Règles techniques

Accessibilité et sécurité incendie dans les centres commerciaux : une équation très complexe à résoudre et des solutions coûteuses

Mots clés :

Accessibilité

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Établissement recevant du public (ERP) ou assimilé

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Collectivités locales

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Conception

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Établissement recevant du public (ERP) ou assimilé

Si l’application de l’arrêté du 24 septembre 2009 prend en compte les conditions d’évacuation des personnes handicapées dans les établissements recevant du public (ERP), elle conduit, selon Alex Maire, directeur technique du bureau d’études en sécurité incendie CSD-FACES, à des exigences techniques aberrantes pour certains bâtiments comme les centres commerciaux. Entretien.

Que dit cet arrêté ?

 

Alors que la loi du 11 février 2005 pose le principe de l’accès des personnes handicapées dans les établissements recevant du public (ERP), rien n’était prévu sur leurs conditions d’évacuation, avant  l’arrêté du 24 septembre 2009. Ce dernier modifie en profondeur le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public. Il introduit plusieurs dispositifs, parmi lesquels l’adaptation des règles de sécurité aux capacités des personnes qui fréquentent l’établissement recevant du public, mais aussi la création d’espaces d’attente sécurisé, « zone à l’abri des fumées, des flammes et du rayonnement thermique : une personne, quel que soit son handicap, doit pouvoir s’y rendre et, si elle ne peut poursuivre son chemin, y attendre son évacuation grâce à une aide extérieure ». Ces espaces doivent être de taille suffisante pour accueillir au moins 2 personnes en fauteuil roulant ou plus si l’étage de cet ERP accueille un public nombreux.



Quelle dérive dénoncez-vous précisément dans les magasins ?

 

On peut citer un centre commercial neuf en banlieue ; il n’y a qu’un étage partiel. Néanmoins, les contraintes d’évacuation différées obligent à créer des espaces d’attente sécurisés pour 150 fauteuils.
Puis évoquons aussi, un magasin de sept niveaux en rénovation au cœur de la capitale ; l’architecte est contraint de trouver des espaces pour protéger 92 personnes en fauteuils.
Les chiffres sont évocateurs.
D’autres établissements comme les dancings par exemple sont confrontés à des situations ubuesques car la réalité de fréquentation n’est pas prise en compte.

 

Et que faut-il faire pour remédier à ces dérives ?

 

Les textes actuels sont jeunes et méritent d’être amendés suite aux retours d’expérience. Des assouplissements et des précisions pour l’application de ces derniers seraient appréciés de tous les acteurs de l’acte de construire. Des ratios peuvent être modulés suivant les activités. Le comportement humain doit être pris en compte qu’il s’agisse de la solidarité des personnes valides ou de l’acceptation par la personne en fauteuil de rejoindre et de s’enfermer dans un lieu inconnu.

Les services de l’Etat en charge de l’élaboration et de l’application de ces textes sont impliqués et réactifs. Il ne fait nul doute que les adaptations nécessaires surviendront. 

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