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Accord historique pour un gazoduc entre le Turkménistan et le Pakistan

Les dirigeants du Pakistan, d’Afghanistan et du Turkménistan ont signé à Islamabad un accord historique, premier pas vers la construction d’un gazoduc entre le Turkménistan et le Pakistan via l’Afghanistan.
L’accord porte sur une étude de faisabilité et la recherche de financements pour ce gazoduc de 1500 kilomètres de long devant relier le gisement de Daulatabad, au Turkménistan, au port pakistanais de Gwadar, sur la mer d’Arabie, un projet à plusieurs reprises différé en raison des guerres en Afghanistan.
« Cet ouvrage constituera la voie la plus courte pour l’acheminement des ressources pétrochimiques d’Asie centrale vers l’Extrême orient, le Japon et l’ouest », a souligné le président pakistanais, le général Pervez Musharraf, lors de la cérémonie de signature.
« Avec le retour graduel de la paix et la stabilité en Afghanistan, nous sommes sûrs que ce projet sera réalisé dans un avenir proche », a-t-il ajouté.

Le gaz sera liquéfié dans une usine du port de Gwadar, dans le sud-ouest du Pakistan, avant d’être exporté, a indiqué le président pakistanais.
Ce projet, devenu réalisable depuis la chute du régime afghan des talibans, est particulièrement cher au Turkménistan, qui possède de vastes ressources en gaz naturel, aujourd’hui mal exploitées en raison de la situation géographique enclavée de cette république ex-soviétique d’Asie centrale, et du manque d’équipements pour acheminer ces ressources.
Un projet d’oléoduc en parallèle au gazoduc est également à l’étude.
Les trois participants au sommet, le général Musharraf, le chef du gouvernement intérimaire afghan Hamid Karzaï et le président turkmène Saparmurat Niyazov, ont par ailleurs discuté du développement des liaisons routières et ferroviaires entre leurs pays, et des moyens de dynamiser leurs relations commerciales.
Un nouveau sommet est prévu en octobre.

Selon l’économiste A. R. Kamal, directeur de l’institut pakistanais du développement, ce n’est pas une coïncidence si cet accord intervient quelques mois seulement après l’installation d’un nouveau régime à Kaboul.
« Le problème de base était celui de la sécurité en Afghanistan. Si ce problème saute, alors c’est une percée importante. Le projet existait depuis le début des années 90, mais la situation de guerre et d’instabilité en Afghanistan était le principal obstacle », a expliqué M. Kamal.
Hamid Karzaï a affirmé que les problèmes de sécurité qui persistent dans son pays ne constitueraient pas un obstacle au projet.
« Les incidents qui sont rapportés ne sont rien d’autre que des incidents dont le village voisin n’a même pas entendu parler », a dit M. Karzaï.
« Pour un pays qui a traversé 23 ans de guerre, nous avons maintenant une situation de paix à travers tout le pays. Nous avons des transports, des mouvements de population. Nous avons plus de 800000 réfugiés rentrés d’Afghanistan, du Pakistan, d’Iran et du Kazakhstan », a expliqué le dirigeant afghan.

« La stabilité en Afghanistan est très, très satisfaisante, si l’on garde en mémoire ce qu’était la situation il y a cinq mois », a-t-il ajouté.
Le général Musharraf s’est même dit prêt à laisser de côté ses divergences avec l’Inde, voisin et rival du Pakistan, pour que ce pays soit raccordé au pipeline.
« Nous accepterons un pipeline qui traverserait le Pakistan vers l’Inde », a-t-il affirmé.
« Nous le ferions aussi pour nous-mêmes, franchement, il en va de notre intérêt. Notre position sur ce projet reste inchangée quelles que soient les tensions avec l’Inde », a affirmé le général Musharraf, alors que la tension militaire est au plus haut entre son pays et l’Inde.

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