Aménagement

A Toulouse, étudiants en architecture et promoteurs ont pensé ensemble cinq entrées de l’agglomération

Mots clés : Architecture - Etat et collectivités locales

Pendant le premier trimestre universitaire, 30 étudiants et une vingtaine de promoteurs ont planché sur cinq portes de l’agglomération toulousaine dans le cadre d’un partenariat inédit entre la fédération des promoteurs immobiliers de Midi-Pyrénées et l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse.

Le 19 mars, à Toulouse, dans le cadre du Salon du logement neuf organisé par la Fédération des promoteurs immobiliers de Midi-Pyrénées (FPI), 30 étudiants en master II de l’Ecole nationale d’architecture de Toulouse (Ensat) ont révélé au public leurs projets d’aménagement et 25 projets architecturaux issus de l’étude de cinq entrées de l’agglomération toulousaine.

Une vingtaine de promoteurs a participé à ces travaux dans le cadre d’un partenariat inédit entre la FPI et l’Ensat sous la houlette d’Uli Seher, architecte-urbaniste et enseignant, responsable du module «Utopies communautaires, le projet architectural et urbain». «Penser la requalification de ces franges de la métropole était un sujet d’étude de choix. Bien desservis par les infrastructures, souvent à l’interface entre le centre et le suburbain ou entre le suburbain et les zones agricoles, ces territoires souffrent aussi d’un manque de qualité et d’identité», explique l’enseignant qui a appliqué la méthode de travail des utopies communautaires dans un aller-retour permanent entre le terrain et l’atelier, le collectif et l’individuel.

 

Initiative de la FPI

 

L’initiative vient de la FPI. «Nous avons rencontré la direction de l’école avec l’envie de répondre à la question suivante : quelle architecture contemporaine pour Toulouse ? Personnellement, j’en ai assez de cette architecture monocorde que l’on retrouve partout. Nous voulions aussi rencontrer des futurs architectes pour rendre compte de nos problématiques», raconte Patrick Saint-Agne, président de la FPI de Midi-Pyrénées.

De son côté, Uli Seher voulait faire plancher ses étudiants sur la question de la conciliation entre croissance et personnalité sur l’aire urbaine toulousaine qui accueille chaque année 12 à 15 000 habitants supplémentaires. Il voulait aussi les amener à prendre en compte le climat et les filières locales qui peuvent contribuer à créer une identité propre. «Un exemple d’étalement urbain mais aussi d’une production de logements qui peine à s’adapter à notre société compte tenu de différentes données: un foncier de plus en plus figé, de coûts de production et de vente en déséquilibre avec le pouvoir d’achat et enfin, une typologie de logements en désaccord avec les réels besoins des habitants. C’était intéressant de mettre à plat la production immobilière, d’autant que la construction de la métropole est un processus de fabrication concernant de multiples acteurs», rappelle Uli Seher.

 

Cinq groupes de travail

 

D’un côté, les étudiants, répartis dans cinq groupes de travail, chacun dédié à une des cinq portes de l’agglomération toulousaine, se sont posé la question des visions à injecter pour faire évoluer le territoire. Sur l’ensemble du semestre, d’une durée de 16 semaines, les étudiants se sont retrouvés par groupe de six, une fois par semaine. De l’autre côté, les promoteurs sont intervenus pour expliquer leurs contraintes dans le cadre de cinq ateliers d’une demi-journée où ont été mélangés les problématiques et les enjeux d’aménagement suivants: foncier, chaîne de valeurs, typologies de logements, relation public/privé, identité/matérialité, densité/mixité, propriété. Au dernier atelier intitulé «enjeux politiques» sont intervenus deux vice-présidents de Toulouse métropole, Annette Laigneau et Franck Biasotto, respectivement en charge de l’urbanisme et du logement (cf. calendrier des réunions).

Aucun des cinq projets architecturaux a vocation à être mis en œuvre. Tel n’était pas l’objectif. Mais, les idées reçues sont tombées. Pour Monique Reyre, directrice de l’Ensa de Toulouse, l’initiative entrait «tout à fait dans son souhait d’une plus grande ouverture de l’école vers la société. C’est important pour la diffusion de la discipline architecturale».

Focus

Les cinq ateliers donnés entre les 22 septembre et 5 janvier derniers

Table ronde sur les «Usages»

Intervenants: Laetitia Vidal, Directrice commerciale Procivis Midi-Pyrénées.

