Profession

Architecture et présidence de la Région Ile-de-France

Mots clés : Architecture

L’Unsfa Ile-de-France (Union nationale des syndicats français d’architectes) avait envoyé un questionnaire à l’ensemble des candidats à la présidence de la Région Ile-de-France pour les interroger sur l’aménagement, l’architecture, leurs projets, etc. L’Unsfa a rédigé une synthèse des réponses reçues…

Sur neuf questionnaires envoyés par l’Unsfa Ile-de-France, sept ont fait l’objet de réponses approfondies aux dix questions posées (Claude Bartolone, PS; Valérie Pécresse, LR-UDI-Modem; Wallerand de Saint-Just, FN; Emmanuelle Cosse, Ecologistes; Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République; Pierre Laurent, FG; François Asselineau, UPR; Nathalie Arthaud, LO). Seul Aurélien Véron, PLD, n’a pas répondu à ce jour. Ce retour témoigne de l’attachement des différents candidats au métier d’architecte et de son importance dans notre société. Tous soulignent le rôle et le savoir-faire irremplaçables de l’architecte mais aussi les évolutions nécessaires de son métier dans les années à venir pour affronter les enjeux de transition énergétique, du numérique, de changement des modes de vie. Ils insistent sur la nécessité d’associer les architectes franciliens à leurs décisions, compte-tenu de leur connaissance du territoire.

Pour Claude Bartolone, le nombre d’architectes est insuffisant et il s’attèlera à combler ce retard. Pour le Front national, il faut démocratiser cette profession qui reste élitiste et éloignée des personnes qui habitent leurs constructions. Pour l’UPR, le métier d’architecte « à la française » est condamné si la France reste sous le contrôle des traités européens et ouverte à la concurrence internationale. Face à la pénurie de logements franciliens, Valérie Pécresse souhaite « construire plus et mieux » en mobilisant tout le foncier disponible. Elle envisage « d’aménager 100 nouveaux quartiers écologiques et bien desservis par les transports ». Elle souhaite mobiliser les crédits européens et créer une Agence spécifique pour la rénovation énergétique des bâtiments. Claude Bartolone veut poursuivre les efforts de la Région, avoir des bâtiments plus efficaces sur le plan énergétique et instaurer un « véritable service public régional de la rénovation énergétique ». Le Front de Gauche, Lutte Ouvrière, les écologistes et l’UPR souhaitent donner la priorité au logement social. Debout La France veut « surtout rééquilibrer les zones d’habitat et d’activité ». Le FN envisage des « bâtiments sains et à taille humaine » avec une hauteur maximum de 6 étages. Les écologistes parlent de densifier la ville, notamment près des transports en commun, de valoriser l’efficacité énergétique des bâtiments existants et de faire participer les citoyens à l’élaboration des documents d’urbanisme et aux opérations de transformation de leurs quartiers.

Sur le projet du Grand Paris, l’excellence du travail accompli par les architectes pour « nourrir l’imaginaire de la métropole de demain » est largement reconnue. Concernant l’Atelier international du Grand Paris (AIGP), Claude Bartolone souhaite l’ouvrir « à d’autres équipes d’architectes et d’urbanistes, voire évoluer vers une logique d’appels d’offres ouverts ». Valérie Pécresse souhaite « encourager le développement de la recherche sur le bâti au sein du pôle de compétitivité sur la ville durable autour de la Cité Descartes ». Pour Debout la France, ce projet a dérapé en devenant « une strate bureaucratique supplémentaire ». Le FN est contre ce projet et préfèrerait le renforcement des attributions des acteurs actuels dont la Région.

Concernant les procédures d’appels d’offres régionales, plusieurs candidats souhaitent les faire évoluer pour permettre notamment aux jeunes architectes d’y avoir accès. L’UPR demande « un audit approfondi de la réglementation existante », le FN se prononce pour une préférence régionale dans les appels d’offre et les circuits courts. Sur la question des normes réglementaires actuelles, certains candidats insistent sur la primauté qui doit être donnée à la création et aux projets et non à l’encadrement normatif. Les écologistes veulent aider « les projets remplissant un certain nombre de conditions environnementales et sociales » et favoriser la présence des architectes dans les jurys de maîtrise d’œuvre.

Face au retard des travaux de rénovation des lycées franciliens, un audit est réclamé par Debout la France et la liste LR-UDI-Modem. Le PS s’engage à raccourcir les délais de construction des lycées. Les écologistes envisagent de rénover thermiquement la majorité des lycées anciens d’ici 2020 et d’imposer aux nouvelles constructions la norme « Bepos ».

Sur les territoires ruraux, Claude Bartolone souhaite poursuivre les contrats ruraux et créer des contrats culturels de territoires. Valérie Pécresse veut y consacrer plus d’investissements et créer « un prêt à taux zéro-parcours résidentiel » pour l’acquisition d’un premier logement neuf ou ancien en zone rurale. Les écologistes s’opposent à l’étalement urbain et s’engagent à préserver les terres agricoles et naturelles.

Tous les candidats soulignent l’importance de préserver et valoriser le patrimoine architectural mais aussi de favoriser la création et l’innovation architecturales, notamment l’architecture contemporaine. Claude Bartolone propose une plate-forme de mise en valeur du patrimoine francilien et un parcours cyclable reliant les principaux sites touristiques franciliens. Valérie Pécresse souhaite un Fonds spécial de sauvegarde et de valorisation du patrimoine rural, des actions de valorisation et de diffusion du patrimoine auprès des jeunes (l’UPR et Debout la France sont sur cette même ligne), appuyer les collectivités élaborant une Aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (AVAP), utiliser davantage le label « Pays d’art et d’histoire » et créer une instance de consultation et de proposition à travers une Conférence Régionale de l’Architecture et du Patrimoine.

Concernant la promotion de l’excellence architecturale française à l’international, les candidats (hormis LO) s’engagent à soutenir les cabinets d’architectes franciliens. Le Front de Gauche souhaite faire partager le savoir-faire français via les accords de coopération et créer des aides spécifiques à l’export. Claude Bartolone veut des aides au « secteur de la construction verte » et promouvoir le savoir-faire français en termes de rénovation énergétique. Valérie Pécresse se prononce pour la création Cité Descartes d’une « biennale de l’architecture et de l’urbanisme » mettant en avant « les constructions et solutions urbaines les plus innovantes au niveau mondial » avec un prix attribué aux meilleurs jeunes architectes et urbanistes franciliens. Lutte Ouvrière ne souhaite pas favoriser l’excellence française face aux autres créations, se considérant « citoyenne du monde » et « proche du patrimoine de l’humanité ». Elle combat le système capitaliste basé sur la concurrence entre nations. L’UPR s’interroge sur l’internationalisation du métier d’architecte et l’intérêt d’une architecture de « style international » sur tous les continents.

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