détourné, comme pour le financement de portes blindées. L’objectif est de recentrer le CITE sur les équipements les plus performants. Or, les études révèlent par exemple que le remplacement des fenêtres est moins performant que celui de la toiture. »  Exit donc le changement de portes, fenêtres et volets du dispositif (passage d’un taux de 30 à 15 % depuis le 27 septembre, puis plus rien après le 28 mars) au grand dam des professionnels du secteur.

Emmanuel Macron a donc appelé à « un accompagnement en sifflet » (en douceur) pour « qu’il n’y ait pas une rupture brutale sur les portes et fenêtres », qui doivent sortir du dispositif CITE d’ici fin mars. « Nous allons passer du crédit d’impôt à une dotation sur base déclarative », a rappelé le chef de l’Etat. « Quand on a peu de moyens, c’est difficile de financer les travaux. C’était un frein pour nos concitoyens. Il faut être plus exigeant sur le sujet des fenêtres. Je veux que l’on ait chaque année une évaluation. » Enfin, « je souhaite qu’il y ait une discussion avec le secteur et qu’on puisse en 2018 mettre sur pied quelque chose de plus intelligent », a-t-il indiqué.

Même idée pour les chaudières au fioul qui devaient elles aussi sortir du champ du CITE. « Il ne faut pas arrêter certaines chaudières fioul qui étaient respectueuses de l’environnement » et « que vont plutôt chercher les classes moyennes ou les classes populaires dans la France rurale ou périphérique », a déclaré Emmanuel Macron. Qui a souhaité « qu’on sorte là-dessus en sifflet », sans pour autant détailler le calendrier, ni les taux ou montants de prise en charge envisagés.

 

 

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