Transport et infrastructures

A Strasbourg, le tramway franchit le Rhin et attend sa métropole transfrontalière

Mots clés : Gares, aéroports - Transport collectif urbain

Après un parcours inaugural, ce vendredi 28 avril après-midi, le tramway de Strasbourg arrivera pour de bon en gare de Kehl samedi… et c’est un événement à la fois historique et fondateur d’une nouvelle «ville sur le Rhin».

Historique, parce qu’il met fin à la coupure quasi-ininterrompue depuis 1918 de cette liaison entre la ville alsacienne et sa voisine allemande. Un état de fait pour lequel les conflits du XXe siècle pèsent de tout leur poids. Le réseau de transport urbain se contentait d’une ligne de bus.

Pour en arriver là, il aura fallu conjuguer les efforts financiers et techniques. A 90 millions d’euros HT l’investissement pour 2,7 km, l’extension de la ligne D du tramway strasbourgeois par-dessus le Rhin explose les ratios. Deux ponts auront été nécessaires. Un premier ouvrage de 290 mètres franchit le Rhin, venant ainsi s’ajouter à la passerelle piétonne/cycliste, au viaduc construit pour le TGV-Est et au plus ancien pont routier de l’Europe qui relient les deux bords du fleuve. De type bow-string, il se compose de quatre travées de 130 mètres (pour les travées centrales surmontées d’un arc jusqu’à plus de 20 mètres de haut) et 15 mètres (pour les travées d’accès). Sa principale particularité reste l’unique pile centrale au milieu du fleuve, complétée par les appuis sur les berges. Son groupement de conception-réalisation se compose de Bouygues Travaux publics Région France (mandataire), Victor Buyck, Lingenheld, Früh IB, Arcadis et Marc Barani.

Plus près du centre-ville, dans le secteur nommé Citadelle, un second ouvrage a conjugué l’expertise d’Eiffage Métal (mandataire) de GTM-Hallé, la filiale régionale de Vinci Construction France, et de Getas (maîtrise d’œuvre). Ce pont à haubans légèrement courbe de 163 mètres de long tire son aspect très majestueux de l’élévation, à 40 mètres, de la partie centrale de son arc.

 

Annonciateur de la méga-ZAC des Deux-Rives

 

Mais cette extension de tramway est surtout préfiguratrice. Elle précède le développement de la ZAC des Deux-Rives. Aménagée par la SPL (société publique locale) éponyme, elle ambitionne de construire 470 000 m2 d’ici à l’horizon 2030, le long de la ligne, entre l’avenue du Rhin et les bords du fleuve. Le tramway en constitue un préalable complet, puisqu’il se met en service alors que les premières consultations de promoteurs ont à peine commencé. D’ailleurs, dans les premiers temps, deux des nouvelles stations ne marqueront pas d’arrêt… faute d’usagers. Le paradoxe est parfaitement assumé par la collectivité. «Il a fallu convaincre le conseil municipal, ce choix n’allait pas du tout de soi par rapport à des perspectives de développement du réseau de tramway à l’ouest de l’agglomération dans des zones déjà peuplées. Nous avons renversé le raisonnement classique», souligne le maire Roland Ries. Selon l’élu, l’effet d’entraînement sera renforcé par le prolongement de la ligne sur 1,2 km supplémentaire l’an prochain, dans le cœur de la ville de Kehl.

Quant à la ZAC, elle viendra apporter la dernière grosse pierre à l’édification du vaste morceau de ville également dénommé Deux-Rives, dont l’urbanisation par la reconquête de bassins et terrains portuaires s’est enclenchée depuis près de vingt ans, le long d’un axe de 5 km au sud du centre-ville historique. L’ensemble du projet Deux-Rives totalise 1,4 million de mètres carrés de logements (9 000 constructions) et de surfaces non-résidentielles, dont 1,2 million de mètres carrés sur sa partie française très majoritaire, où il reste des terrains à attribuer pour un potentiel d’un peu plus de 500 000 m2.

Les investissements déjà cumulés se montent à 1,2 milliard d’euros depuis 1998, dont 40% publics. La nouvelle ZAC doit en générer 1 milliard d’euros supplémentaires, par l’effet-levier de 200 millions d’euros d’origine publique.

 

En savoir plus

« Strasbourg: Deux-Rives vogue vers le Rhin », le Focus territoires de la Rédaction du Moniteur signé Christian Robischon et disponible dans le magazine Le Moniteur n°5919 du 28 avril 2017, pp.22-26 et en ligne (accès réservé aux abonnés).

 

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