Transport et infrastructures

Assises de la mobilité : découvrez les propositions des ingénieristes

Mots clés : Conception - Gouvernement - Mobilier urbain

Les Assises de la mobilité, lancées par la ministre des Transports, Elisabeth Borne, le 19 septembre, doivent permettre d’analyser et d’anticiper les besoins de demain. De nombreuses organisations professionnelles participent aux ateliers mis en place pour l’occasion. Parmi elles, Syntec-Ingénierie, qui en profite pour défendre diverses propositions.

 

Les Assises de la mobilité s’achèveront dans moins d’un mois. Cette grande concertation lancée en septembre doit permettre à l’Etat « de voir ce que l’on attend de nous », « d’entendre les besoins des territoires » et de réfléchir différemment la politique des transports de l’Hexagone en ne construisant « pas une politique d’infrastructures, mais une politique de services à nos concitoyens », comme l’a rappelé la ministre des Transports, Elisabeth Borne, au 100e Congrès des maires.

Tous les acteurs de la mobilité participent aux différents ateliers, afin d’imaginer les transports et services de demain. Parmi eux, Syntec-Ingénierie s’est notamment mobilisée. « Nous sommes très concernés car nous intervenons sur des projets d’infrastructure et des systèmes de transports. Tous les aspects nous intéressent : routes, ferroviaire, schémas de mobilité, systèmes intermodaux, numérique… », insiste Nicolas Jachiet, président de l’organisation professionnelle.

 

14 propositions, 3 axes

 

En plus du travail en cours dans les ateliers, la fédération en profite pour rendre publiques ses propositions pour l’avenir. Au nombre de 14*, elles répondent à 3 enjeux : le rééquilibrage des modes de financement en reposant la question de la part contribuable/usager ; le fait de faire des transports du quotidien une priorité nationale ; et, enfin, la poursuite des grands projets.

Parmi les principaux messages, « nous plaidons depuis plusieurs années pour que l’investissement public ne pâtisse pas seul des restrictions sur les finances publiques. Nous en avons besoin pour améliorer la mobilité, y compris du quotidien », défend Nicolas Jachiet. Surtout que, selon lui, si les projets sont bien pensés et « judicieux », ils peuvent permettre de réaliser des économies de fonctionnement. Un discours en phase avec les injonctions du gouvernement. Mais selon Nicolas Jachier, l’Etat devrait aller plus loin en attribuant des bonus de dotations aux collectivités vertueuses pour soutenir leurs efforts. « Cela serait une incitation à ne pas sacrifier l’investissement, qui a lourdement chuté ces dernières années ».

 

Mieux prendre en compte les « externalités »

 

Syntec-Ingénierie en appelle aussi à une meilleure prise en compte des « externalités, positives et négatives », afin d’évaluer au mieux les projets d’investissements. Et de citer des enjeux liés à la sécurité, au développement durable, mais aussi le coût global et l’anticipation de nouveaux services et besoins tels l’arrivée des véhicules autonomes ou les besoins d’intermodalités, à évaluer dès le début pour mieux argumenter ses choix.

Nicolas Jachiet et sa fédération vantent également une plus grande contribution de l’usager dans le financement des infrastructures. « Le paiement par l’utilisateur est plus bas en France que chez nos voisins. Il y a donc sans doute des marges d’évolution. » Le président évoque notamment la mise en place de péages sur certaines infrastructures routières du réseau national, une réflexion sur de nouvelles concessions à l’approche des métropoles « souvent congestionnées », ou encore une taxation sur les poids-lourds sur le réseau non-concédé, mais que l’on n’appellerait pas écotaxe.

 

Data et grands projets

 

La data représente également un enjeu majeur pour Syntec-Ingénierie. « Nous devons aller plus loin dans l’utilisation de la donnée, tout en respectant la propriété intellectuelle », estime le président de la fédération. Face à la masse de datas collectées dans le cadre de l’exploitation des réseaux de transports (comportements, trajets des utilisateurs…), les pistes d’innovation sont nombreuses pour rendre la mobilité plus intelligente, optimiser et connecter les réseaux. « Mais beaucoup de données restent inaccessibles, l’ouverture n’est pas encore suffisante. »

Pour y remédier, Syntec-Ingénierie plaide pour que les « autorités organisatrices de la mobilité » soient propriétaires de l’intégralité des données produites dans le cadre de l’exploitation et de la maintenance des réseaux, même ceux concédés. « Mais il faut tenir compte du principe de confidentialité et du secret industriel des opérateurs privés », prévient Nicolas Jachiet.

Enfin, la relance ne s’opérant pas encore partout sur le territoire national, la fédération défend les grands projets – qui lui ont permis de tirer l’activité cette année. D’autant que pour le Canal Seine-Nord ou le Lyon-Turin, un certain nombre d’études et travaux ont déjà été engagés. En plus d’avoir un impact direct sur l’emploi et l’activité de ses entreprises, la fédération brandit l’argument selon lequel un « gel des investissements conduisant au report ou à l’annulation de grands projets utiles au développement des territoires serait un mauvais signal envoyé aux investisseurs internationaux ». Bref, à entendre la fédération, tout le monde serait perdant.

 

* Les propositions de Syntec-Ingénierie à retrouver en ligne : www.syntec-ingenierie.fr

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X