Projets

Anne Hidalgo : « Le projet de la tour Triangle verra le jour »

Par 87 voix pour et 74 contre, les conseillers de Paris ont voté en faveur de la nouvelle version du projet d’immeuble de grande hauteur à la porte de Versailles, lors de la séance du 30 juin 2015. Le dossier était bloqué depuis qu’en novembre dernier, la même assemblée avait désapprouvé une délibération portant sur la construction future de ce bâtiment dessiné par les architectes suisses Herzog & de Meuron.

Treize voix ont renversé la situation. Ce 30 juin, le Conseil de Paris a finalement adopté, par 87 voix pour, 74 contre et aucune abstention, le projet de la tour Triangle, l’immeuble de grande hauteur que le groupe Unibail-Rodamco entend construire à l’orée du parc des expositions de la porte de Versailles, dans le XVe arrondissement de la capitale. « La tour Triangle verra le jour et je m’en réjouis », a donc conclu Anne Hidalgo, la maire de Paris certainement très soulagée par cette issue favorable après plusieurs mois de blocage du dossier.

En novembre dernier, ce sont cinq voix qui avaient fait la différence lors du vote d’une délibération portant notamment sur le déclassement du terrain d’assiette du futur bâtiment. Les élus avaient rejeté le texte lors d’une séance épique qui avait d’ailleurs amené Anne Hidalgo a considéré que « la loi [n’avait] pas été respectée ».

 

2 702 signatures

 

Les rédactions du Moniteur, d’AMC et des Cahiers techniques du bâtiment avaient alors lancé une pétition en faveur de la construction de cet immeuble de 180 mètres. Le texte a depuis recueilli 2 702 signatures, dont celles de 71 personnalités du monde de la construction, de l’immobilier et de l’architecture.

Depuis lors, Unibail-Rodamco s’est donc employé à remanier son projet et plus particulièrement sa programmation afin de donner des gages à ceux qui reprochaient à Triangle de n’être qu’une tour de bureaux en blanc. Sans toucher à sa silhouette de pointe de verre, dessinée par les architectes suisses Herzog & de Meuron, le groupe immobilier a ainsi réintroduit un hôtel dans ses plans. Prévu à l’origine, l’établissement avait en effet disparu entre-temps. Selon Unibail-Rodamco, dans « Triangle 2 », 25 % des surfaces doivent être dédiés à d’autres fonctions que des bureaux classiques.

 

 

Cette nouvelle version a donc été longuement décortiquée en séance, ce 30 juin, beaucoup des opposants s’interrogeant sur les bénéfices réels apportés par cette modification. « Ce n’est ni plus ni moins qu’un copier-coller de la tour précédente », a jugé l’élue EELV Anne Souyris. Son groupe a donc voté contre la nouvelle délibération et ce sans surprise, puisque depuis le début, les écologistes parisiens se sont opposés au principe même de la tour, modèle dont ils critiquent surtout l’empreinte écologique.

 

Espaces de coworking

 

Nathalie Kosciusko-Morizet en tête, le groupe des Républicains a brandi ce même argument du manque d’améliorations notables pour retoquer à nouveau le projet. Tandis que Jean-François Legaret, le maire du Ier arrondissement s’étonnait des conditions financières du bail à construire qui doit être accordé à Unibail-Rodamco, son collègue du XVe s’obligeait à un peu de mesure. Philippe Goujon qui, au départ, avait été favorable au projet – comme ne manquent jamais de le lui rappeler les partisans de Triangle -, a « apprécié les efforts d’Unibail » sur la programmation. Néanmoins l’hôtel de 120 chambres et la création d’un centre de coworking ne suffisaient pas, à ses yeux, pour contrebalancer les surfaces de bureaux. « Et puis des espaces de coworking, ce sont quand même des bureaux mais avec deux prises au lieu d’une », a ironisé l’élu.

Six élus du groupe ont toutefois approuvé le projet… Tout comme six élus UDI-Modem. Alors que Marielle De Sarnez restait fermement opposée au projet, certains membres de sa formation ont finalement décidé de le soutenir, au nom de « l’attractivité » de Paris, et de la « construction du Grand Paris », a expliqué la conseillère Valérie Nahmias.

Désormais, Unibail-Rodamco va devoir déposer une demande de permis modificatif et la Ville de Paris, à n’en pas douter, fera diligence pour l’instruire. Dès lors, le chantier pourrait débuter à la fin 2016 ou au début de 2017, selon Jean-Louis Missika, l’adjoint à la maire en charge de l’urbanisme. A condition qu’il n’y ait pas de recours. La tour Triangle s’élèvera donc à la porte de Versailles en 2020. Au plus tôt.

 

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  • - Le

    Babel

    On peut admirer ,non l’architecture babeliènne ,mais les maneuvres de Mme Hidalgo pour imposer une construction dans la ligne de la tour Montparnasse. Rien de surprenant après la Samaritaine et le saccage annoncé des serres d’>Auteuil . Une mairesse qui ne montre guère de sensibilité aux formes urbaines raffinées .
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  • - Le

    Tour ou pyramide?

    Tout n’est question que de vocabulaire… rappels : – Une pyramide de bois et plâtre avait été dressée près du Louvre à la révolution en 1789, à la gloire des sans culottes; – Celle de Peï suffisait dans le décors parisien. Cette « tour », pyramide est une architecture grandiloquante de trop, même en dialogue architectural. MFD
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  • - Le
    Et quant à la circulation du quartier… »après nous le déluge » ! A moins de créer des « trottinettes-lib », car même les motos ne passent pas entre les voitures le long du tramway… !
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