Immobilier

Accessibilité et performance énergétique : La Poste doit mieux faire

Mots clés :

Accessibilité

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Efficacité énergétique

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Finances publiques

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Gestion et opérations immobilières

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Gestion immobilière

La Cour des comptes a rendu public, le 18 février 2016, un rapport sur la gestion immobilière du groupe La Poste via notamment sa filiale Poste Immo. Si le pôle immobilier de La Poste est parvenu à rénover une part importante du parc, à le rendre accessible et performant énergétiquement, cela s’est fait trop souvent sans bien compter ou mesurer les économies effectivement réalisées.

Chargée depuis 2013 du contrôle de la politique immobilière du Groupe La Poste, la Cour des comptes a passé au crible l’organisation de la gestion de son parc de bâtiments, les dépenses liées à son extension et à sa rénovation et les recettes tirées des cessions et des économies réalisées.

Son constat est clair : la politique d’optimisation n’est pas assez efficace. Ainsi le Groupe La Poste est en retard sur son objectif de mise en accessiblité de ses bâtiments et la rénovation énergétique du parc,

 

Accessiblité : en retard sur les objectifs

 

La Poste s’est engagée à respecter l’objectif d’accessibilité de 100 % de son parc patrimonial fixé par la loi de 2005. Avec des dépenses de travaux en hausse constante (4,9 M€ en 2010, 7,7 M€ en 2011 et 9,8 M€ en 2012, près de 15 M€ en 2014), le Groupe n’a pas lésiné. Toutefois, « seulement 84 % des sites patrimoniaux du réseau et 51 % de son parc locatif étaient accessibles aux personnes à mobilité réduite à la fin de 2014 », note la Cour.

 

Rénovation énergétique : des dépenses mal maîtrisées, des économies mal mesurées

 

La Poste a affiché comme objectif, pour la période 2013-2018, une diminution du coût de ses consommations énergétiques de 25 % à l’horizon 2018, soit une économie d’environ 30 M€ par an rappelle la Cour des comptes. Pour un coût estimé par Poste Immo, la foncière du Groupe La Poste, à 340 M€ au minimum. Un montant de travaux chauffage, climatisation, ventilation ou couverture sur une sélection d’immeubles dont près de la moitié ont plus de 50 ans qui permettraient de réduire les consommations énergétiques de 15 %. La modification des comportements des salariés représenterait les 10% d’économies restants. Un élément incontournable. En effet,  « en l’absence d’économies liées aux comportements, le coût de la réalisation de l’objectif pourrait atteindre 800 M€ selon Poste Immo, soit un montant jugé insoutenable par ce dernier », explique la rapport de la Cour des comptes.

Le problème crucial pointé par la Cour des Comptes, c’est que Poste Immo « ne dispose d’aucune estimation des dépenses déjà effectuées : il n’existe actuellement pas d’identification des travaux d’amélioration énergétique par rapport aux autres travaux dans les bases de données financières », pointe le rapport. La Cour des comptes recommande donc au Groupe La Poste « de se doter d’un outil de mesure et de suivi des dépenses liées à l’objectif de réduction de la facture énergétique, ainsi que des économies réalisées ».

 

La réponse de Poste Immo

 

Poste Immo qui déclare  « adhèrer à cette recommandation » et a déclaré à la Cour des Comptes avoir déjà initié les actions suivantes :

– Mise en place d’un EDI (Échange de Données Informatisées ou en version originale Electronic Data Interchange, un échange d’informations automatique entre deux entités à l’aide de messages standardisés, ndlr), permettant d’obtenir les données de consommations d’énergie facturées (KWh).

– Signature fin 2015 avec un grand opérateur du marché d’un protocole visant à mettre en place une société commune qui développera un outil de management de l’énergie permettant une offre complète : collecte et mise en visibilité des données de consommations énergétique des bâtiments; identification des axes d’optimisation de la performance énergétique et proposition de plans d’actions pour le propriétaire et les occupants (sensibilisation, politique d’achat d’énergie, équipements et travaux) ; comparaison entre les bâtiments et pilotage de la performance énergétique du parc (suivi des économies).

Poste Immo ajoute « qu’après expérimentation sur les parcs des partenaires, cette offre pourrait être proposée sur le marché ».

 

 

 

 

Focus

Une opération symbolique commencée il y a plus de dix ans : la poste du Louvre

Dans son catalogue des opérations immobilières du groupe La Poste, la Cour des comptes fait un focus sur cette opération qui concerne le bâtiment « qui est, sans doute, le plus emblématique pour le Groupe La Poste : le plus grand centre de distribution du courrier de France desservant les quatre premiers arrondissements de Paris et le premier bureau de poste, recevant plus de 3 000 personnes par jour, ouvert 24h/24 toute l’année ». Un bâtiment qui présente « une obsolescence de plus en plus marquée et nécessite d’importants travaux de rénovation », et surtout qui présente des surfaces vacantes représentent environ 22 % de sa surface totale. Le coût de cette vacance est estimée par Poste Immo à environ 1 M€ par an.

La Cour des comptes rappelle que les premières études d’opportunité ont commencé en 2006, « avec le double objectif de concilier le maintien d’une occupation postale et une valorisation immobilière globale » et que les premiers projets initiés en 2008 (un espace public intégrant des commerces, des services et des espaces culturels) sont apparus non viables financièrement. Suite à la reprise des études par Poste Immo avec des cabinets de conseil en 2009, le groupe La Poste s’est orienté vers un projet occupant une surface totale d’environ 32 000 m² avec un bureau de poste (environ 6 500 m²), des surfaces de bureau (environ 10 000 m²), des services municipaux et de l’État (commissariat de police, halte-garderie – environ 4 000 m²), des logements sociaux (environ 1 200 m²), des commerces (environ 2 300 m²) et un concept hôtelier (environ 7 200 m²). À la suite du lancement d’une consultation fin 2011 c’est le projet présenté par Dominique Perrault qui a été retenu en juillet 2012 et le permis de construire a été obtenu le 15 novembre 2013. La consultation afin de rechercher un partenaire hôtelier a été lancée en 2013 et a abouti en octobre 2014. « Les travaux devraient s’achever en 2018, soit plus de dix ans après les premières études », note la Cour des comptes.

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