Culture

Architecture : le pavillon japonais flotte sur le Centre Pompidou-Metz

Mots clés : Architecture

A Metz (Moselle), l’exposition «Japan-ness» retrace, au travers de nombreuses pièces toutes originales, soixante-dix années d’architecture et d’urbanisme japonais depuis 1945…

Dix ans! C’est le temps qu’il aura fallu aux commissaires Frédéric Migayrou (directeur adjoint et conservateur en chef du département architecture du Centre Pompidou) et Yoshikawa Yûki (chargée de recherche et d’exposition au Centre Pompidou-Metz) pour concevoir, mûrir et affiner le propos de cette splendide exposition, et surtout pour parvenir à dénicher maquettes, photos, calques, etc. – rien que des originaux – aux quatre coins de l’archipel, dans un Japon jusque-là réputé fort peu archiviste de sa mémoire architecturale.

Le terme japonais qui désigne l’architecture – kenchiku – n’est créé qu’en 1910. Mais, selon l’architecte Isozaki Arata, cette architecture japonaise se caractérise, au fil des siècles, par des invariants, des valeurs et une identité sans cesse réinterprétés. Une singularité culturelle ouverte et poreuse aux influences extérieures, marquée par les séismes, l’impermanence de toute chose, la notion de temps cyclique, la Nature, les éléments, les catastrophes nucléaires… Une «japonité» – «Japan-ness» – qui est le fil rouge éponyme de l’exposition.

Celle-ci prend pour point de départ et acte fondateur la tabula rasa d’Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 août 1945)… A partir de ces ruines désolées, l’exposition déroule un parcours chronologique jusqu’à nos jours, selon une mise en espace – au coeur du bâtiment de Ban Shigeru – signée de son confrère Fujimoto Sou en six séquences : Destruction et renaissance (1945) ; Villes et territoire (1945-1955) ; Emergence d’une architecture japonaise (1955-1965) ; Métabolisme, Osaka 1970 et la «nouvelle vision» (1965 -1975) ; L’architecture de la disparition (1975 -1995) ; L’architecture surexposée, images et narrations (1995 à nos jours).

Après Hiroshima, à l’aube des années 1950, une nouvelle vision de la ville et du territoire naît sous l’influence de Le Corbusier notamment, qui accueillera dans son agence de jeunes architectes japonais tel Sakakura Junzô. L’Exposition universelle d’Osaka, en 1970, suscitera l’émergence des Métabolistes Kurokawa Kishô, Murata Yutaka, etc. auxquels succèdent, dans les années 1980-1990 une génération reconnue au plan international Ito Toyo, Ando Tadao, Takamatsu Shin, etc. Encore plus près de nous, Ban Shigeru, l’agence Sanaa, Kuma Kengo ou Fujimoto Sou exportent leur savoir-faire dans le monde entier.

Avec 65 maquettes originales, 150 dessins, des films expérimentaux et autres documents relatifs à 300 projets emblématiques, l’exposition prend appui sur la collection du Centre Pompidou, enrichie des prêts et dons d’agences d’architectes, mais aussi de musées japonais et de collections privées. Un vaste corpus de toute beauté exposé pour la première fois en Europe, qui permet de mieux appréhender la profusion, l’inventivité et la capacité d’adaptation et de renouvellement de de l’architecture et de l’urbanisme japonais.

«Japan-ness. Architecture et urbanisme au Japon de 1945 à nos jours» est présentée du 9 septembre au 8 janvier 2018 au Centre-Pompidou Metz.

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