Entreprises de BTP

Albert Mahé (Fédération des SEM) : « Nous n’avons pas peur de la concurrence »

A l’occasion du 39e Congrès des sociétés d’économie mixte (SEM), Albert Mahé, président de la Fédération des SEM évoque pour « Le Moniteur » les récentes évolutions de l’environnement réglementaire.

Quel est aujourd’hui l’état d’esprit des SEM ?

Tout dépend de leur secteur d’intervention. Cependant, des mutations traversent l’ensemble du mouvement SEM. La plus marquante est la pression concurrentielle de plus en plus forte. La mise en concurrence régulière de nos contrats est parfaitement intégrée dans notre culture. Mais notre culture ne se réduit pas à la compétition. Gagner des appels d’offres, c’est très bien mais ce qui compte vraiment, comme toujours, c’est la finalité. La nôtre est de faire gagner les territoires.

En matière d’aménagement, les SEM sont-elles prêtes à affronter la concurrence?

Il y a déjà plusieurs mois qu’elles l’affrontent. L’un des facteurs-clefs de succès dans ce secteur, c’est d’abord la capacité opérationnelle à porter une opération complexe: il faut de l’expertise et des références convaincantes. La pratique opérationnelle des collectivités et la connaissance du territoire sont aussi des critères discriminants. De ce point de vue, les SEM ont une longueur d’avance. Elles sont aujourd’hui les chefs d’orchestre des plus importantes opérations urbaines conduites en France. Citons l’aménagement de l’Ile de Nantes, de la ZAC Rive gauche à Paris, de Lyon Confluence ou la revitalisation des centres-villes de Marseille, Bordeaux, Roubaix ou Tarbes. A mettre également à leur crédit: une parfaite connaissance des territoires et des stratégies des différents opérateurs urbains, ainsi que la faculté de savoir travailler pour et aux côtés des élus locaux.
Les SEM savent aussi initier et coordonner des partenariats entre collectivités et entre acteurs publics et privés. Autre plus-value notable: les Sem d’aménagement vont bien au-delà de la simple mission d’aménageur. Elles intègrent dans leurs opérations des préoccupations d’intérêt général liées à la lutte contre les exclusions, à l’intégration économique, à la médiation culturelle, à la sécurité urbaine, à l’environnement… Enfin, toutes leurs interventions s’effectuent dans une vision à long terme et ne sacrifient rien au nom d’une rentabilité immédiate.

Avec la restructuration de l’offre HLM, les SEM immobilières seront-elles obligées de se diversifier?

Ces deux phénomènes ne sont pas liés. Depuis très longtemps, les SEM immobilières ont d’autres cordes à leur arc que la construction et la gestion de logements sociaux, intermédiaires ou libres. Elles interviennent dans le domaine de l’immobilier d’entreprises où elles gèrent plus d’1,5 million de m² de bureaux et surfaces commerciales. Elles ont également acquis des compétences en matière d’aménagement et de construction d’équipements. Elles sont encore en première ligne pour le traitement des copropriétés dégradées et la restructuration des centres villes dégradés. Enfin, grâce à leurs connaissances aiguës du marché immobilier, des stratégies et pratiques des différents acteurs, les SEM immobilières préparent les conditions de la réussite des opérations portées par les promoteurs privés dans une logique de partenariat public-privé pérenne. En définitive, la restructuration de l’offre HLM a pour principale conséquence d’inciter les SEM immobilières à faire valoir leurs différences et leur valeur ajoutée.

Comment se concrétisent les espoirs de diversification nés de l’acte II de la décentralisation?

Les élus locaux appréhendent peu à peu la gestion de leurs nouvelles compétences mais le cadre budgétaire de la décentralisation est encore une importante source d’interrogations pour eux. Il n’y a donc pas de raz de marée au niveau de la création de SEM dans ces domaines, sauf en matière de développement économique où trois SEM se sont créées en un an et onze projets sont en gestation. C’est une matière dans laquelle les SEM peuvent apporter beaucoup aux conseils régionaux qui en seront les acteurs clés.

Propos recueillis par Josette Dequéant (cet interview est extrait du « Moniteur » du 7 octobre 2005)

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