Santé

Après une « série de suicides » chez Eiffage, la CFDT interpelle la direction

Mots clés : Entreprise du BTP

Selon le syndicat, le groupe de BTP fait « la sourde oreille » après deux suicides récents, qui s’inscrivent dans une « série » en lien la plupart du temps « avec le travail ».

Dans un communiqué publié ce mardi 10 octobre, la CFDT-Construction a fait part de deux suicides survenus « dans la branche Infrastructures la semaine dernière », dans la lignée « d’une série de suicides et de tentatives de suicides dans tout le groupe depuis 2 ans« . Interrogé, le syndicat a évoqué « six suicides ou tentatives de suicide en 2016« . « La plupart de ces suicides sont en lien avec le travail« , et pourtant l’entreprise « a refusé jusqu’à aujourd’hui de faire la lumière » sur ces événements, d’après le syndicat qui « accuse le groupe de faire la sourde oreille« .

« Nous sommes très attentifs à ces sujets et prenons toutes les mesures pour éviter ces situations (…) dramatiques« , a réagi la direction d’Eiffage dans une déclaration transmise à l’AFP. Des discussions se tiennent « de façon régulière avec les organisations syndicales sur les risques psycho-sociaux« , objet d’un accord signé en 2011 et actuellement en cours de révision, a-t-elle ajouté.

 

« Dispositif d’écoute des salariés »

 

« Le groupe, après avoir traîné des pieds pendant un moment, a proposé de revoir l’accord » mais il « refuse de traiter la question des suicides, tentatives, burn-out… Ils ne veulent pas en parler« , a répliqué Jean-Michel Gillet, secrétaire national de la CFDT-Construction. Son syndicat a essayé « de traiter ça intelligemment et ça ne marche pas », la direction est « dans le déni », a-t-il dit à l’AFP.

Avant de passer à l’acte la semaine passée, les deux salariés ont laissé « des messages qui ne laissent pas de doute », « le lien avec le travail est clair »: l’un a envoyé un e-mail évoquant sa détresse, l’autre aurait « laissé un dessin » évoquant « un certain nombre de pressions d’ordre professionnel », a rapporté Jean-Michel Gillet.

De son côté, la direction rappelle que le renouvellement de l’accord sur les risques psycho-sociaux (RPS) devait permettre de « renforcer encore les dispositifs déjà en vigueur dans le groupe« , notamment « la formation des managers et des référents RPS » ainsi que les « dispositifs d’écoute des salariés et de communication avec eux ».

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