Environnement

Air : les bâtiments publics sous surveillance

Des campagnes de mesures dans des lieux fréquentés par le public mettent en évidence la mauvaise qualité de l’air intérieur des écoles et des piscines. Parmi les solutions : mieux ventiler et abandonner le chlore.

Des campagnes de mesures des polluants présents dans les bâtiments scolaires, initiées par l’OQAI ou d’autres organismes, montrent la médiocre qualité de l’air intérieur. L’absence d’un renouvellement d’air suffisant est mise en avant, provoquée par le manque d’ouverture des fenêtres pour diverses raisons : sécurité des enfants, déperditions de chaleur, comportement du personnel. Le tout dans des bâtiments dont l’isolation et l’étanchéité à l’air sont augmentées. La fermeture permanente des fenêtres pourrait être compensée par un système de ventilation efficace.

C’est rarement le cas car ce dernier n’est pas obligatoire et, s’il est installé, le système est souvent mal conçu, mal réglé (le débit d’air neuf réglementaire de 15 m3 par heure par personne n’est pas respecté) et/ou mal entretenu. Bilan : des effets néfastes sur la santé des occupants et sur les résultats scolaires.

Sensibiliser les usagers à l’aération des locaux

Les actions de l’OQAI et celles menées dans le cadre du Plan national santé environnement doivent permettre d’améliorer la ventilation des locaux. Mais celle-ci passe d’abord par une sensibilisation des enseignants à l’ouverture régulière et temporaire des fenêtres sans pour autant enfreindre les règles de sécurité, ni favoriser une perte importante de calories.

Cette mauvaise qualité de l’air intérieur concerne bien d’autres lieux fréquentés par le public.


C’est le cas des piscines où, paradoxe, la désinfection de l’eau des bassins conduit à une pollution de l’air. La déchloramination de l’eau par des lampes UV, très utilisée dans ce type de locaux, génère une production de trichloramines et de trihalométhanes dans l’air. Or, on sait que les premières sont des produits irritants pour les yeux et le système respiratoire, et que le chloroforme est un trihalométhane classé cancérogène probable pour l’homme. C’est pourquoi une récente circulaire de la Direction générale de la santé (22 février 2008) impose deux fois par an des mesures de concentration dans l’air de ces produits. « Les mesures effectuées par Atmo Picardie montrent que les doses dépassent souvent le seuil de confort (0,5 mg/m3) », constate Alain Cornille, directeur de cette association de surveillance de la qualité de l’air. C’était le cas dans la piscine de Villers-Cotterêts (Aisne) où la solution est venue de l’utilisation d’une autre méthode que la chloration de l’eau, à savoir son ozonisation. Seul inconvénient : le coût de l’opération.


C’est aussi un problème de financement qui risque de freiner la formation des conseillers médicaux en environnement intérieur (CMEI), capables de réaliser un diagnostic sanitaire et de préconiser des solutions. Un sujet qui doit être pris en compte dans les chapitres sur la qualité de l’air intérieur de la prochaine loi sur l’air.


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