Commande publique

Achats responsables : la professionnalisation est en marche

L’Observatoire des achats responsables présente son baromètre dédié lors de son forum du 8 mars à Paris.

Chaque année, l’Observatoire des achats responsables (Obsar) diffuse un questionnaire en ligne à ses adhérents et partenaires pour prendre la température des pratiques d’achats responsables dans les secteurs public et privé. Près de 350 responsables achats (dont 2/3 d’entreprises et 1/3 d’entités publiques) ont joué le jeu pour la 7e édition du baromètre réalisé par OpinionWay et publié courant février.

 

Professionnalisation en cours

 

La maturité des organisations sur la question des achats responsables continue de progresser. 81 % des répondants affirment avoir une bonne connaissance en la matière (+6 points par rapport au baromètre 2015) et 42 % estiment prioritaire leur politique d’achats responsables. Ils ont ainsi diffusé la démarche en interne (74 %), formalisé des objectifs (71 %) qui ont été atteints (61 %). Les autres priorités des politiques achats restent la réduction des coûts (79 %) et des risques (43 %), et l’innovation (45 %). Mais « l’a priori initial du surcoût budgétaire lié aux achats responsables pèse de moins en moins », se félicite Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises. Le principal frein aux achats responsables n’est plus tant la question budgétaire (-10 points par rapport à l’an passé, à 41 %), mais celui du manque d’indicateurs et de référentiels clairs (45 %).

 

Coût global : peut mieux faire

 

L’estimation du coût global des achats n’a pas progressé. Si 69 % des répondants appréhendent les coûts globaux des produits acquis, Guy Isimat-Mirin, vice-président de l’Obsar juge cette part encore insuffisante. Il estime que « la méthodologie en la matière doit être complétée et affinée par familles d’achats ». D’ailleurs, la future norme ISO 20400 « achats responsables » intègre une méthodologie d’estimation du coût global. Celle-ci fera l’objet de groupes de travail sectoriels au sein de l’Obsar pour la décomposer par secteur d’activité (industries extractives, transports et logistique, énergie, logement social, etc.).

Autre constat : le calcul de la fin de vie ou du recyclage est moins considéré que le coût global alors qu’ils en sont des composants. C’est dans ce contexte que le groupe d’études marchés développement durable (GEM-DD) de la Direction des affaires juridiques (DAJ) de Bercy élabore actuellement deux guides, l’un sur le coût global et l’autre sur le coût du cycle de vie.

 

Faire évoluer les règles sur la RSE et la préférence locale 

 

Alors que 58 % des sondés ont une bonne connaissance du caractère responsable de leurs fournisseurs (+6 points par rapport à l’an dernier), les acheteurs publics font office de mauvais élèves, car « ils se concentrent sur la qualité de l’offre », pointe Annie Sorel, membre de l’Obsar. « Le principe de non-discrimination contenu dans les directives européennes de 2014 relatives aux marchés publics ne leur permet pas de sélectionner les entreprises sur la base de leur responsabilité sociétale et environnementale (RSE) globale », rappelle le secrétaire général de l’Obsar, Gérard Brunaud. Souhaitant voir évoluer cette règle, l’Obsar a proposé à la DAJ de Bercy de modifier le projet de décret relatif aux marchés publics pour permettre aux acheteurs de prendre en compte dans les critères de sélection la RSE qui s’attache aux conditions de production et de commercialisation des travaux, services ou fournitures achetés. L’Observatoire l’a également intégré dans la future norme ISO 20400 « achats responsables ». Autre demande de modification du projet de décret : étendre à l’industrie extractive des matériaux de construction (carrières de grès, granits, sables, etc.) la préférence locale prévue pour l’alimentation.

 

Délais de paiement : légère amélioration

 

Si l’image et le respect des normes restent les moteurs d’une politique d’achats responsables, leur importance baisse. « Les achats responsables apparaissent de plus en plus comme un moyen de mieux appréhender les risques fournisseurs », constate le baromètre. 79 % des organisations interrogées disposent au moins d’une cartographie des risques (+19 points par rapport à l’an passé). D’ailleurs, les acheteurs cherchent notamment à lutter contre le travail dissimulé (52 %), dont « ils ont beaucoup souffert, notamment en matière de travaux publics, rappelle Gérard Brunaud. L’intelligence entre acheteurs et fournisseurs se développe, notamment du fait de la simplification des procédures et d’une baisse du taux de dépendance des fournisseurs », constate-t-il. En effet, 85 % des répondants cherchent à limiter l’impact des procédures achats sur leurs fournisseurs. Deux tiers des répondants allotissent leur marché à des entreprises de moins de 250 salariés. « La pratique de l’allotissement est devenue la règle dans le public », précise le baromètre. Toutefois, signale Pierre Pelouzet : « On ne peut pas avoir une politique d’achats responsables sans traiter le fléau des retards de paiement ». En la matière, la tendance est à la baisse par rapport à l’an passé, surtout dans le secteur public. Davantage d’acheteurs payent en moins de 30 jours. Petit bémol : « Ceux qui payaient déjà vite payent mieux, mais du côté des mauvais payeurs, ça s’aggrave ! », s’inquiète Annie Sorel.

 

Extrait du baromètre 2016 de l’Obsar/OpinonWay

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