 

Table ronde «Faire Ville»

Intervenants: Patrick Saint-Agne, Promoteur Saint-Agne Promotion et président de la FPI Midi-Pyrénées, et Jean Philippe Jarno, Directeur régional Midi-Pyrénées de Bouygues Immobilier.

 

Table ronde «Contraintes économiques»

Intervenants: Jean Baptiste Chiappe, Directeur général groupe Acantys, et Marc Vaissié, Promoteur Endroits de Cité.

 

Table ronde «Contraintes réglementaires et politiques»

Intervenants: Laurent Hugonenc, Directeur du développement Cogedim Midi-Pyrénées et Président du Club de l’Immobilier de Toulouse, et Cédric Le Bastard, Directeur du développement chez Saint-Georges Promotion.

 

Table ronde «Contraintes politiques et réglementaires»

Intervenants: Annette Laigneau et Franck Biasotto, vice-présidents de Toulouse métropole, respectivement en charge de l’urbanisme et du logement.

 

Trois exemples de travaux

 

La porte Nord-Est

Sur cette entrée d’agglomération longée par l’autoroute A62 et dominée par les zones pavillonnaires, les étudiants proposent de mettre en place deux grands pôles multimodaux en repoussant le péage de l’autoroute à son intersection avec la voie ferrée puis en en créant une autre entre le périphérique, l’autoroute et le chemin de fer. Dans un second temps, l’autoroute sera requalifiée en boulevard urbain. La préservation des espaces agricoles est un élément essentiel du projet. Pour cela, la mise en place d’un parc agricole, renforçant celui de Pin-Balma déjà présent, vient lier les différentes cultures avec des activités éducatives, sportives, culturelles et événementielles.

Partant du principe que la gare de péage devient obsolète et laisse un vaste foncier disponible, Cyril Nedelec a imaginé un «marché couvert». «Il sera le trait d’union dans ce parc agricole et l’infrastructure remarquable (le boulevard urbain, NDLR) dans cette séquence peu urbanisée», écrit-il. «La toiture du marché est aussi utilisée comme un immense jardin commun et propose une alternative au tissu pavillonnaire, consommateur d’espace foncier», poursuit-il.

 

La porte Sud-Ouest

Elle longe l’A64 et la route d’Espagne, axe pénétrant qui traverse des zones périurbaines avant de se terminer dans les faubourgs de Toulouse. Le parti a été pris de réduire l’impact de la voiture et d’apporter de la mixité. Situé dans la vallée de la Garonne et proche de la confluence avec l’Ariège, le territoire est dominé par la zone de Portet-sur-Garonne, une des zones d’activités et commerciales les plus importantes de France.

Dans ce contexte, Anaïs Duprat a imaginé «un îlot industriel» sur un site d’un hectare occupé par des bâtiments imposants et occupés par des activités différentes. Elle propose, par exemple, de faire cohabiter logements et activités. Elle développera ainsi les logements sur une façade de hangar ainsi que sur sa toiture. La circulation sera assurée par deux voiries réservées à des usages distincts. «L’homogénéité provient de la composition de la trame et de la structure entre les logements et le hangar qui ne font plus qu’un», écrit-elle.

 

La porte Ouest

Situé le long de la route nationale 124, à la confluence de la rivière Touch, et voisin de la forêt de Boucune, un des poumons verts de l’agglomération, ce territoire est dominé par la ville de Colomiers, deuxième ville plus importante en termes de population après Toulouse sur l’aire urbaine. Il est cependant mis à l’écart avec peu de transports en commun réguliers. Le périphérique est le seul lien avec Toulouse et coupe le territoire en deux. La zone d’Airbus rompt toutes les perméabilités urbaines.

Sur ce territoire où la voie de chemin de fer serait réemployée pour le tram-train, Margot Roset propose d’aménager une parcelle autour du concept d’«Habiter les hauteurs de la gare» et du principe d’une certaine densité «pour libérer le sol et préserver au maximum les terres agricoles». « Le rez-de-chaussée, comme une vaste place publique, se parcourt librement. Il faut monter dans les niveaux supérieurs pour accéder petit à petit à la sphère privée. Le plan urbain veut diminuer l’usage de la voiture, les parkings sont reconvertibles».

 

Immersion, en vidéo, dans les ateliers « Penser la ville »

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