Réalisations

Architectes et urbanistes de l’Etat en congrès sur la ville durable

En congrès à Bordeaux du 4 au 6 décembre sur le thème « aménagement durable et patrimoines », les 380 architectes et urbanistes de l’Etat répondaient en fait à l’appel de l’Association nationale des architectes des bâtiments de France (ANABF).

Pas de révolution, mais des débats nourris sur la ville plurielle, les mutations des territoires. Dominique Bourg, directeur de l’Institut de politiques territoriales et d’environnement humain de l’Université de Lausanne, a démarré son intervention sur les fondements et enjeux du développement durable. D’abord quelques rappels : l’écart des richesses (PIB/habitant) entre pays se creuse – de 1 à 4 au XVIIIe siècle, de 1 à 20 aujourd’hui. Puis des courbes, exponentielles depuis les années 60, toutes aussi explicites : productions de dioxyde de carbone et d’oxyde d’azote, utilisation des ressources fossiles, consommations d’eau et d’espace urbanisé. Le bilan est sans appel : « C’est une baignoire dont le robinet est bloqué ». Seule solution pour Dominique Bourg, le levier fiscal : « Vendre l’usage des biens plutôt que les biens eux-mêmes et globalement ne plus taxer le travail mais l’usage des ressources ».

Questionnements sur le patrimoine
Cyria Emelianoff, maître de conférences en géographie à l’Université du Maine, a poursuivi le questionnement sur le patrimoine des villes européennes face aux enjeux du développement durable. « Comment le patrimoine a-t-il rencontré le concept du développement durable ? Chaque ville étant différente, c’est à chacune de trouver son propre chemin pour parvenir à la durabilité », a-t-elle indiqué, citant volontiers les chartes d’Aalborg et autres textes fondateurs.
Puis ce fut au tour de Ruth Marques, inspecteur au conseil général des Ponts, et chargée de mission de l’inspection générale territoriale Ile-de-France, de défendre un urbanisme tel que David Mangin l’expose dans « La Ville Franchisée », « un ouvrage que vous devriez tous avoir lu ! ». Elle a ainsi développé, images à l’appui, le passage en quelques années en France d’un urbanisme de l’îlot (100 m de côté) au secteur urbanisé (1 km de côté). Or : « Comment se rend-on de ce secteur d’habitat pavillonnaire à ce secteur d’activités (où se concentrent commerces et emploi), si ce n’est en voiture ? » Il s’agit dans le périurbain d’un vide programmé, notamment autour des voies d’accès. Le congrès s’est poursuivi avec la présentation d’expériences urbaines pilotes en Europe (Amsterdam, Milan, Oslo, etc.). Autant d’étapes différentes d’une meilleure gestion du patrimoine urbain durable.

Bertrand Escolin, bureau de Bordeaux du Moniteur

Lire aussi l’entretien avec Frédéric Auclair, président de l’Association nationale des architectes des bâtiments de France (ANABF), en cliquant ici.

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