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Aide à l’embauche, formation, entrepreneuriat… Le plan pour l’emploi de François Hollande

Mots clés : Apprentissage - Apprentissages - Gouvernement - Monde du Travail - PME - Sécurite civile

Le président de la République, qui a déclaré « l’état d’urgence économique et social », a présenté le 18 janvier un ensemble de mesures en faveur de l’emploi. Aide à l’embauche dans les PME, formation des chômeurs et apprentissage en sont les principaux fers de lance.

François Hollande arrivera-t-il à inverser la courbe du chômage avant la fin du quinquennat, condition qu’il avait lui-même posée comme un préalable à sa candidature à un deuxième mandat ? Le président de la République a en tout cas livré, le 18 janvier au Conseil économique social et environnemental (Cese), devant les acteurs de l’entreprise et de l’emploi, un ensemble de propositions « d’urgence » en faveur de l’emploi, dont les trois principales touchent l’aide à l’embauche dans les PME, la formation des chômeurs et l’apprentissage. Le coût de l’ensemble de ces mesures est estimé à 2 milliards d’euros et « seront financés sans prélèvement supplémentaire d’aucune sorte » promet le chef de l’Etat.

 

Compétitivité : une aide forfaitaire de 2 000 euros dans les PME

 

Sur l’emploi dans les PME, le chef de l’Etat a annoncé que une aide forfaitaire de 2 000 euros par an pendant deux ans sera versée aux entreprises de moins de 250 salariés pour tout salarié embauché à plein temps en CDI ou en CDD de plus de 6 mois et rémunéré entre 1 et 1,3 fois le Smic. Ceci avant le 31 décembre 2016. François Hollande a précisé que cette mesure, dont le coût prévisionnel est de 1 milliard d’euros, était « établie pour deux ans, le temps de transformer le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges définitive pour les entreprises » (1). Cette évolution offre, selon le chef de l’Etat, un triple avantage : la « clarté » pour l’entreprise, la « pérennisation » du dispositif et la « généralisation » à l’ensemble des activités.

Le chef de l’Etat a par ailleurs estimé que le pacte de responsabilité, qui représente un effort de 40 milliards d’euros pour les finances publiques, avait produit des résultats significatifs –« le coût du travail dans l’industrie est désormais inférieur à celui de nos voisins allemands »- mais encore insuffisants. C’est pourquoi il faut selon lui faire l’évaluation du pacte de responsabilité. « C’est indispensable pour que toute la clarté soit faite sur les engagements des uns et des autres », a-t-il justifié à l’adresse du patronat. Cette évaluation sera faite « à la fin de ce mois », a-t-il poursuivi.

Du côté de la compétitivité toujours, François Hollande a redit que la réforme des prud’hommes, introduite dans la loi Macron, sera « parachevée en introduisant notamment le plafonnement pour les indemnités en fonction de l’ancienneté ». La réforme du travail, portée par Myriam El Khomri, sera pour sa part engagée « pour adapter le droit du travail à la réalité économique des entreprises ». Prochaine étape : la proposition la semaine prochaine des « grands principes du droit du travail » par la commission Badinter, dans le prolongement du rapport Combrexelle.

 

500 000 formations supplémentaires pour les demandeurs d’emplois

 

François Hollande a annoncé qu’en 2016, le nombre de formations ouvertes aux demandeurs d’emploi sera doublé, et porté à 1 000 000. Soit 500 000 nouvelles formations par rapport à 2015, pour un coût estimé là aussi à 1 milliard d’euros. « Il ne s’agit pas d’une mesure conjoncturelle ou d’un artifice statistique, mais bien d’une mesure structurelle », a martelé le président de la République. Il s’agit de « pourvoir les emplois disponibles mais qui ne trouvent pas preneurs faute de personnels qualifiés en nombre suffisants ». Et le chef de l’Etat de citer des secteurs en expansion, comme celui de la « transition énergétique », et des activités traditionnelles comme le « bâtiment », un secteur qui « repart » même si, note François Hollande, « les travaux publics stagnent ».

 

Booster l’apprentissage

 

Concernant l’apprentissage, le président de la République veut généraliser les formations reconnues par un titre professionnel délivré par l’Etat, en complément des diplômes de l’Education nationale. François Hollande a aussi annoncé que 1 000 enseignants seraient recrutés d’ici 2017, pour assurer 500 nouvelles formations en alternance. Il souhaite ausi permettre « des entrées en apprentissage tout au long de l’année ». Enfin, les entreprises pourront ouvrir des centres de formation d’apprentis (CFA) et « des jumelages entre lycées professionnels et les CFA seront faits pour décloisonner les parcours ».

François Hollande a par ailleurs estimé que le contrat de professionnalisation -qui ne concerne pas que les jeunes- devrait être davantage proposé aux demandeurs d’emploi. « L’objectif pourrait être 50 000 bénéficiaires au lieu de 8 000 aujourd’hui », a-t-il précisé.

 

La mobilisation des régions

 

La formation professionnelle et l’apprentissage sont au cœur de la responsabilité des régions. C’est pourquoi François Hollande souhaite mobiliser leurs exécutifs. Il s’est dit « prêt à faciliter toutes les expérimentations possibles, et même à modifier la loi si nécessaire pour étendre les compétences de ces collectivités ».

 

Temps de travail

 

Par ailleurs, François Hollande a précisé que la loi El Khomri sur la réforme du marché du travail « confèrera à l’accord d’entreprise la responsabilité de fixer les modalités d’organisation du temps de travail, sans remettre en cause la durée légale ». Il sera ainsi possible de de fixer, au sein de l’entreprise, le taux de majoration et le nombre d’heures supplémentaires ou de moduler davantage le temps de travail au-delà même de l’année.

 

Favoriser l’entreprenariat

 

Last but not least, François Hollande souhaite qu’en 2016 soient levés les freins à l’entreprenariat. Citant Emmanuel Macron – « Trouver un client est plus facile que de trouver un employeur – , le chef de l’Etat a estimé que si « les qualifications préalables pour exercer de nombreux métiers sont nécessaires, elles peuvent parfois constituer des barrières, par exemple quand le diplôme est sans lien avec le métier exercé ». C’est ainsi qu’il a demandé au ministre de l’Economie, au grand dam des artisans du bâtiment, de « revoir le système de qualification afin de permettre au plus grand nombre d’exercer ».

 

(1) la prime « première embauche », décidée en juin 2015 pour les TPE, sera élargie aux CDD de plus de 6 mois (contre 12 mois actuellement) et prolongée jusqu’au 31 décembre.

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