Projets

A Strasbourg, la Maison Rouge va s’éclaircir

Mots clés : Conservation du patrimoine

Témoignage contemporain, et à ce titre loué ou plus souvent décrié, sur la célèbre place Kléber, le bâtiment prépare une rénovation d’ampleur, conçue pour ne pas voler la vedette au patrimoine historique environnant.

Arrondir les angles… Au sens propre et au sens figuré, la Maison Rouge suit ce mot d’ordre pour sa rénovation, dont les esquisses ont été dévoilées récemment. Le dépôt de permis est prévu en fin d’année, de façon à viser un démarrage dans un peu plus d’un an des travaux qui représenteront plusieurs millions d’euros (le montant précis n’est pas encore arrêté).

L’échéance était attendue, pour ne pas dire scrutée à la loupe, par tous les Strasbourgeois que ce bâtiment ne laisse pas indifférents. Autant dire une bonne partie de la population tant la Maison Rouge a fait couler de l’encre depuis sa construction il y a quarante ans sur l’emblématique place Kléber. Les uns saluant, à l’époque, une audace contemporaine, les autres pourfendant une atteinte au patrimoine historique.

Tout le monde s’accorde par contre aujourd’hui à constater la nécessité d’une rénovation d’envergure, au regard de la vétusté croissante de ce bâtiment. D’une surface de plancher d’environ 10 000 m2, il abrite sur neuf niveaux (sous-sol, rez-de-chaussée et sept étapes) des bureaux mais surtout des commerces dont la plus importante Fnac de province, son occupant le plus connu, une boutique Orange et une autre cellule commerciale vacante de plus de 2 000 m2.

Le projet sera réalisé sous la maîtrise d’ouvrage du propriétaire privé, le groupe Loeb-Picard, mais « à l’initiative du maire Roland Ries », souligne-t-il, compte tenu de la signification du projet à l’échelle de Strasbourg.

 

Une nouvelle avancée vitrée

 

Dans ce contexte, le propriétaire et le cabinet d’architectes qu’il a retenu, l’alsacien DRLW, abordent la rénovation avec un parti pris affiché de « simplicité de lecture », de « fluidité », de « modestie », tout en affirmant la présence du bâtiment dans son environnement prestigieux. « L’objectif n’est pas non plus de le camoufler, mais au contraire de refléter les bâtiments historiques de la Place Kleber, grâce à une nouvelle miroiterie spécialement choisie à cet effet », confirment les architectes de DRLW.

 

 

Le projet conjugue la requalification des façades avec l’extension du rez-de-chaussée. Celle-ci résultera de la création d’une avancée entièrement vitrée qui épousera une forme courbe à ses extrémités. Située sous le porte-à-faux, l’extension viendra ainsi comme « s’enrouler » autour des poteaux du parvis et apporter la luminosité qui manque aujourd’hui à cet espace d’entrée.

 

 

Cubes et toitures en ardoise conservés

 

Le reste de la Maison Rouge conservera sa volumétrie actuelle, en particulier sa très caractéristique succession de cubes : « Ce témoignage d’architecture contemporaine ne veut pas être gommé », confirme DRLW.

 

 

L’intervention se veut discrète. Les baies vitrées seront changées, elles adopteront une couleur légèrement bleue et se doteront d’un vitrage réfléchissant vers la place Kléber. Les façades se revêtiront d’un nouvel enduit en gris clair et s’éclaireront en blanc la nuit, afin de contrecarrer là encore une physionomie trop sombre aujourd’hui. Quant aux toitures en ardoise, elles seront conservées : le concepteur du bâtiment en 1977, François Herrenschmidt, les avaient voulues ainsi en écho à la toiture alsacienne traditionnelle.

De « rouge » par contre, la maison n’a guère que le nom aujourd’hui et la rénovation ne changera pas cet état de fait.

 

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