Projets

Appel à candidatures pour faire muter la halle portuaire J1 à Marseille

Mots clés : Centre commercial - Gares, aéroports - Magasin - Transport maritime

Le grand port maritime Marseille-Fos a lancé, mercredi 28 juin, un appel à projet international pour valoriser la halle portuaire J1, située dans le secteur de la Joliette, entre le Vieux-Port et le port de commerce à Marseille. A l’issue d’une consultation organisée en deux phases, le lauréat sera choisi à la fin 2018.

«Osez le J1», c’est avec ce slogan que Jean-Marc Forneri, président du conseil de surveillance du grand port maritime Marseille-Fos, a lancé, ce 28 juin, l’appel à projet international pour réhabiliter l’ancien hangar maritime J1, dernier vestige d’un ensemble en béton armé édifié par la chambre de commerce et d’industrie de Marseille dans l’entre-deux-guerres, pour constituer la gare maritime de la Joliette.

Une partie de cet ensemble a laissé place au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) conçu par Rudy Ricciotti dans le cadre de «Marseille, ville européenne de la Culture» en 2013. Avec la transformation du J1, aujourd’hui situé entre le Mucem et le centre commercial «Les Terrasses du Port», le port et la Ville de Marseille, représentée ce 28 juin par le sénateur-maire Jean-Claude Gaudin, veulent faire aussi bien. Laure Agnès Caradec, l’adjointe au maire de Marseille et présidente de l’Etablissement public d’aménagement Euroméditerranée, acteur de la transformation de la bande littorale de la cité phocéenne, parle «d’un projet essentiel qui s’inscrit dans la continuité du Mucem» et d’un «objet-monde» qui doit contribuer à l’attractivité du territoire.

 

Redevances

 

Cette dernière condition figure dans le cahier des charges. La valorisation du J1 et de ses abords doit certes participer à son rayonnement et à celui de la ville, mais elle doit aussi «procurer des recettes supplémentaires au port qui permettront d’investir dans nos propres activités», a insisté Christine Cabau-Woehrel, présidente du directoire du port de Marseille Fos. Elle n’a pas indiqué de montant de redevances attendues. Elle a cependant précisé qu’elles se composeront d’un droit d’entrée lors de la signature du contrat, d’un loyer fixe et d’un loyer variable indexé sur les activités économiques installées dans le J1.

Ensuite, sont attendus des «projets innovants, d’envergure internationale et compatibles avec l’activité portuaire du bassin Grande Joliette». En 2020-21, le port aura terminé le transfert des terminaux à passagers internationaux à Cap Janet. Seuls resteront à la Joliette, ceux réservés aux ferries pour la Corse et aux navires de croisière. Les nouveaux usages du J1 et ses abords doivent donc ne pas entraver ces flux et la circulation de l’entrée du port à la passe Sud (cf vue des bassins de Marseille).

 

Identité architecturale forte

 

Pourvu de deux étages et d’une charpente métallique, le hangar est singulier. En effet, les trois autres détruits n’avaient qu’un étage, A ces caractéristiques s’ajoute un mur pignon plus ample, donc plus abouti dans son architecture. Cela donne encore plus de valeur à l’édifice que le port et la Ville veulent préserver. De plus, il fait face à la cathédrale La Major et se situe dans le périmètre de l’Avap (aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine) de Marseille. Les projets présentés par les candidats feront donc l’objet de toutes les attentions.

Les autres exigences portent sur le contenu. Ainsi, sont exclus les casinos ou autres salles de jeux, les boîtes de nuit. Les projets présentés par les candidats ne devront pas non plus contenir exclusivement des bureaux, des loisirs ou des commerces. «Nous n’excluons pas une partie en logements, mais ce sera de la résidence hôtelière haut de gamme», a déclaré le président du conseil de surveillance du port. «Nous laissons une très grande latitude à l’intelligence des candidats, à leur créativité pour proposer un projet avec des activités multiples et une identité architecturale forte», a-t-il poursuivi.

 

Convention d’occupation temporaire

 

L’appel à candidature porte sur le J1 et ses trois plateaux (25 000 m2) sauf la moitié du rez-de-chaussée conservée pour les besoins de l’activité portuaire. Sont aussi compris, environ 16 500 m2 de terre-pleins en bord de bassin à valoriser et deux postes à quais. En option est proposée la valorisation d’un linéaire de 700 m environ sur la partie sud de la digue du large.

A l’issue d’une consultation organisée en deux phases (voir focus ci-dessous), le grand port maritime de Marseille-Fos et ses partenaires signeront, à la fin 2018, avec le lauréat, une convention d’occupation temporaire (COT) qui pourra aller jusqu’à 70 ans sur la base de critères «mêlant la qualité des activités et rentabilité». Ne pourront répondre que des groupements «représentés par un responsable de consortium et associer investisseurs et financeurs». Sûr d’attirer des candidats unis par l’ambition de renforcer l’interaction ville-port», Jean-Marc Forneri, président du conseil de surveillance du port de Marseille-Fos, table sur un investissement de 100 à 200 millions d’euros.

Et cette fois-ci, il promet que l’appel à projet arrivera jusqu’au bout. En effet, une première consultation, lancée en 2013 par l’ancienne direction du port, avait été déclarée sans suite.

 

Focus

Appel à projet organisé en deux phases

28 juin: lancement de l’appel à projet.

15 novembre 2O17: remise des offres initiales.

Mars 2O18: sélection de trois ou quatre offres.

Eté 2O18: remise des offres définitives

Fin 2O18: le jury international (regroupant un grand écrivain de la Méditerranée, un économiste, un plasticien marseillais, des chefs d’entreprise, etc.) désignera le lauréat.

2O19-2O21: études, autorisations, lancement des travaux.

 

Chiffres-clés

Le J1 en chiffres

192O (années): construction.

3: nombres de niveaux (R+2).

25 5OO: nombre de mètres carrés développés (8 5OO m2 par plateau).

264, 232, 34 et 23: en mètres, respectivement, la longueur du panneau nord, la longueur du panneau sud, la largeur et la hauteur (faîtage).

 

Focus

Le port et la Ville renforcent leur relation

Outre le lancement de l’appel à projet concernant le J1, la Ville de Marseille, la métropole Aix Marseille Provence et le Grand port maritime de Marseille ont décidé de porter en commun d’autres projets. Tout d’abord, ils ont créé un groupe de travail pour faciliter l’implantation de nouvelles industries et nouveaux projets économiques sur 6OO hectares dans la zone industrialo-portuaire à Fos-sur-Mer. Les partenaires veulent élaborer ensemble un master plan conciliant aménagement urbain et développement économique autour du port de la Grande Joliette. La réflexion commune doit permettre de préparer l’avenir du site après le transfert des trafics internationaux au Cap Janet en 2O2O. Ensuite, dans la continuité de la charte ville-port, les mêmes partenaires veulent élaborer une charte Métropole-port qui a pour vocation d’inscrire le port dans son environnement métropolitain et régional. Il s’agit notamment de renforcer les dessertes en mode massifié (fluvial/ferroviaire). Par ailleurs, Euroméditerranée et le port ont confié à un groupement conduit par l’agence KCAP (Rotterdam) une étude urbaine pour imaginer le futur visage de la façade maritime de la Joliette. D’ici la fin de l’année 2O17, l’équipe de maîtrise d’œuvre devra notamment proposer des scénarios pour le devenir de l’emprise du domaine public maritime avec comme point d’ancrage le hangar J1.

 

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