Marchés privés

Amiante: 2 anciens directeurs d’un chantier naval de Dunkerque mis en examen

Deux anciens directeurs des chantiers navals Normed de Dunkerque (Nord) ont été récemment mis en examen à Paris, notamment pour « homicides involontaires » dans le cadre d’une enquête judiciaire sur l’exposition à l’amiante des salariés de l’entreprise, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Jacques Brayard, directeur de Normed (Chantiers du Nord et de la Méditerranée) de 1981 à 1983, a été mis en examen jeudi, a affirmé l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante (Ardeva) dans un communiqué.
Il est poursuivi pour homicides et blessures involontaires et non-assistance à personne en péril.
Son successeur de 1983 à 1988, Michel Betous, a été mis en examen pour les mêmes chefs d’accusation le 22 juillet par la juge d’instruction Marie-Odile Bertella Geffroy du pôle santé publique de Paris qui centralise les plaintes pénales des dossiers d’amiante au plan national.
La juge reproche aux deux anciens directeurs, aujourd’hui âgés respectivement de 81 et 74 ans, une violation des obligations de sécurité et de prudence en n’ayant pas mis à la disposition des salariés des appareils de ventilation aspirante ou des appareils de protection individuelle pour les protéger des poussières d’amiante. L’amiante était fréquemment utilisée comme matériau d’isolation à bord des navires.

« Ce sont les actions menées par les veuves, les victimes de l’amiante qui l’ont permis »
Il s’agit des premières mises en examen depuis la réouverture du dossier en juillet 2006, selon une source proche du dossier.
MM. Betous et Brayard avaient déjà été poursuivis dans une procédure ouverte en 1997 au tribunal de Dunkerque. Cette enquête s’était achevée par un non-lieu du juge d’instruction, confirmé par la cour d’appel de Douai le 15 juin 2004 et par la Cour de cassation le 15 novembre 2005.

Suite à cet échec juridique, entre novembre 2004 et janvier 2006, des veuves de salariés décédés à la suite d’exposition aux poussières d’amiante, brandissant souvent une photo de leur mari disparu, ont défilé toutes les trois semaines autour du tribunal de Dunkerque pour réclamer justice.
Ces manifestations avaient cessé notamment après l’annonce de la création d’une « cellule amiante », placée auprès de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP, de la gendarmerie nationale), pour assister les magistrats
Pour l’Ardeva, « ce sont les actions menées par les veuves, les victimes de l’amiante (…) et celles et ceux qui ont participé aux marches pour la justice, contre l’oubli » qui l’ont permis.

Néanmoins, l’Ardeva ne crie pas victoire. Elle précise que « les veuves et les victimes reçoivent avec satisfaction les premiers résultats de leur combat mais restent vigilantes et attendent avec impatience que l’ensemble des responsables de cette catastrophe sanitaire rendent des comptes à la justice dans un délai raisonnable ».

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