Logement

APL : Emmanuel Macron appelle les propriétaires à baisser les loyers de 5 euros

Mots clés : Financement du logement - Gestion immobilière - Gouvernement

Pour compenser la baisse des APL décidée pour octobre 2017, le président Emmanuel Macron souhaite que tous les propriétaires baisse de cinq euros le montant des loyers. Associations et syndicats sont sceptiques.

L’annonce devrait faire grincer des dents. Lors d’un discours devant les préfets à l’Elysée, Emmanuel Macron a appelé « tous les propriétaires à baisser les loyers de 5 euros » par mois, pour compenser la baisse des APL décidée pour fin 2017 par le gouvernement. Le président de la République s’est dit « surpris du silence collectif » et de l’absence d’appel « aux bailleurs sociaux, aux propriétaires à baisser le prix du logement ». « C’est cela la responsabilité collective », a-t-il ajouté.

Déjà, dans un entretien au Point paru la semaine dernière, Emmanuel Macron envisageait d’aller au-delà de la baisse controversée de 5 euros des APL « mais seulement dans le cadre d’une transformation profonde qui doit faire baisser les loyers ». Edouard Philippe avait pour sa part évoqué « une mesure de rabot » dans une interview à BFM TV le 24 août dernier. « La baisse générale des APL est contenue dans le budget précédent, que je n’ai pas voté mais que j’exécute », avait déclaré le Premier ministre.

 

Un appel « illusoire »

 

Les représentants des locataires ne s’attendent pas à voir cet appel suivi d’effet. « Je crois que c’est complètement illusoire », a déclaré Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement (CNL), qui a lancé une pétition pour protester contre la diminution des aides et réclame leur revalorisation.

Du côté des professionnels de l’immobilier, l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) dénonce une déclaration « inadmissible ». Et de continuer : « Comme le confirme l’Observatoire des loyers Clameur qui vient de publier son étude : les loyers baissent depuis le début de l’année en France. La baisse est de 0,6 % sur les huit premiers mois de 2017, ce qui en fait l’une des plus mauvaises années pour le marché locatif depuis 20 ans », signale l’organisme.

 

Préconiser une remise à plat des dispositifs

 

D’un côté comme de l’autre, les organismes déplorent l’absence de consultation avant les annonces concernant les APL. Mais surtout, ils demandent des mesures de fond et une réflexion sur l’ensemble du secteur immobilier. Pour l’association de défense des consommateurs CLCV, l’appel aux bailleurs privés et sociaux « de baisser de 5 euros les loyers ne constitue pas en soi une politique du logement ». Face au taux d’effort « toujours plus important » des locataires et à leurs « difficultés à se loger correctement », elle demande un gel des loyers pour l’année 2018.

« Je ne trouve pas ça très adroit, je ne pense pas que ce soit une méthode économique rompue », a commenté Jean-François Buet, président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), qui préconise une remise à plat des dispositifs d’aides.

Pour rappel, les aides personnelles au logement bénéficient au total à 6,5 millions de ménages français, dont beaucoup d’étudiants (environ 800.000), et coûtent 18 milliards d’euros par an au budget de l’État.

 

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