Matériaux et équipements

Autoconsommation : quelles alternatives à EDF Energies Nouvelles ?

Mots clés : Electricité

En juin dernier, EDF Energies Nouvelles s’invitait dans le secteur de l’autoconsommation de l’électricité solaire. Si ce marché reste encore embryonnaire, le client peut déjà y trouver de jeunes entreprises concurrentes de l’énergéticien. Exemple avec deux sociétés françaises qui ont fondé leurs activités sur ce modèle.

 

Après une décennie de confidentialité, l’autoconsommation de l’électricité est en passe de devenir le modèle économique de référence pour le solaire photovoltaïque. Le gouvernement pousse en ce sens, et même EDF, un opposant historique, semble se rallier au mouvement. Sa filiale EDF Energies Nouvelles, spécialisée dans les énergies renouvelables, a annoncé début juin que l’ensemble de ses offres de panneaux solaires destinées aux particuliers reposerait maintenant sur ce concept. Par ailleurs, elle leur adjoint en option un système de stockage par batteries. L’irruption de ce mastodonte éclipse quelque peu d’autres entreprises plus modestes qui préparent depuis plusieurs années l’émergence de ce marché.

La société perpignanaise Solidom appartient à cette catégorie. Créée en 2012, elle œuvre dans la conception d’outils électroniques dédiés à la gestion de l’énergie. Son système Full Home Energy peut ainsi piloter automatiquement certains appareils de l’habitat en fonction de la production des panneaux. Une unité centrale, comparable à un box internet, qui mesure l’électricité générée par l’installation. Selon la quantité disponible, il communique par Wi-Fi avec un boitier installé dans le tableau électrique. Celui-ci manœuvre des contacts secs pour allumer un chauffe-eau ou une pompe de piscine. Les électrons sont ainsi consommés sur place plutôt que de partir dans le réseau. L’unité centrale évalue la production des panneaux toutes les trois secondes. Si celle-ci baisse, et se révèle inférieure aux consommations du foyer, la machine procède à l’arrêt progressif des équipements. « Combinée à notre produit, une installation photovoltaïque de 3 kWc peut diminuer la facture d’un logement de 50 à 70 %, précise Jonathan Laloum, directeur commercial de Solidom. L’ensemble de notre gamme est fabriqué en France. Nous vendons exclusivement à des installateurs. La pose dans un tableau électrique requiert l’intervention de professionnels. »

Le dispositif enregistre aussi les consommations. L’habitant accède à ces informations sur une plate-forme web. Il pourra enrichir cette structure initiale avec des prises électriques, des interrupteurs, ou contrôles de radiateurs électriques contrôlables à distance. En outre, l’unité centrale dialogue avec toute la gamme de pompes à chaleur Hitachi. « Nous pouvons assurer toutes les fonctions de domotique classique, mais son intérêt majeur reste sa combinaison avec le solaire, souligne-t-il. Il ne s’agit pas de proposer ce système à tous les clients, sans tenir compte de leurs souhaits et de leurs budgets. Cela reviendrait à de l’écodélinquance. Alors que le marché s’amorce, nous devons conserver la plus grande transparence possible vis-à-vis des acheteurs. »

 

Du stockage à l’Ouest

 

On retrouve un discours similaire chez Technideal, un grossiste en matériel électrique qui conçoit et commercialise ses systèmes de stockage. « Nous ne comptons pas sur les subventions d’Etat pour booster le marché de l’autoconsommation et préférons établir des relations avec des partenaires fiables et de confiance », remarque Constance Thébaut, responsable du marketing et du photovoltaïque à l’export de l’entreprise. La société, implantée à Plouédern (Finistère), conçoit en 2013 une armoire tout-en-un qui contient les batteries de stockage accompagnées de tous les composants de protection électrique ainsi que l’électronique nécessaire à la conversion et au pilotage de l’énergie et de la recharge des batteries.

« Le produit s’est d’abord imposé dans les DOM-TOM. Il fait office de « groupe » de secours lors des coupures de courant. Aujourd’hui, les ventes se sont équilibrées entre l’outre-mer et la Métropole », explique-t-elle. Dans l’Hexagone, l’équipement acquière un intérêt économique à mesure que le prix de l’électricité augmente. Il attire également un public qui cherche à consommer une énergie plus verte ou à s’affranchir d’EDF.

Depuis son lancement, l’outil a gagné un nom, Billy, et a diversifié son panel de batteries. Au plomb des débuts s’est ajouté le lithium, plus adapté aux brusques bascules entre charge et décharge qu’implique l’autoconsommation. La gamme se décline en deux modèles : une armoire d’une puissance de 3 kW monophasé, dont une capacité totale de stockage est comprise entre 2,7 et 8,6 kWh suivant la technologie de batterie (soit une capacité de stockage utile comprise entre 2 et 4,3 kWh) ; et une armoire de 9 kW triphasé avec un stockage de base de 2.7 kWh et pouvant s’étendre jusqu’à 13.5 kWh (soit environ 10 kWh utiles).

 

Un nouveau design à la rentrée

 

A l’exception des cellules qui composent les batteries, le produit est fabriqué en France. L’appareil est également pourvu d’un portail web, où le propriétaire et l’installateur peuvent visualiser son fonctionnement. Pour ce dernier, la mise en service de l’équipement lui prendra environ une heure, sans nécessiter d’autres manœuvres que le raccordement. « Nous accompagnons encore beaucoup les clients et les professionnels, notamment à propos du dimensionnement du stockage, observe Constance Thébaut. Nous réfléchissons à des modules de formations pour simplifier ces opérations. »

Le perfectionnement de Billy se poursuivra en septembre avec le lancement d’une nouvelle mouture. L’habitant pourra en piloter la charge grâce à un système de domotique. Les dimensions et le design du coffret ont également été revus. « Notre produit avait encore un côté industriel, remarque-t-elle. Nous avons cherché à minimiser sa taille et à lui donner plus d’élégance. »

 

Focus

MyReserve arrivera cet automne

Primé en septembre 2015 lors du Mondial du Bâtiment, le système de batteries MyReserve devrait être commercialisé dans l’Hexagone en octobre prochain. Son concepteur, le fabricant de panneaux solaire allemand Solarwatt, l’avait mis sur le marché en juin 2015 outre-Rhin. « Depuis cette date, nous en avons écoulé plus de mille unités. La France, où notre groupe possède une filiale, sera la prochaine étape. Pour les autres pays, nous recherchons des partenaires », indique Michiel Van Schalkwijk, directeur des ventes pour l’international.

Destiné à l’habitat individuel, le produit prend la forme d’un coffret de petite taille. Il peut se fixer au mur. Le boitier contient deux batteries au lithium, d’une capacité unitaire de 2,2 kWh. L’acheteur peut ajouter des modules jusqu’à un maximum de 11 kWh. « L’équipement est très simple à installer. Nous proposons en outre une formation aux installateurs partenaires afin de garantir une mise en service optimale, souligne le directeur. La sécurité constitue un critère important pour cet équipement. MyReserve est l’un des rares produits conformes aux nouvelles normes de sécurité allemandes pour les batteries de stockage. » Le constructeur cherche maintenant à accroitre la capacité du dispositif afin de répondre aux besoins d’immeubles résidentiels et petits bâtiments tertiaires.

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