Logement

ANRU 2 : « Les premiers chantiers débuteront en 2016 »

Mots clés : Etat et collectivités locales - Urbanisme - aménagement urbain

François Pupponi, député-maire (PS) de Sarcelles dans le Val d’Oise et président de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), détaille le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). Lancé le 16 décembre dernier, ce dernier permettra de rénover 400 quartiers en 10 ans avec un budget de 5 milliards d’euros.

 

Quelles sont les prochaines échéances du nouveau programme de renouvellement urbain ?

François Pupponi : Les collectivités locales concernées par le NPNRU vont devoir signer avant le 30 juin 2015 un protocole de préfiguration des opérations à mener dans le cadre des contrats de ville unique. Dans les six mois suivants, nous signerons les conventions d’application de renouvellement urbain pour définir concrètement les projets financés par l’ANRU. Tout devrait aller très vite. Nous avons prévu 50 millions d’euros de budget de pré-conventionnement destinés à financer les études d’avant-projet des villes qui seront en avance. Car l’objectif consiste à lancer les premiers chantiers avant la fin de l’année 2015, voire au début de l’année 2016.

 

Quelles opérations seront menées dans les quartiers d’intérêt régional et ceux d’intérêt national ?

F.P. : Les quartiers d’intérêt national bénéficieront d’une intervention massive de l’ANRU, ceux d’intérêt régional d’opérations plus légères. Tous ces territoires feront l’objet d’opérations de démolition, de construction de logements et d’équipements publics, ou encore d’aménagement urbain, de création de centres commerciaux, etc.

 

Ces quartiers ont-ils vocation à devenir des démonstrateurs de l’institut de la ville durable, hébergé par l’ANRU ?

F.P. : Ils doivent devenir des territoires d’innovation. Les appels d’offre le signaleront, et nous favoriserons les constructions dotées de nouvelles technologies. Nous travaillerons avec les promoteurs, les constructeurs et les fabricants de matériaux qui devront proposer des logements plus respectueux de l’environnement et des coûts de construction limités. Ces quartiers ont souvent été des zones de relégation, ils vont devenir des territoires d’innovation. Cette volonté est clairement affichée dans le cadre du NPNRU, elle l’était moins dans le cadre du programme national de rénovation urbaine (PNRU), le premier plan de rénovation urbaine lancé en 2003.

 

La co-construction fait partie des bases fondatrices du NPNRU. Quel sera l’impact pour les entreprises du BTP ?

F.P. : Une réflexion avec les usagers devra être mise en place. Sans cela, l’ANRU ne financera pas les projets de renouvellement urbain.

 

L’ANRU va intervenir sur les copropriétés dégradées et les centres anciens paupérisés. Quels travaux seront menés ?

F.P. : Pour les copropriétés dégradées ou à la limite de la dégradation, nous travaillerons au cas par cas avec les propriétaires modestes. Mais globalement, il faudra réaliser des travaux d’isolation thermique et de sécurisation des lieux. Concernant les centres anciens, nous interviendrons sur de l’habitat diffus. Des opérations de destruction-reconstruction de logements pourront être menées. L’objectif consiste à lutter contre les marchands de sommeil, bien souvent responsables de la dégradation des immeubles, en construisant des logements sociaux ou en favorisant l’accession sociale à la propriété privée. Enfin, nous contribuerons aussi au développement d’activités économiques grâce à l’implantation de locaux commerciaux.

 

La suppression des avances aux maîtres d’ouvrage, envisagée durant un temps, remettrait en en cause la capacité des villes à lancer les travaux. Qu’en est-il ?

F.P. : Les avances n’étaient pas assez encadrées dans le cadre du PNRU. Elles seront transformées en acomptes, versés lors du lancement du chantier et non plus, lors du lancement de l’appel d’offre comme c’était le cas auparavant. Nous définirons dans les semaines à venir le pourcentage des acomptes à distribuer.

 

Certains doutent de la capacité du NPNRU à créer un effet de levier de 20 milliards d’euros, notamment, l’association des maires des grandes villes de France …

F.P. : Les collectivités locales ne seront pas les seules à financer le renouvellement urbain. Dans le tour de table, nous comptons également sur la Caisse des Dépôts, les bailleurs sociaux, etc. D’ailleurs, ces derniers se sont engagés sur un investissement de 10 à 12 milliards d’euros sur 10 ans. Les autres partenaires devraient donc investir 3 milliards d’euros pour atteindre l’effet de levier attendu par le gouvernement… Très clairement, je pense que nous dépasserons le seuil de 20 milliards d’euros.

 

Une majorité des quartiers du NPNRU faisaient partie du PNRU. Comment éviter la programmation d’un troisième plan ANRU avec les mêmes territoires ?

F.P. : Les quartiers prioritaires de la politique de la ville ont été initialement mal pensés. Après 20 ans de travaux, nous aurons reconstruit l’ensemble de ces territoires. Nous pouvons estimer que nous n’aurons pas à intervenir de nouveau avant 50 ans à condition, bien sûr, que la situation sociale des habitants arrête de se dégrader et que les bailleurs sociaux continuent à entretenir leur patrimoine pour éviter qu’il ne se dégrade.

 

 

Focus

Une journée pour la gestion urbaine de proximité

Mardi 13 janvier, l’ANRU organise une journée nationale autour de la gestion urbaine de proximité (GUP) en partenariat avec l’Union sociale pour l’Habitat et le commissariat général à l’égalité des territoires, à la cinémathèque Française à Paris.

 

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