Culture

Architecture : « In Vitro », exposition in-ter-gé-né-ra-tio-nne-lle

Mots clés : Architecture

La Maison de l’architecture en Ile-de-France propose, jusqu’au 16 novembre, de découvrir les racines de l’imaginaire à l’œuvre chez de jeunes étudiants et diplômés, mis en regard de celui qui anime les réflexions de leurs prédécesseurs…

En architecture, ce qu’il y a d’ennuyeux avec la réalité, c’est qu’il faut se la coltiner. Programme, contexte, contraintes, etc. On n’y récolte guère que des coups, de la glaise collée aux chaussures et des cailloux au fond des poches. Alors, autant l’évacuer au profit de l’imaginaire et de son cortège d’images. C’est le parti pris de cette exposition à deux temps : celui de la formation et celui de la profession. 

 

En haut

 

En haut, en mezzanine, carte blanche a été donnée au collectif étudiants « An » qui fait défiler sur de petits écrans vidéo une accumulation d’environ 500 visuels collectés auprès des sept écoles d’architecture de la Région Ile-de-France. « Parcours initiatique », « Voyage à Rome via internet », ou simple bombardement d’images approvisionné depuis la Toile mondiale par le grand ordonnateur Google? Au visiteur de se faire son idée : aucune clef, aucune ligne de force, aucun mode d’emploi ne lui sera proposé. A chacun de s’immerger dans ce déferlement… 

En bas

 

En bas dans la chapelle, une trentaine de grands aînés – MVRDV, Zündel & Cristea, Lacaton & Vassal, etc. – ont laissé vagabonder leur imagination autour des grandes idées-fétiches du moment : agriculture urbaine, usages, villes verticales, pratiques urbaines, etc. « Il s’agit de témoigner de la manière qu’ont les architectes d’aujourd’hui d’accueillir le monde, de ramasser les rêves usagés pour en façonner de nouveaux » écrit joliment Michel Perrot, président de la Maison de l’architecture en Ile-de-France. « Une génération passe, une autre lui succède, mais la terre demeure. Le soleil se lève aussi, puis il se couche… et retourne à l’endroit d’où il se lèvera  » serions-nous tenté de lui répondre pour notre part, en reprenant ici la parabole de l’Ecclésiaste.

 

En haut comme en bas

 

On s’interrogera tout de même sur l’étrange parti pris des commissaires et scénographes – Philippe Croisier, Thomas Corbasson, Adrien Robain, Gaëlle Hamonic et Benjamin Colboc – d’organiser la séparation en remisant en haut les réflexions des étudiants pour laisser place, en bas, à celle des glorieux anciens… Gageons qu’Hermès Trismégiste les aura inspirés : « Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose »… Cette chose, nous pourrions l’appeler : l’Architecture.

Alors? In Vitro Veritas? On aimerait que cela fût vrai. Reste à franchir le Rubicon et à aller du côté de l’In Vivo, parce qu’un jour, qu’on le veuille ou non, la réalité finit toujours, hélas, par imposer sa loi.

 

In Vitro, process de création architecturale, 1 exposition à 2 temps, du 24 octobre au 16 novembre 2013 à la Maison de l’architecture d’Ile-de-France, de 11h à 19h.

Commissaires du collectif « An » : Sonia Assouly, Amine Ibnolmobarak, Matthieu Joubin, Thomas Landemaine, Maya Nemeta et Océane Réveillac.

 

 

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X