Réalisations

A Toulouse, après plus de dix ans de travaux, le campus du Mirail est enfin reconstruit

Mots clés : ERP sans hébergement

Conçu par Candilis, Josic et Woods, le campus du Mirail de l’université de Toulouse-Jean-Jaurès renaît. Reconstruit après plus de dix ans de travaux et plus de 400 millions d’euros de travaux, il doit devenir une nouvelle référence au niveau mondial.

Au lendemain de l’inauguration officielle du nouveau campus du Mirail de l’université Toulouse II Jean-Jaurès, l’association Architecture et maîtres d’ouvrage (AMO) de Midi-Pyrénées a organisé le 25 novembre, la visite des deux dernières opérations livrées en 2016 sur le site : un ensemble de bureaux, salles de cours, amphithéâtres et équipements (63 000 m2) réalisé par la société de projet Miralis (Vinci Construction France, DIF et Vinci Facilities) dans le cadre d’un partenariat public-privé de 30 ans signé en 2012 (conception, construction, restructuration, démolition, entretien, maintenance, GER, exploitation technique et financement du campus du Mirail) d’une part; et l’Unité de formation et de recherche de psychologie (UFR) confié en loi MOP à Espagno-Milani Architectes (11 713 m2 SP), d’autre part.

Ces deux opérations mettent fin à un gigantesque chantier de plus de 400 millions d’euros démarré au début des années 1990 pour reconstruire plus de 130 000 m2 en site occupé. Vont s’y ajouter à la fin de cette année 23 hectares d’espaces publics réaménagés.

Si la reconstruction du campus du Mirail suscite la curiosité, elle a aussi fait couler beaucoup d’encre. Le projet a en effet provoqué un grand émoi chez les défenseurs du patrimoine architectural des années 1960 et 1970 qui déplorent la disparition d’une des œuvres majeures de l’architecte-urbaniste grec Georges Candilis, concepteur, avec Alexis Josic et Shadrach Woods, du campus et du quartier du Mirail à Toulouse.

 

Reconstruction

 

Le campus du Mirail a été livré entre 1969 et 1972 avec de nombreuses malfaçons. Les bâtiments se dégradent alors rapidement, puis se révèlent très vite trop petits pour accueillir les étudiants, dont les effectifs progressent rapidement.

«A la fin des années 2000, l’université était dans un tel état de délabrement que s’est posé la question de rester sur place ou d’aller ailleurs. Le choix politique a été de rester sur place. S’est ensuite imposée la nécessité de revoir le campus. L’enjeu pour nous étant de construire une université nouvelle et performante disposant d’équipements de pointe pour se positionner dans la compétition internationale», a raconté Nicolas Golovtchenko, vice-président délégué au patrimoine immobilier à l’université Toulouse II Jean-Jaurès, en préambule de la visite de ce vendredi 25 novembre.

L’université a donc tranché optant pour la reconstruction avec le parti pris de conserver les principes développés par Candilis-Josic-Woods (orthogonalité, patios, bâtiments relativement bas, etc.) tout en préconisant des bâtiments performants avec une consommation énergétique autour de 50 kWhep/m2/an.

 

Accélération

 

La restructuration du campus du Mirail a démarré en 1990. Un plan d’urgence et les contrats de plan Etat-région successifs ont financé la construction de premiers bâtiments (UFR Histoire, arts et archéologie, bâtiments pétales pour la pédagogie, bibiliothèque universitaire centrale, etc.).

En 2009, le projet s’accélère suite à la validation d’un schéma directeur de reconstruction globale et à l’annonce d’un financement exceptionnel de l’Etat de 175 millions d’euros pour une dernière et troisième tranche. L’Etat promet de surcroît une somme équivalente pour la maintenance. L’université fait le choix de terminer le chantier dans le cadre d’un partenariat public-privé. En 2012, elle signe un contrat de 30 ans, dont 26 ans de maintenance, avec la société de projet Miralis qui intègre à son groupement de conception-réalisation-maintenance les agences d’architecture Valode & Pistre et Kardham (ex-Cardete Huet).

 

Réinterprétation

 

Conformément au cahier des charges de l’Université, le projet architectural s’inscrit dans le respect et la réinterprétation de l’œuvre des premiers concepteurs: le maintien de la trame orthogonale, toutefois portée de 6 m à 10,20 m, les patios paysagers et des bâtiments à R+2 maximum. Sur ces bases, ont été créés les 63 000 m2 de surface de plancher, dont 10 000 m2 réhabilités : soit trois UFR, près de 1 200 m2 de salles de sport, plus de 1 000 m2 d’espaces de foyers et d’exposition, un «village solidaire» de 500 m2, une crèche, des terrains de sport, des logements étudiants. Sous l’impulsion du philosophe Michel Serres consulté pour donner son avis sur l’université de demain, les équipements sportifs, à l’instar du gymnase, ont été mis au cœur du campus.

Le tout est organisé autour de la canopée, structure acier de 230 m de long et de 9,70 m de hauteur et pièce maîtresse du projet conçue comme le nouveau signal du campus.

 

Héritage

 

En parallèle et sur la même période ont été réalisés l’UFR de psychologie et six amphithéâtres mutualisés sous la maîtrise d’ouvrage de la région Occitanie et financés par le contrat de plan Etat-région (coût: 21,6 millions d’euros HT). Avec une capacité d’accueil de près de 3 000 étudiants et 173 personnels de l’université, il comprend 60 salles de cours, un amphithéâtre de 120 places, des bureaux pour les enseignants-chercheurs et le personnel administratif, un foyer étudiant, un centre de ressources documentaires, une cafétéria. Avec ce projet, l’architecte Vincent Espagno affirme «pouvoir prétendre assumer pleinement l’héritage Candilis». Ainsi,sur l’ensemble, 3 971 m2 SP ont été restructurés et 7 922 m2 reconstruits. Par exemple, le centre de ressources résulte de la reprise de la structure métallique originelle renforcée et mise en valeur. Ailleurs, les deux galeries d’origine conservées ont été aérées et relient entre eux les six amphithéâtres mutualisés.

 

Procédure

 

Lors de la visite du 25 novembre, la centaine de membres de l’AMO de Midi-Pyrénées présents sur le site a pu confronter deux façons de réinterpréter l’héritage de Candilis. Les avis étaient partagés. Tous étaient cependant d’accord pour affirmer que la procédure fait le projet. «L’incapacité du bâti originel à répondre aux objectifs fonctionnels et de performance énergétique, ainsi que le contrat de maintenance de 26 ans, nous ont amenés à démolir l’existant et à mettre en œuvre les bons matériaux et les bons outils», a tenu à rappeler l’architecte Alain Nègre de Valode & Pistre. En effet, pour Miralis, l’enjeu est d’assurer un bon entretien de l’université sur une longue durée et avec un budget convenu d’avance. Pour cette opération globale, la société de projet n’a pas voulu en effet prendre de risque avec un bâti ancien dont elle ne maîtrisait pas le comportement.

 

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