Réalisations

A Versailles, l’ancien hôpital royal à cœur ouvert

Mots clés : Rénovation d'ouvrage

Trois années de chantier ont été nécessaires pour sauver le site de Richaud à l’abandon pendant une dizaine d’années. Sa réhabilitation, inaugurée le 16 avril dernier, a permis la création de logements dans ce monument du XVIIIe siècle mais aussi la construction de nouveaux immeubles d’habitation et de commerces sur ses flancs. L’opération, surtout, a permis d’ouvrir le bâtiment sur la ville.

L’opération de réhabilitation de l’ancien hôpital royal de Versailles, qui a été inaugurée le 16 avril dernier, se raconte comme une histoire qui finit bien. Une issue qui aurait paru encore bien incertaine, il y a cinq ans, quand l’édifice situé à un kilomètre tout au plus de la place d’Armes du château, entre  la rue Richaud et le boulevard de la Reine, menaçait ruines. Construit entre 1781 et 1859, ce bâtiment classé depuis 1980, avait perdu ses fonctions hospitalières en 1997. En 2001, le ministère de la Justice l’avait acquis pour y installer la cour d’appel de Versailles, avant de renoncer à ce projet six ans plus tard.

« Richaud était devenu l’exemple même de la mauvaise gestion de l’Etat », raconte aujourd’hui François de Mazières, élu maire de la ville en 2008 alors même que l’avenir du monument en péril était devenu un enjeu de campagne électorale. L’édile rappelle aussi que l’exigence ne portait pas que sur le sauvetage d’un site squatté et plusieurs fois incendié. « Il tient une position stratégique, au cœur de la ville. Il ne fallait donc pas qu’il se transforme en enclave. » Lorsque le site est finalement acquis par le groupe de promotion OGIC en 2009, la municipalité récupère la chapelle centrale et les jardins pour l’euro symbolique avec la volonté de les ouvrir au public.

 

« Véritable opération d’urbanisme »

 

Un grand chantier est alors lancé à partir de 2011 et mené conjointement par l’agence d’architecture de Jean-Michel Wilmotte, qui avait utilement joué l’intermédiaire auprès d’OGIC pour convaincre le promoteur de se lancer dans ce projet, et l’architecte en chef des monuments historique Frédéric Didier, de l’agence 2BDM. Il s’agissait en effet de restaurer le H historique de l’ancien hôpital pour y aménager 66 logements hauts de gamme, des bureaux et une crèche tandis que l’ancienne chapelle est destinée à accueillir un centre culturel municipal.

 

 

Dans le même temps, des ensembles neufs ont été construits sur les flancs est et ouest du monument pour y accueillir 317 habitations dont une résidence étudiante de 82 places et neuf autres logements sociaux, ainsi que des commerces. « Nous avons donc là une véritable opération d’urbanisme, où sont présentes toutes les composantes de la ville », assure François de Mazières. Pour l’architecte Jean-Michel Wilmotte, qui milite depuis longtemps déjà pour la réutilisation du patrimoine pour des usages contemporains, « l’opération est un exemple à suivre pour les milliers de châteaux et autres lieux magnifiques qui sont à l’abandon en France. Ce site a été rendu aux habitants et il est devenu transparent ».

Le chantier a en effet rendu ce lieu plus perméable, d’en faire un petit quartier intégré au reste de la ville. Ainsi l’ancien hôpital et ses jardins peuvent être traversés par le public tandis que les nouveaux bâtiments ont été organisés autour de deux grands mails ouverts et piétonniers. Pertinente en matière urbaine, l’opération ne se distingue pas  en revanche par des constructions contemporaines d’exception. « Nous sommes en secteur sauvegardé, rappelle en effet Christian Oudart, chef de projet à l’agence Wilmotte & Associés. Les dimensions, la silhouette des toitures, le rythme des fenêtres nous étaient imposés.» La vedette du site devait demeurer l’ancien hôpital, les immeubles neufs sont donc restés poliment conventionnels.

 

Fiche technique

Maîtres d’ouvrage : SCI Le Carré Richaud, SCI Les Allées Richaud et SCI les Allées Foch

Maîtrise d’ouvrage déléguée : OGIC

Maîtres d’œuvre : Wilmotte & Associés, architecte ; 2BDM architectes, architecte en chef des monuments historiques ; Neveux-Rouyer, paysagiste ; Elan et Artelia, maîtrise d’œuvre d’exécution.

BET : Scyna 4 (structure), SETU (VRD), AVLS et MMS (acoustique), M.B. E. et Prelem (fluides et thermique), Fugro (sol), DAL (économiste), Batiplus (bureau de contrôle).

Constructeurs : Eiffage construction et Outarex.

 

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