Transport et infrastructures

Après l’éboulement de la RN1, la Réunion tourne au ralenti

Une semaine après l’éboulement qui a fait deux morts sur la route du littoral à la Réunion, cet axe essentiel n’a été rouvert qu’aux poids-lourds, ce qui ralentit considérablement l’activité de l’île.

Seules deux des quatre voies de ces 12 km qui serpentent au pied d’une falaise abrupte de 100 m de haut sont utilisables, même si les entreprises de déblaiement qui travaillent, exclusivement de jour, depuis lundi, ont déjà enlevé les deux tiers de l’éboulis.
Le 24 mars au petit matin, plus de 20.000 m3 de rochers se sont effondrés sur cette voie, tuant deux ambulanciers.
C’est cette route qui relie le chef-lieu à la région ouest, où se trouve le seul port marchand de la Réunion.
C’est donc d’elle que dépend l’approvisionnement de Saint-Denis et de l’est, soit près de la moitié des 750.000 Réunionnais.
Un tiers des 3.500 conteneurs débarqués annuellement à Port-Réunion transitent par cette voie.

La fermeture totale, après l’éboulis meurtrier, a considérablement ralenti l’activité économique.
« Si un client veut à tout prix la livraison de son conteneur à Saint-Denis », explique le président du syndicat des transitaires, « cela suppose un détour par le sud. Soit un aller-retour de 400 km, contre 40 habituellement ». La facture du transport est alors doublée ou triplée.
Les camions-citernes approvisionnant l’aéroport international de Gillot ainsi que les stations-services du nord et de l’est, ont été contraints, depuis une semaine, à ce décuplement des trajets.
La réouverture partielle de la route, programmée pour mercredi, a été retardée par sécurité à vendredi : à 06H00 heures (04H00 à Paris), des convois de poids lourds, escortés par des agents de l’Equipement, se sont engagés, dans les deux sens et par alternance, sur la route accidentée.
La DDE avait prévu six convois. Devant l’afflux de véhicules, huit passages, de cent camions chacun, avaient déjà été organisés à la mi-journée.
« C’est bien de retrouver cette route », confiait un chaffeur-routier. « Mais on était émus en passant devant l’éboulis. On pensait aux victimes ».
Un livreur de nourriture pour volailles confiait que pendant la fermeture, il mettait dix heures – au lieu de trois normalement – pour livrer un élevage à Grand-Ilet.
Conscients du danger qu’ils côtoient quotidiennement, la plupart des chauffeurs se voulaient fatalistes. « De toutes façons, il n’y aura pas de route de remplacement avant dix ans », commentait Jules, qui, en temps normal, passe quatre fois par jour par là au volant de son semi-remorque.
Dès samedi, les poids-lourds pourront circuler librement sur les deux voies. Les voitures restent, jusqu’à une date non précisée, déviées vers un itinéraire sinueux.
52.000 véhicules y passent chaque jour en temps normal.
Depuis vendredi, une société de transport par hélicoptère propose, moyennant 70 euros par personne, un aller-retour entre Le Port et l’aéroport. Pour la semaine prochaine, elle a enregistré 120 réservations par jour.
Jean-Noël Fortier

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