Industrie/Négoce

Algo Paint : le crowdfunding pour développer les peintures aux algues

Mots clés : Peinture

Sorti du giron de sa maison-mère Felor en juin dernier, le fabricant breton de peintures aux algues Algo Paint a fait appel aux internautes pour son développement. 376 souscripteurs réunis au sein d’une holding spécifique détiennent maintenant 24,3% du capital et un siège au conseil d’administration.

Lorsqu’il y a quelques semaines, Lionel Bouillon sollicite Wiseed, plateforme financement participatif, il espère réunir 200 000 euros. Aussi, les 450 000 euros collectés constituent-ils une excellente surprise. « Ces fonds sont destinés au développement commercial mais aussi à la R&D », explique le PDG de d’Algo Paint, une SAS créée en juin dernier et qui affiche pour son premier exercice de quelques mois un chiffre d’affaires de 200 000 euros.

 

98% de composants bio-sourcés

 

En fait, tout démarre au sein de la maison-mère Felor où Lionel Bouillon arrive comme directeur général en 2000. Dans cette entreprise familiale de fabrication de peintures industrielles et pour le bâtiment située à Vern-sur-Seiche près de Rennes, la concentration opérée sur le marché se fait sentir. « La part du chiffre d’affaires généré par les peintures bâtiment s’érodait lentement. Cela a constitué le point de départ de notre réflexion », explique-t-il. « Nous avons cherché un marché de niche pour pallier nos baisses de commandes. Notre stratégie était de sortir de la chimie du pétrole, omniprésente dans les peintures traditionnelles. L’idée nouvelle est venue en utilisant un shampoing aux algues ».

Lionel Bouillon contacte d’abord l’Ifremer qui l’oriente vers le Centre d’études et de valorisation des algues (Ceva). Cet organisme situé dans les Côtes d’Armor et l’Ecole nationale de chimie de Rennes s’intéressent au projet. Le premier travaille à l’identification des algues et la seconde à remplacer les produits d’origine chimique par des composants naturels. En Bretagne, la filière des algues est bien structurée : elle est sollicitée depuis longtemps par l’industrie agroalimentaire mais aussi cosmétique. « La mise au point des prototypes a démarré en 2009 pour aboutir fin 2012 à un dépôt de brevet », résume Lionel Bouillon.

Reste alors à trouver des peintres professionnels pour tester la nouveauté. Mais là, impossible de s’adresser directement aux entreprises de peinture liées à leurs fournisseurs. « À Rennes, un promoteur et quelques collectivités ont accepté d’essayer nos produits », se souvient le PDG. Ensuite, tout s’enchaîne : lauréat d’un concours d’innovation en Ille-et-Vilaine, grand prix Entreprise et Environnement du ministère de l’Écologie en 2014 et enfin grand prix de l’innovation au dernier salon des maires.

 

Gamme spécifique pour les professionnels


« En 2013, nous commencions à tester nos premiers pots avec les professionnels quand Mr Bricolage nous a proposé de créer une gamme grand public », se souvient Lionel Bouillon. De fait, initialement développés pour les peintres professionnels, ces produits débouchent sur une nouvelle gamme, disponible depuis mars 2014 dans cette enseigne. Depuis, d’autres grandes surfaces suivent.

Du côté des professionnels, les choses évoluent : Algo Paint est actuellement en pourparlers avancés avec un fabricant de peintures qui dispose d’un réseau de plusieurs dizaines de points de vente. Il est vrai qu’entre temps, Lionel Bouillon a sollicité deux bureaux d’études pour certifier la qualité de l’air intérieur après application. Résultat : « La FDES ou fiche de données environnementales et sanitaires atteste d’un taux de composés organiques volatiles 10 fois inférieur à celui du seuil le plus exigeant d’une peinture éco-label », se félicite Lionel Bouillon. Parallèlement, Algo Paint travaille ses emballages pour aboutir à des pots fabriqués à partir de matières recyclées.

Après plus de 500 000 euros d’investissement, le dirigeant a souhaité en juin dernier sortir Algo Paint du giron de Felor. « D’une part, car cette aventure a grevé les résultats de Felor, entreprise à capitaux familiaux, et d’autre part, nous avons le fonctionnement d’une start-up », considère Lionel Bouillon. Les banques sollicitées exigeaient une contrepartie, à savoir une entrée au capital. « Nous estimons que le consommateur final peut constituer un levier considérable, notamment en termes de prescription. D’où notre appel à une plateforme spécialisée pour lever des fonds auprès du grand public », explique le PDG.

Les projets ne manquent pas : développer l’export et constituer l’Algo Team, un club d’applicateurs professionnels agréés par la marque et qui bénéficieront de nuanciers différents ou encore d’outils de communication spécifiques. Un premier membre a déjà été agrée : l’entreprise Tiriault à Rennes.

 

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