Santé

Amiante: procès d’un «serial pollueur» à Rennes

Mots clés : Bâtiment et santé - Établissements pénitentiaires et judiciaires - Parquet

Le parquet de Rennes a requis au moins deux ans de prison pour un entrepreneur accusé d’avoir entreposé des déchets d’amiante dans une dizaine de sites clandestins de l’ouest de la France.

«C’est un serial pollueur», accuse Michel Ledoux, avocat d’une dizaine de parties civiles au procès de Daniel Couet, ancien patron de la société CDEC de Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) qui s’est tenu jeudi 30 avril à Rennes. «C’est un champion dans la catégorie désamiantage: je ne connais pas d’autres exemples de violations aussi nombreuses des règles de sécurité», assure l’avocat à l’AFP.

Daniel Couet est accusé d’avoir déposé entre 2003 et 2008 des déchets d’amiante dans neuf sites non prévus à cet effet, notamment des champs ou des forêts, répartis sur sept départements (Côtes-d’Armor, Ille-et-Vilaine, Morbihan, Maine-et-Loire, Vendée, Sarthe, Indre-et-Loire).

Il lui est reproché d’avoir exposé autrui, en particulier agriculteurs et promeneurs, à un risque immédiat de mort ou de blessures, via l’inhalation de fibres d’amiante. Quant à ses ex-salariés, il est reproché à l’entrepreneur de ne pas avoir pris les mesures de sécurité nécessaires pour les protéger lors des travaux de retrait d’amiante. On transportait des gravats mais on ne savait pas ce qu’il y avait dedans», a expliqué Gérard Pigeon, un ancien chauffeur de l’entreprise. «Moi, je bâchais mon camion à cause de la poussière. Une fois, (Daniel Couet) nous a dit: «c’est de l’amiante mais ce n’est pas grave, il n’y a pas de problème», a témoigné par téléphone cet ancien salarié cité par Ouest-France.

Daniel Couet est également poursuivi pour escroquerie au préjudice de ses clients. La présidente a relevé que Cdec était souvent la moins-disante lors de marchés publics, soupçonnant que cela était lié aux économies faites sur la sécurité.

L’avocat du prévenu, Philippe Olive, estime qu’une partie des accusations «ne tient pas la route», mais précise qu’il ne plaidera pas l’acquittement global, son client ayant admis une partie des faits. «Il a déjà purgé quatre mois de détention préventive, il estime qu’il a déjà payé cher», souligne Me Olive.

Aucun des ex-salariés qui se sont portés partie civile n’ont contracté de cancer, mais Patrick Hamon, président de l’association départementale de défense des victimes de l’amiante de Loire-Atlantique (Addeva 44), relève que la maladie «se déclenche 20, 30 ou 40 ans après l’exposition à l’amiante».

«On espère que la peine qui sera prononcée sera à la hauteur pour que d’autres petits chefs d’entreprise ne fassent pas la même chose», ajoute M. Hamon, pour qui «ce genre de pratiques continue avec les chantiers de désamiantage dont on ne sait pas où vont les déchets».

La société Cdec, fondée en 1999 par M. Couet, a été mise en liquidation. Active dans tout l’ouest de la France ainsi qu’en région parisienne, elle a compté jusqu’à 25 salariés. Le jugement a été mis en délibéré au 2 juin à 14h.

 

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