Culture

Atelier urbain Aix 2040: l’habitat du futur au défi de l’humain

Mots clés : Architecte

La septième édition de l’Atelier Urbain Aix 2040 s’est déroulée samedi 8 avril à la Fondation Vasarely. Cinq projets avant-gardistes ont été distingués. «Le Refuge», projet lauréat des architectes Hugo Maurin et Yannick Nobile, a séduit par son humanité… Visite guidée.

Quel habitat pour demain ? Tel était le fil rouge de la septième édition de l’Atelier urbain «Aix 2040» organisé par l’association Devenir, collectif réunissant une quarantaine de professionnels de la maîtrise d’œuvre du pays d’Aix-en-Provence. Trente-deux équipes de jeunes concepteurs (architectes, urbanistes, paysagistes, etc. de moins de 40 ans) avaient répondu à l’appel à idées lancé au début de l’année par l’association et son président l’architecte aixois Jacques Fradin. Leurs propositions aussi diversifiées que les sites choisis – des rives de l’étang de Berre à Martigues, au quartier du Panier à Marseille en passant par la périphérie d’Aix-en-Provence – étaient exposées durant toute la semaine (du 3 au 8 avril) sur les cimaises architectoniques de la Fondation Vasarely. Sélectionnés pour leurs partis audacieux, treize de ces projets étaient invités à passer une sorte de grand oral devant le jury présidé par François Chaslin, ce samedi 8 avril.

 

Imaginer les modes d’habiter du futur

 

Les cinq lauréats (les trois premiers ont reçu une prime de 5 000 euros pour le 1er prix, 3 000 pour le 2e à 1 500 pour le 3e) incarnent le caractère avant-gardiste voulu par les organisateurs. Unis par un credo, imaginer les modes d’habiter du futur, leurs projets se distinguent pourtant par leur approche: «une utopie à forte dimension poétique pour le premier prix, un engagement militant et participatif pour le deuxième et un prisme programmatique très poussé pour le troisième», détaille François Chaslin.

Grand vainqueur, «Le Refuge», projet de tour-cocon imaginé par les architectes Hugo Maurin (mandataire) et Yannick Nobile a séduit à la fois par son graphisme, proche du surréalisme version Dali, et son humanité.

 

Un IGH «refuge»

 

«La stratégie nationale pour l’architecture a finalement eu l’effet escompté. Les pouvoirs publics, il faut le croire, ont daigné mettre en avant l’importance d’une architecture faite par les architectes, pour les usagers», pose les deux concepteurs en préambule de leur projet. Une démarche qu’ils incarnent dans un projet de tour «résiden… ciel bleu…» surgie au milieu des ruelles du quartier historique du Panier, en plein dans le Marseille authentique dont raffolent les touristes. Exit les appartements douillets corsetés dans les normes petites bourgeoises du vivre ensemble mais chacun chez soi. Maurin et Nobile rappellent qu’«on se loge avant d’habiter». Pour la socialisation, il y a la rue, espace de rencontres et d’échanges de prédilection des Méditerranéens au sang aussi chaud que le verbe. Dans ce schéma, le logement est le dernier endroit où l’individu peut se ressourcer. D’où un bâtiment «Refuge», «lieu de repli sur soi, seul, à deux, ou en famille». Un IGH («immeuble de grande humanité…») où «chaque pièce, chaque univers proposé convient à tout un chacun, fonction de ses goûts, de ses envies passagères». Un lieu «de défoulement par excellence» ouvert à tous les usages: de la contemplation de la mer située à deux pas, à la lecture intensive coupée du monde, sans oublier une cuisine «pour soi tout seul», une salle de musique «bien isolée», un jardin contemplatif, potager, une balançoire, un patio ouvert sur le ciel, juste le ciel… Vous l’avez compris, dans ce refuge-cocon, l’homme peut enfin vivre en parfaite harmonie avec lui-même: «exorciser le trop plein de social, redevenir l’animal qui sommeille en lui». Et le temps d’un instant se couper du reste du monde.

 

Etre chez soi pour être aux autres…

 

Reste le rapport à la ville. L’accès au Refuge du Panier s’effectue par une passerelle de lancement, «tendue au-dessus d’une forêt nouvellement plantée parsemée de bassins rafraîchissants». Et des «capsules individuelles à Mistral comprimé (sic) propulsent le visiteur vers son programme de prédilection».

«Entouré par les grands murs de pierre, matériau tant apaisant qu’écolo-responsable à 100%, car non recyclable, simplement réutilisable, le patient peut en toute sérénité se déconnecter du monde qui l’entoure. Le temps d’un instant. Le temps qu’il faut. Le temps de se rendre compte que s’il est fort bien seul, il est tout de même fort peu de chose sans les autres». Etre chez soi pour mieux apprécier d’être avec les autres… un axiome qui résume la double échelle poétique de cet IGH tendu vers le ciel… bleu comme la mer si proche. Ou bleu comme une orange aurait dit Eluard. Le poète qui aurait sûrement loué une loggia dans ce Refuge niché au-dessus du Panier.

 

Focus

Les lauréats de l’Atelier urbain Aix 2040

Premier Prix: Le Refuge, au Panier à Marseille

Hugo Maurin, architecte (mandataire) et Yannick Nobile, architecte (Marseille)

 

Deuxième Prix: «Ville du futur, ville des inégalités, ville du futur, ville accueillante»

Equipe «Architectes sans frontières», Pierre-Charles Marais, architecte mandataire; Stéphane Herpin, Léa Jean-Jacques, Corentin Holvoet, Laetitia Hedon, Benjamin Abtouche, architectes; Judith Cazas, urbaniste.

 

Troisième Prix: Habitat à choix multiples à Martigues

Fanny Chenu, architecte (Paris)

 

Mention: «Homy» à Marseille

Atelier Bond Society représenté par Christelle Gautreau architecte HMONP et François Herisset paysagiste.

 

Mention: «Cicatrisation», projet multisites sur la métropole d’Aix-Marseille

Vincent Ravily, architecte (mandataire), Françoise Bigaignon, architecte (Marseille); Emeline Marty, architecte (Aix).

 

Focus

Le jury

François Chaslin (architecte, critique d’architecture, animateur/producteur à France Culture), Isabella Tallo (secrétaire de l’Ordre des architectes Paca), Pierre Vasarely (président de la Fondation Vasarely), Adrien Champsaur (syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône), André Jollivet (président de la MAV Paca), Jean-Marc Giraldi (CAUE 13), Marie-Pierre Sicard-Desnuelle (adjointe au maire d’Aix-en-Provence), Alexandre Gallese (adjoint à l’urbanisme de la mairie d’Aix), Didier Pages (urbaniste), François Kern (architecte-urbaniste), Thierry Durousseau (architecte, critique d’architecture), Pierre Bisagno (Les Travaux du Midi), Xavier Rouquerol (ESH Famille et Provence), Colette Delmas (trésorière de l’association Devenir), Fabienne Magnan (vice-présidente de l’association Devenir), Pascal Clément (vice-président de l’association Devenir) et Jacques Fradin (président de l’association Devenir).

 

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