Aménagement

Afghanistan : 4,5 milliards de dollars sur 5 ans

Les pays donateurs participant à Tokyo à la conférence internationale sur la reconstruction de l’Afghanistan se sont engagés mardi 22 janvier 2002 à apporter 1,8 milliard de dollars en 2002 dans le cadre d’un effort financier qui atteindra au total 4,5 milliards de dollars sur cinq ans, selon la déclaration finale obtenue par l’AFP.
« Plus de 1,8 milliard de dollars d’aide a été annoncé pour 2002. Certains donateurs ont pris des engagements pluriannuels et selon des calendriers variés. Leur montant total dépasse 4,5 milliards de dollars. En outre, certains pays se sont engagés à soutenir matériellement la reconstruction sans spécifier la valeur monétaire », selon le communiqué.

Le communiqué prévoit cependant que l' »assistance sera conditionnée au fait que toutes les parties afghanes contribueront positivement au processus et objectifs de (l’accord de) Bonn qui est d’établir la paix, un gouvernement représentatif, la stabilité de l’Afghanistan eet l’élimination du terrorisme, de la production et du trafic de narcotiques ».
L’autorité afghane a, selon le communiqué, identifié six priorités clefs pour la reconstruction : renforcement des capacités de l’administration, l’éducation surtout des filles, la santé et les soins, les infrastructures, surtout les routes, l’électricité et les télécommunications, la reconstruction d’un système économique et le développement agricole et rural, y compris en matière de sécurité alimentaire, gestion des eaux et revitalisation du système d’irrigation.

Interrogé sur sa réaction face au résultat de la conférence, Hamid Karzai, chef du gouvernement intérimaire afghan a lancé dans un grand sourire: « c’est bien ». Mais son entourage a été plus enthousiaste.
Le ministre afghan de la Reconstruction, Amin Farhang, a confié à quelques journalistes qu’il était « très content » des promesses. Il a promis la mise en place de « mécanismes pour coordonner les aides ». La co-présidente de la conférence Sadako Ogata a indiqué qu’un « comité d’application » sera établi sur place à Kaboul, à cet effet et sera présidé par l’autorité afghane.
« C’est sans précédent, jamais on aurait imaginé recevoir autant », a indiqué Torek R. Faradi, conseiller économique du gouvernement intérimaire afghan et membre de la délégation afghane.

« Tout ceci est une surprise pour nous, nous n’aurions jamais pensé qu’un jour à Tokyo autant de pays se réuniraient pour promettre autant d’argent. C’est sans précédent comme tout ce qui arrive à l’Afghanistan ces derniers mois », a déclaré à l’AFP M. Faradi qui fait partie des exilés mais va se réinstaller prochainement à Kaboul.
Grâce aux promesses de dons faites par les donateurs de Tokyo, l’Afghanistan « n’est pas un pays insolvable, c’est un pays très solvable, nous pouvons nouer des sortes d’arrangement de dettes », a noté M. Faradi.

« Nous sommes conscients que si une petite erreur est commise, nous risquons de perdre la confiance des opinions publiques des pays donateurs », a déclaré le conseiller économique, qui est un haut responsable d’une banque commerciale aux Etats-Unis et a fait ses études en France.
Quelque 60 pays et 20 organisations internationales étaient réunis lundi et mardi à Tokyo pour définir leur participation à l’effort de reconstruction de l’Afghanistan, dévasté par vingt années de guerre.
Dans le communiqué, l’autorité afghane s’est engagée à être transparente, efficace et responsable de ses actes, à revitaliser la tradition d’entreprise privée existant dans le pays et à s’impliquer dans le déminage et le soutien aux victimes de guerre.

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