Transport et infrastructures

Assises de la mobilité : mode d’emploi

Mots clés : Gouvernement - Infrastructure de transports

Le coup d’envoi sera donné le 19 septembre. Pendant trois mois, le gouvernement organise une concertation, voulue la plus large possible, sur le thème de la mobilité. Groupes de travail, réunions publiques, plateforme numérique, comité d’orientation et de suivi des infrastructures… alimenteront ses assises et doivent permettre d’établir la stratégie de l’Etat en termes d’infrastructures de transports pour le quinquennat, voire au-delà.

Une mobilité plus propre. Plus connectée. Plus solidaire. Plus intermodale. Plus sûre. Plus soutenable financièrement. Ce sont les six objectifs auxquels devront répondre les « Assises de la mobilité », lancées par le gouvernement ce 19 septembre, à Paris. Pendant trois mois, entreprises de travaux publics, start-up, collectivités locales, associations et même le grand public sont invités à réfléchir à l’évolution des transports d’ici à 2030, et à co-construire les politiques dans ce domaine.

Le programme est chargé, les thèmes à aborder nombreux, comme le montre le document de travail envoyé par le ministère des Transports, et que « Le Moniteur » a pu consulter. Le premier axe est très large et se penche sur « les politiques de transports ». A partir des objectifs cités plus haut, six groupes de travail seront constitués pour débattre et formuler des propositions à la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

 

Le grand public impliqué

Et comme le gouvernement espère une concertation la plus large possible, il lancera une plateforme numérique afin de recueillir les contributions, commentaires et votes de tous ceux qui le souhaitent. De plus, afin d’évaluer les besoins au plus près des préoccupations des territoires, des réunions publiques seront organisées au cours de ces trois prochains mois. « Ces débats peuvent être un vrai plus et faire ressortir des besoins auxquels nous n’avions pas pensé », estime Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des Travaux publics (FNTP). Notamment en termes d’entretien et d’équipements routiers.

Ces équipements seront sans doute au cœur de la série d’ateliers sur l’innovation, piloté par un comité spécifique. Autour de représentants de l’Etat, des collectivités, des grandes entreprises de transport et de start-up, celui-ci devra mettre en avant des initiatives sélectionnées via un appel à projets, identifier les bonnes pratiques et, plus largement, proposer à l’Etat et suivre la mise en œuvre d’une « stratégie de soutien à l’innovation dans les mobilités », selon le document de travail du ministère.

 

Un comité dédié aux infrastructures sous la houlette de Philippe Duron

Dernier axe et non des moindres pour les travaux publics, les Assises seront l’occasion d’évaluer les besoins en termes d’infrastructures à proprement parler, d’ici à 2030. Un comité d’orientation et de suivi s’installera aux manettes, répondant ainsi à une demande pressante de la FNTP. Pilotés par Philippe Duron, ancien président de l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (Afitf) et auteur du rapport Mobilité 21, ses 16 membres (1) auront pour mission de proposer une programmation des investissements pour les dix prochaines années, qu’il s’agisse de nouveaux projets ou de modernisation des réseaux existants, et des financements associés.

Pour cela, il s’appuiera à la fois sur les conclusions du rapport Mobilité 21, remises au goût du jour, et sur les travaux des groupes de réflexion. Ses recommandations, dévoilées en décembre, serviront de base à la loi d’orientation sur les mobilités, portée par Elisabeth Borne et prévue pour le premier trimestre 2018.

 

Transports du quotidien vs grands projets

La tâche ne sera pas aisée. Car les attentes et inquiétudes sont grandes dans le monde des TP, notamment suite à l’annonce d’une « pause » dans les grands chantiers, annoncée début juillet. Le comité réexaminera chaque projet, du canal Seine-Nord Europe au Lyon-Turin, en passant par Notre-Dame-des-Landes et la LGV Bordeaux-Toulouse.

Alors que le gouvernement souhaite donner la priorité aux « transports du quotidien » et donc à l’entretien et la maintenance des réseaux existants, Bruno Cavagné pense que tout peut être réalisé, « quitte à prendre plus de temps. Il ne faut pas opposer l’un et l’autre. Nous pouvons faire les deux et cela ne me gêne pas de lisser les projets sur une plus longue période, si on donne de la visibilité aux élus et aux entreprises ». Une fois la loi d’orientation votée et la programmation pour les cinq prochaines années établie, le comité en assurera le suivi. Et sera vigilant en cas de retard ou de dérive.

 

(1)    Le comité d’orientation et de suivi des infrastructures réunira 3 députés, 3 sénateurs, un parlementaire européen, un président de conseil régional, un président de département, un président d’intercommunalité, et 6 « personnalités qualifiées » dont Bruno Cavagné et Philippe Duron. 

 

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