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« Aujourd’hui, la France aime les innovateurs », Jean Fone Tchoura, directeur général de Domolandes

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Innovations

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En quelques années, le concours Domolandes est devenu le grand rendez-vous des start-up françaises de l’innovation bâtiment. Entretien avec Jean Fone Tchoura, le directeur général de la technopôle landaise.

Le coup d’envoi a été donné le 1er février dernier. Et déjà, quelque 80 candidats ont déposé un dossier de participation au 5e Concours national de la création d’entreprise construction durable, organisé par la Technopôle Domolandes. Les dossiers sont reçus jusqu’au 31 mars. Le comité de sélection de réunira entre le 1er et le 7 mai. Le jury se tiendra le 6 juin. La remise des prix aura lieu le 7 juin, dans le cadre des rencontres de la performance énergétique (RPE) organisées par Le Moniteur et l’Ademe.

Domolandes est un pôle entièrement consacré à la construction durable et dédié aux entreprises de la filière du bâtiment. Il a été créé en 2011 par le Conseil général des Landes associé à la Communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud. Il est installé à Saint-Geours-de-Maremne (Landes). Le Concours national de la création d’entreprise construction durable est soutenu par Bouygues Construction, EDF, ICADE, Léon Grosse et Le Moniteur.

En quelques années, le concours Domolandes est devenu le grand rendez-vous des start-up françaises de l’innovation bâtiment. Il a contribué à faire connaitre quelques-unes des « pépites » du secteur et à leur faciliter développement et accès aux marchés. Et le voilà qui emprunte à son tour les chemins de l’innovation afin de mieux poursuivre sa propre croissance.

 

Quelles sont les nouveautés du 5e Concours Domolandes ?

Jean Fone Tchoura : Cette année, nous avons décidé de mettre l’accent sur le numérique, qui est un des grands défis du secteur bâtiment. Nous décernerons toujours deux prix mais désormais l’un d’entre eux récompensera des projets de développement d’outils, de logiciels, de méthodologies ou de systèmes en lien avec la maquette numérique. L’autre reste, bien sûr, consacré à l’innovation générale dans le domaine de la construction durable. Et nous espérons pouvoir annoncer bientôt l’arrivée de nouveaux partenaires, qui nous permettront de poursuivre le développement du concours et apporteront leur renfort à notre jury d’experts. Le flot des candidatures ne tarit pas. Plus de 80 dossiers nous déjà parvenus. Nous devrions dépasser les 110 pour en retenir finalement 50.

 

Quel rôle le concours Domolandes joue-t-il dans le monde français de l’innovation ?

J. F.T. : C’est une balise importante. Les candidats sont très sensibles au fait d’être jugés par des hommes de l’art – entrepreneurs, chercheurs, responsables d’incubateurs, acteurs des marchés de la construction et observateurs du secteur. Le palmarès est le fruit d’une réflexion d’experts. A ce titre, il est une véritable garantie de la validité des projets retenus. Aujourd’hui, il bbénéficie d’une audience nationale. Sans compter que nos prix – 15 000 euros par lauréat – ne sont pas négligeables. C’est le concours qu’il faut gagner.

 

Avec le recul, quel regard portez-vous sur l’innovation en France ?

J.F.T. : Dans le bâtiment, les cartes ont été rebattues. Il a fallu investir de nouveaux champs, comme le numérique, développer de nouveaux savoir-faire pour répondre à de nouveaux usages, mettre en place de nouvelles procédures de partage des données. Les entreprises ont dû innover ou accompagner ceux qui innovent après avoir détecté les meilleurs sous peine de péricliter. Notre grande chance, c’est que la France, aujourd’hui, aiment les innovateurs et sait comment les accompagner même si la simplification administrative et l’accès aux marchés restent de véritables sujets pour ces jeunes entrepreneurs. Mais notre pays est indéniablement dans le peloton de tête.

 

Le concours Domolandes est-il devenu la pépinière dont vous rêviez ?

J.F.T. : Oui. Nos candidats et notre palmarès le prouvent : Boostheat, acteur de l’efficacité énergétique, lauréat en 2013 ; Comwatt, spécialiste de la gestion active des consommations électriques, lauréat en 2015 ; Ennesys, qui a mis au point un système de dépollution des eaux usées par culture de micro-algues, nominé en 2013 ; ou In’Air Solutions, créateur d’un outil de mesure et d’analyses de la qualité de l’air et des émissions des matériaux, candidat en 2012, sont autant de pépites qui ont séduit les investisseurs et affichent de belle santé.

 

Quel bilan tirez-vous de ces premières années ?

J.F.T. : Il est positif : en quatre ans, nous avons enregistré 475 demandes de dossier de candidature, retenus 202 candidats, nominés 30 d’entre eux et désignés 8 lauréats. Quelque 44 brevets ont été déposés par nos nominés. Près de 37% des nominés sont des ingénieurs, 14% des commerciaux. 30% des innovations concernent des solutions constructives ou de rénovation. L’énergie et le numérique occupent le premier rang des préoccupations de nos jeunes entrepreneurs. Le concours Domolandes va dans le sens de l’histoire.

 

Quelle est la prochaine étape ?

J.F.T. : Le concours Domolandes a acquis un statut national. Il répond aux impératifs de l’époque et aux exigences d’innovation du marché de la construction. Il doit rester un éclaireur vigilant et doit devenir un défricheur, montrer très vite ce qui va se passer et découvrir les meilleures réponses. Et puis, il nous faut une reconnaissance gouvernementale et pour cela améliorer encore notre suivi des candidats pour devenir le grand observatoire français de l’innovation bâtiment.

 

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