Paysage

Ateliers territoriaux de l’Etat : Avignon sur le pont

Mots clés : Gouvernement - Ouvrage d'art

La réduction des fractures entre le centre d’Avignon et sa périphérie sud illustre la démarche paysagère impulsée par l’Etat : la Cité des papes fait partie des cinq sites désignés pour des ateliers territoriaux pilotés par le ministère de l’Environnement en 2016.

L’agence Devillers & associés relève le défi de la mise en mouvement d’un territoire urbain ankylosé par son histoire et sa géographie. « Le TGV et la rocade urbaine se sont ajoutés aux remparts, à la Durance et au Rhône pour créer des barrières urbaines parallèles, de plus en plus infranchissables », décrit l’architecte paysagiste Sébastien Giorgis, adjoint à la maire délégué à l’urbanisme. « Ces frontières s’ajoutent au fractionnement administratif d’un territoire partagé entre la ville et l’agglomération, mais aussi entre les départements du Gard, des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse », ajoute Cécile Beaudesson, directrice du pôle Paysage de l’agence Devillers & Associés.

 

Chantiers-laboratoire

 

Ce diagnostic a motivé la sélection d’Avignon, parmi cinq sites, à des ateliers qui cherchent à répondre tout au long de l’année 2016 à la question suivante : « Comment requalifier par le paysage des territoires à vivre ? ». Annoncés en septembre 2014 par la ministre Ségolène Royal dans son plan national d’action pour le paysage, les cinq ateliers associent une collectivité à une équipe de maîtrise d’œuvre. Les directions régionales de l’Ecologie, de l’aménagement et du logement et les directions départementales des territoires ont orchestré les consultations qui ont abouti à l’automne 2015 à la sélection des maîtres d’œuvre, dont Devillers & Associés pour Avignon. Lancées en 2006, les ateliers territoriaux de l’Etat n’avaient jamais placé les paysagistes au centre de leurs chantiers-laboratoire, avant la session 2016. Trois journées de rencontre sur le terrain ponctuent chacun d’entre eux, avant la finalisation d’une feuille de route. Ces rencontres associent des habitants, des élus et des techniciens.

 

« Extraordinaire et méconnu »

 

Face à l’ampleur des fractures à résoudre, le premier atelier, réuni en mars, a validé la méthode de « l’acuponcture urbaine », selon l’expression de Sébastien Giorgis. « Il s’agit de placer l’aiguille au bon endroit pour obtenir un maximum de résultats », décrypte l’élu.

L’association Ceinture Verte, née des oppositions locales au tracé de la Ligne à grande vitesse, a orienté l’identification d’un de ces sites qualifié « d’extraordinaire et méconnu » par Sébastien Giorgis. « Au sud de la ville, ce domaine réservé à l’agriculture sert d’itinéraire de délestage aux automobilistes qui circulent à toute vitesse sur des chemins étroits », détaille Cécile Beaudesson. Une proposition peu coûteuse pourrait contribuer à en changer l’image : « La fermeture de ces axes à la circulation automobile, sauf pour les riverains, à raison d’un dimanche par mois, permettrait aux familles de circuler sans contrainte, à pied ou à vélo », suggère la paysagiste et urbaniste. Ce premier pas favoriserait la concertation entre les acteurs concernés pour des interventions plus lourdes.

 

Avignon Confluence

 

Après la finalisation de la feuille de route, la ville envisage deux suites possibles : une programmation opérationnelle et une révision des documents d’urbanisme. « Le plan local d’urbanisme et le schéma de cohérence territoriale identifient bien les fonctions, mais il y manque le liant qui donnerait une vision transversale et enrichie », estime Cécile Beaudesson. A terme, la paysagiste imagine l’entrée d’Avignon dans le club des villes, qui, à l’instar de Lyon, ont réussi la reconquête urbaine de leurs fleuves : à la confluence de la Durance et du Rhône, un ensemble de parcs dans lequel chacun déploierait son identité propre tout en reliant la ville à sa périphérie sud.

Focus

Cinq sites pilotes

Pour « requalifier par le paysage des territoires à vivre », L’Etat a sélectionné cinq territoires périurbains déqualifiés, dans les agglomérations suivantes : Fort-de-France ; Saint-Brieuc ; Annonay-Davézieux ; Perpignan Nord (avec Frédéric Bonnet) et Avignon sud (avec Devillers & Associés). Au sein du ministère de l’Environnement, la direction de l’Habitat, de l’urbanisme et des paysages pilote la démarche aux côtés des collectivités. Le pari commun consiste à élaborer, d’ici à la fin de cette année, un projet partagé par les acteurs locaux, à différentes échelles, grâce au vecteur paysager.

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