Culture

Architecture : Gaëlle Lauriot-Prévost, écho à Dominique Perrault

Mots clés : Architecture

Le travail de la directrice artistique de Dominique Perrault est décortiqué dans un ouvrage qui révèle tout l’apport de la designer, de la Bibliothèque Nationale de France au Pavillon Dufour…

«Faire voir l’architecture de l’intérieur», comme le dit joliment Michèle Champenois, l’auteure de ce livre. Telle est la mission que s’est fixée depuis vingt-sept ans Gaëlle Lauriot-Prévost dès son arrivée à l’agence de Dominique Perrault. Car si les noms de la designer et de l’architecte figurent sur la couverture, c’est bien au travail de la directrice artistique de l’agence qu’il est presque entièrement consacré. Élaboration du mobilier, adaptation et détournement des équipements techniques, fabrication des tapisseries -notamment en maille métallique, la marque de fabrique de Gaëlle Lauriot-Prévost – utilisation de l’espace, jeux de lumière, etc.  Un travail de complément – elle parle d’«écho» -, mais oh combien essentiel au «Maître». «C’est une architecture d’auteur, et l’auteur, c’est Dominique Perrault», déclare sans ambages Gaëlle Lauriot-Prévost. Révéler l’architecture tout en restant dans l’ombre. Ce livre est un hommage à cette mission.

Diplômée de l’école Camondo, Gaëlle Lauriot-Prévost montre tout de suite un goût certain en intégrant l’agence d’une jeune irako-britannique encore peu renommée, une certaine Zaha Hadid. Mais finalement peu douée pour l’architecture pure, Gaëlle Lauriot-Prévost contribue au travail… de peintre de la fantasque architecte. Elle intègre la structure de Dominique Perrault en avril 1989, au moment où celui-ci entame l’œuvre de sa vie : la Bibliothèque Nationale de France. Outre le travail d’aménagement intérieur, c’est elle qui élabore l’iconique chaise en bois rectangulaire sur laquelle se sont assises des générations d’étudiants. C’est là aussi que Gaëlle Lauriot-Prévost utilise pour la première fois cette fameuse maille métallique – mise en œuvre comme parement, paroi, claustra, tapisserie, écran –  fabriquée par l’industriel allemand Gebruder Kufferah Duren, auquel cet ouvrage consacre tout un chapitre. Ce bâtiment a été pour l’agence Perrault le «projet-matrice» de ceux qui ont suivi, à savoir répondre à une commande extérieur-intérieur d’un maître d’ouvrage portant sur l’architecture, le mobilier et l’aménagement. Il pose aussi les jalons de ce que sera la méthode de Gaëlle Lauriot-Prévost : «Mon premier travail est d’enlever tout ce qui est inutile, superflu. Puis de positionner – et dessiner – tout ce qui est indispensable». La Cour de justice de l’Union européenne à Luxembourg (2008) – avec son lustre d’entrée et son dais monumental – est l’autre projet-clé de Gaëlle Lauriot-Prévost pour lequel elle a gagné, selon la journaliste Michèle Champenois, «ses galons de designer en chef». Le Pavillon Dufour du château de Versailles (2016) marque aussi, par l’utilisation particulière faite de la lumière.

L’ouvrage évoque enfin les autres activités de Gaëlle Lauriot-Prévost, le mobilier ou les objets décoratifs, suites logiques de son travail. Pour qui aime l’architecture de Dominique Perrault – symbole, d’une certaine manière, de cette intelligentsia qui croit encore à la culture et à l’Europe – ce livre est une plongée pertinente dans le travail de ce bâtisseur à travers le prisme de sa directrice artistique.

«Gaëlle Lauriot-Prévost Design/Dominique Perrault – Architectures» – Michèle Champenois, 360 pages, 45 euros. Editions Norma.

 

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